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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 15:49

Me voici  de retour sur le trail après 7 mois d’absence. L’après UTMB étant un long temps où l’on plane sans fin dans les souvenirs de cette course pas comme les autres réussie en août dernier. Ou l’on n’a plus envie de rien. Plus envie de se faire mal. Ni même de courir. Seulement envie de penser à l’amour et aux fleurs. Puis un jour de Novembre où le soleil m’appelait, j’ai enfilé à nouveau mes Cascadia pour aller courir dans « mes » bois autour de Clamart. Juste pour le fun, sans objectif et avec de nombreux kilos repris depuis fin aout. Et je n’y suis retourné que lorsqu’il faisait beau. A ce rythme, je n’ai même pas réussi à tenir à courir une fois par semaine entre novembre et fin février, tant le temps était mauvais et l’envie faible.


Comme l’an passé, je me suis inscrit à l’Ecotrail 50km car la date est bien placée pour lancer la saison. Et la distance relativement courte pour un trail, pour ne pas à avoir à commencer la préparation dès le mois de janvier. Mais vu la météo, je n’avais toujours pas commencé fin février ! Le beau temps s’installant enfin, je me suis dis que je n’avais aucune excuse pour ne pas m’y remettre. Et c’est ainsi que j’ai préparé cet Ecotrail sur seulement 4 semaines, dont seulement 3 sorties longues de 27 km. Malgré les kilos (6 de plus depuis septembre), mon rythme sur ce type de profil n’a pas trop varié vu qu’on est loin des Alpes et de ces cols qui n’en finissent pas. Mais c’est avec un grand point d’interrogation que j’arrive sur la ligne de départ en ce samedi 29 Mars annoncé comme ensoleillé et chaud pour la saison.

 

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Moi-même, juste avant le départ


Sur le pré, juste avant le départ, une fois ajustée ma panoplie de trailer que j’avais mise au point pour l’UTMB, je retrouve mes marques et me décontracte un peu. D’un coté un trail assez plat de 50 km, c’est rien comparé à l’UTMB mais sans vrai préparation, aucune course n’est facile. Au moins cela fait un aspect qui épice un peu les sensations au moment où je me lance parmi les 1600 courageux qui ont pris le départ (sur les 2000 qui avaient un dossard mais dont 400 n’ont pas réussi à mener à bien l’entrainement entre la météo hivernale en janvier et février et les épidémies de gastro et de grippe).


Une fois n’est pas coutume, je goûte enfin au plaisir d’être assisté sur une course. Par celle à qui je dédie ce trail et qui est avec moi au départ. Elle fera les photos, prendra ma veste juste avant le départ, volera d’un ravito à l’autre, pour essayer de m’y retrouver mais, en Clio, il faut bien se rendre à l’évidence que c’est bien moins simple à faire qu’en courant !

 

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A 10h45, nous sommes donc partis pour faire le tour complet du grand bassin du Château de Versailles. Vu que je suis sensé me classer dans les alentours du premier tiers, je ne me suis pas placé trop loin pour le départ. J’ai pris une barre de gâteau sec au pruneau, très sucrée 15 min avant le départ afin d’être bien gorgé de glucose au moment du départ. Je ne pense pas être capable de refaire le temps de 5h33 de l’an passé. Surtout que cette année, ce trail fait un km de plus. Nouvelle estimation plus précise de la distance ou légère modification de parcours ? Mystère. Il fait bien meilleur que l’an dernier où le départ avait été donné dans des brumes froides avec une température d’à peine 2 degrés ! Ici je n’avais pas froid avant de partir, alors je vous laisse imaginer en courant ! En plus avec les vêtements comprimant recouvrant complètement les jambes, je suis chaud de suite. Mais je ne suis pas du tout asphyxié, on part avec un bon rythme mais surtout, à mon rythme, en se contentant de suivre la troupe, et de doubler quand il faut. Les sensations sont bonnes, je n’ai mal nul part, la digestion du petit dej s’est bien passée. Au bout de 5.2 km dans le parc du Château de Versailles, je suis en 487eme position en 28min 31sec soit moins de 5min30 au kilomètre, ce qui correspond à un temps de 3h50 au marathon, ce qui est assez élevé pour un trail de 50 km  et 1000m D+ !


Pour cette course, certaines choses ont changé par rapport à l’an passé dans mon approche, UTMB oblige. L’an dernier c’était short / basket et pain aux noix / barre de céréale pour les ravito perso. Assez long à digérer.  Suite à l’UTMB, il me reste de la nourriture technique. Par ailleurs, à force de ne pas pouvoir voir ce que je bois, j’ai abandonné la pipette et suis passé aux bidons en face-avant que je sors et remplis facilement. Pour rallier Chaville sous le soleil de mars qui transperce aisément cette forêt encore nue, j’ai 2 bidons de 600ml auxquels j’ai ajouté une petite bouteille d’eau de 50cl, que je tiendrai à la main, soit un total de 1.7 l pour un peu moins de 3h. Je me base sur une consommation par temps chaud de 600ml/heure (le corps n’est pas capable d’en absorber beaucoup plus). Un de mes deux bidons contient une poudre pour boisson de récupération que je boirai entre 30 min et 1h30 de course. Je m’astreins à boire toutes les 20 minutes, environ un tiers de bidons, soit 20cl. Parmi les restes de ce que j’avais acheté pour l’UTMB, j’ai 2 tubes de glucose et 2 tubes de gel sucré au chocolat et renforcé en sels minéraux. J’en prendrai 3 sur 4 dans la première étape qui nous mène à Chaville. J’alterne avec mes barres au pruneau. Je mange toutes les demi-heures environ, lorsque nous passons un moment à marcher dans une longue cote. C’est là que je récupère en général, prêt à courir à nouveau une fois en haut.


Au début de la course, je repère les nouveaux venus au trail qui sont issus du marathon, parfois même encore avec le maillot de leur dernier marathon sur le dos ! Certains pensent qu’un trail de 50 km, c’est juste un marathon rallongé avec quelques cotes. Et donc le courent comme tel, c'est-à-dire à un rythme constant, que le parcours monte ou bien descende. Et c’est ainsi que j’en ai vu courir dans les cotes dans les 20 premiers km (après ils ne pouvaient plus). Et oui, ce qui distingue bien un trail d’un marathon, ce sont bien les changements de rythme et les relances. Et la préparation doit prendre cela en compte en optant pour un parcours vallonné durant la préparation et pour cela les bois du Sud de l’Ile de France n’en manquent pas ! Sur ce trail se côtoient aussi bien des gars qui ont réussi des ultra-trails comme l’UTMB (j’ai parlé avec plusieurs d’entre eux) que des novices, ce qui fait le charme de ce format de l’Ecotrail.

La course vers Chaville se fait sans problème, j’ai de bonnes sensations. Nous traversons successivement Jouy en Josas puis Viroflay pour rallier le bas de Velizy où nous surplombons l’étang d’Ursine qui tient non nom du village éponyme qui y préexistait au moyen-âge, avant d’aboutir au premier ravito situé à Chaville au km29 après 2h37 de course.


Je suis sur les mêmes bases que lors des cinq premiers km dans le parc du Château !  Nous avons pourtant monté plus de 600m. Je suis alors en 384eme position et j’ai mis 20 min de moins que l’an passé ! Les vêtements compressifs et une alimentation plus sucrée ont fait la différence. Assez loin après le départ, ce premier ravito est placé là pour piéger ceux qui ne savent pas encore boire et s’alimenter suffisamment en trail. 55 concurrents abandonneront ici. Nous sommes passés de 12 degrés au départ à 19 degrés ce qui est chaud pour la saison. Je recharge en sucres lents, c'est-à-dire banane, cake et trois tucs pour équilibrer avec les sucres rapides pris en course.  Je prends une chaise et c’est assis que je mange. En trail, il est important de s’assoir pour reposer un peu les jambes. Je recharge aussi un de mes bidons en poudre pour boisson de récupération que j’avais emportée avec moi.


En repartant, je sais que la partie menant vers Saint-Cloud est très roulante avec peu de fortes montées, hormis celles qui suivent juste après le ravito de Chaville, pour un total de 300m à monter et 400m à descendre.  C’est donc avec une belle foulée que je descends vers Marnes-la-Coquette. Le soleil commence à peine à descendre mais la chaleur a atteint maintenant les 20 degrés. La remontée en face vers le parc de St Cloud se fait facilement. Après il reste 2 ou 3 petites cotes et sinon on ne fait qu’en descendre alors je conserve le rythme et arrive en 4h 03 min au ravito.

 

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L'arrivée au ravito de St Cloud

 

En fait, la chaleur a bien monté. En 4 heures, j’ai bu 2,6 litres ce qui est plus que 600ml/heure et pas même un pipi de toute la course, après avoir bu 3.5 litres ! Même avec tout ce que j’ai bu et mangé, je suis marqué par la chaleur. Tout simplement parce que mon corps n’est pas habitué à courir par 20 degrés, alors que l’été cela ne me pose pas de problème par presque 30 degrés ! Les entrainements s’étant fait à la fraiche avec des températures bien inférieures, le corps n’y est pas préparé. C’est la difficulté de l’Ecotrail qui peut avoir lieu aussi bien dans le froid que la chaleur comme cette année ou en 2012 où il avait fait 21 degré, avec en plus des entrainements effectués dans la neige, comme en 2012, toujours. J’ai donc baissé le rythme avec un temps au km qui a maintenant augmenté de plus d’une minute. Je commence à avoir bien mal aux jambes. Je me contente de gérer mais j’ai quand même mis 2 mn de moins que l’an dernier sur ce tronçon. Je rétrograde de seulement 4 places ce qui montre que la difficulté est ressentie de la même façon par les autres concurrents. Je n’ai pas faim et mange seulement une de mes barres sucrées aux pruneaux. Plus assez de temps d’ici l’arrivée pour digérer de la nourriture complexe. Je m’allonge un peu au sol, à l’ombre, les jambes en l’air pour essayer de reposer un peu mes jambes et de récupérer.

 

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Et il faut déjà y aller !

 

Le dernier tronçon se compose de la descente vers le musée de la manufacture de Sèvres puis les quais de Seine sur 9 km, en plein soleil. L’Ecotrail, quel que soit le format, a cette particularité que la fin se court comme un marathon, c'est-à-dire à rythme constant, au maximum de ce qu’on est encore capable de tenir, sans relance ni pause. Après une distance marathon avec 1000m D+, on se paie alors 10 km en mode fin de marathon, c'est-à-dire les plus durs ! On essaie d’oublier la douleur.

 

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La tour Eiffel est encore loin !

 

J'ai rejoint une gazelle prénommée Sophie et avec qui on fait un bout de course ensemble. Elle est très fatiguée comme moi mais me répond de temps en temps, ce qui est déjà ça. Au bout d’un moment, la tour Eiffel est déjà en vue, et c’est moi qui lâche peu à peu, n’arrivant pas à la suivre jusqu’au bout. Pourtant on court à juste un peu moins de 8 min au km ! Elle finira 30 secondes devant moi dans le Top10 des Senior  femmes. Ayant épuisé mes réserves et assommé par la chaleur, c’est épuisé que j’en termine avec cet Ecotrail trop peu préparé, en 5h 16min en 383eme position soit une place de mieux qu’à Chaville ! Sur ce tronçon, je ne perds que 2 min par rapport à l’an dernier ce qui n’est pas si mal et surtout j’améliore mon temps de 17 min avec 1 km de plus, ce qui équivaut à un écart de 23 min, soit 30 secondes de moins au km ! C’est considérable sur une course de 5h.


Je suis classé dans le premier quart alors que l’an passé, j’étais plutôt dans le premier tiers. Une performance à laquelle je ne m’attendais vraiment pas. A l’arrivée, on nous remet le même maillot que l’an passé ce qui est d’un piètre intérêt pour le coureur. Un petit buffet sucré nous attend mais mon estomac ne veut plus rien d’autre que de l’eau. Je vais prendre ma douche, content d’une belle journée de trail comme on les aime,même si c’était dur. Il est maintenant grand temps d’aller boire une bonne bière bien fraîche !

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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