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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 18:55

Une semaine après cet Ecotrail 50 km, me voilà dans le sas de départ 3h45 du marathon de Paris.


P1060285.JPGDans le petit matin avant le moment M


Un retour sur ces lieux magiques après 8 ans d’absence. La raison ? Simple, j’accompagne mon frero Emmanuel qui se lance dans le marathon, notamment après avoir lu tout ce que j’ai écrit sur les courses que j’ai faites jusqu’à présent. Ici je suis son coach, comme il dit. C’est moi qui ais mis au point son plan d’entrainement, le même que celui indiqué sur ce blog. C’est moi aussi qui lui ais dit aussi quoi manger la dernière semaine et comment se protéger les pieds. C’est moi enfin qui ais défini son plan de course, avec l’idée de partir sur des bases de 3h40 pour se garder un peu de gras après le km32 quand les jambes seront lourdes et qu’il faudra remonter la pente en direction des champs …

Une responsabilité assez lourde pour moi donc. Un point positif, déjà, j’ai réussi à le limiter dans ces entrainements car tel un débutant, il voulait se donner trop et trop tôt (dès septembre !) et j’avais vraiment peur que blessé par un entrainement trop dur et trop long, il ne puisse être au départ comme c’est le cas d’un nombre significatif d’apprentis marathoniens. Il est là, à mes cotés, en assez bon état. Il a du aller voir le toubib plusieurs fois (il a déjà eu pas mal de gros pépins) et a eu un gros rhume la dernière semaine (décompensation une fois la longue période d’entrainement achevée ?). 


Je voulais être au départ avec lui parce que je voulais revivre à ses cotés ces premiers km où l’on descend les champs et traverse la place de la Concorde déserte rien que pour nous puis les boulevard Rivoli et Saint Antoine jusque la place de la Bastille et ses pavés. J’ai donc photocopié son dossard afin de passer la barrière et de pouvoir pénétrer dans le sas. J’ai prévu de ne courir que les 5 premiers km puis d’autres km sur les quais, autre temps fort du marathon. En fait, de ne me garder que les meilleurs moments du marathon, sans le tour dans le bois de Vincennes trop long et ennuyeux et celui du coté de la Porte d’Auteuil, pas très folichon non plus. Pas question pour moi de franchir en fraude la ligne d’arrivée, ce serait sacrilège puisque je n’aurai pas couru le marathon en entier.


P1060289.JPG

Les gels sont dans les estomacs, les machines de guerre prets à partir ...


Dans le métro et au départ, mon esprit est décalé par rapport aux coureurs présents, et je suis donc en observation devant toutes ces personnes en plein stress, comme je l’étais à l’époque. En plein doute aussi, ça ne rigole pas du tout dans les moments qui précédent. On sent sur ces visages les mois d’entrainement dans le froid de l’hiver et malgré les rhumes, les privations pour avoir le poids optimal, le repli sur soi-même lors de la preparation, sur le seul objectif, faute de temps disponible à passer avec sa famille et tous les problèmes que cela peut engendrer avec l’entourage qui ne comprend pas souvent le coureur. Avec tout ça sur le dos, les épaules des coureurs pèsent lourd et c’est avec la rage de ceux qui ne vont rien lâcher que tous sont venus, parfois de loin (16% de coureurs étrangers).


Le soleil est finalement au rendez vous et il fera chaud pour courir un marathon. Au départ, déjà 12 degré et 20 degré attendu vers 13h. Un détail qui aura son importance sur le nombre d’abandons.

 

P1060298.JPGLes photographes trompent la mort au beau milieu des coureurs avec leurs appelants !


Les départs sont désormais échelonnés dans le temps. C’est donc un peu moins le bazar qu’avant et c’est un peu avant 9h que nous nous élançons. Nous visons un temps de 5’10 au km. Dans les premiers km, j’ai un peu de mal à trouver mon souffle. Je ne me suis pas préparé pour courir à cette vitesse et en trail je vais moins vite … Bref plus trop l’habitude ! Mais au bout d’un certain temps, je trouve mes repaires, le corps chauffe, et je trouve finalement mon souffle. Nous courons à coté des ballons pour 3h45 mais qui vise lui aussi 3h40 comme rythme de début de parcourt. Je dois ramener mon frère à la raison pour qu’il se freine un peu, tant il a tendance à partir devant, sans s’en rendre compte évidemment ! Ah les débutants sur marathon qui veulent lâcher les chevaux dès les premiers km ! Finalement nous retrouvons le bon rythme tandis que c’est le soleil en pleine figure que nous franchissons les places historiques de Paris et nous dirigeons maintenant vers le bois de Vincennes.

 

P1060296.JPGAu km10 avec les objectifs 4h

 

Etant à peine échauffé au km5, je décide de poursuivre jusqu’au km10, car je suis parfaitement dans le rythme et lui aussi d’ailleurs !  Je n’ai pas pris de gels sucrés donc j’ai déjà bien entamé mes réserves et il est temps pour moi de laisser mon frère face à lui-même pendant un petit moment si je veux avoir encore assez d’énergie pour repartir plus tard. Cela m’a entrainé assez loin dans le bois, jusqu’au zoo, et il me faudra marcher pas mal en sens arrière pour rattraper le métro à porte Dorée. Cela me permet d’admirer les musiciens, les photographes qui risquent de percuter des coureurs à tout moment, et aussi les coureurs qui visent plus de 4h et qui arrivent maintenant au 10km. Je suis impressionné comment ils ont l’air déjà marqués si tot dans le marathon et me dis à propos de plus d’un d’entre eux, qu’ils ne verront jamais la ligne d’arrivée ...


Après avoir emprunté 2 ou 3 rames de métro pour rattraper le marathon près des quais au niveau de la gare d’Austerlitz, j’arrive au km 23 pour l’attendre. J’ai le même bracelet que je lui avais fait avec tous les temps intermédiaires marqués dessus et sais donc que je suis en avance d’un quart d’heure sur son temps de passage et regarde passer les 3h30, bien frais. Je décide d’avancer jusqu’au km24 où le marathon plonge sur les quais via une chicane un peu dangereuse.

 

P1060304.JPG

Peu après le km 31


Pile au moment attendu, voilà mon frère qui apparait, tel un métronome, dans le même état que je l’ai quitté cad excellent ! Et nous voilà parti sur les quais. Pour pas longtemps car rapidement nous nous enfonçons dans les tunnels avec ces remontés qui font que le record du monde de marathon ne se fera jamais battu à Paris. Bonne surprise, l’organisation y a mis de la musique avec plusieurs scènes de musique techno avec des éclairages de boite de nuit, c’est sympa et ça fait passer le temps …


Apres les tunnels, nous nous dirigeons vers la maison de la radio. Je sais qu’après ça devient compliqué pour rattraper le métro afin de rallier l’arrivée, aussi j’ai décidé de stopper au km 31. Les jambes lourdes aussi. Même si la reprise au km24 s’est bien passée, la fatigue est venue assez vite. Mon frère en revanche est toujours sur le même rythme, aucun signe de fatigue. Je lui explique qu’il a maintenant rendez vous avec lui-même pour l’épreuve de vérité des 10 derniers km. Mais j’ai confiance, je ne le vois pas s’effondrer d’un seul coup.

 

P1060305.JPG

Battement de tambours pour les 10 derniers km et le gong à l'arrivée !


Je me promène un peu, prends quelques photos puis m’engouffre dans le métro afin d’être présent à l’arrivée. Mon frère ne connaitra pas le mur des 30 km, tant mieux pour lui et en termine, encore assez frais, en 3h40 sur le même rythme où je l’avais lancé au départ. Il m’avouera avoir pioché dans les derniers km, c’est le moins qu’on puisse souhaiter tant la fin est difficile à Paris vu que ça remonte sur les 7 derniers km.

 

P1060308.JPG

Le frero

 

Il a réalisé son rêve, dans un temps qu’il n’avait pas trop envisagé tant il était dans le doute avant le départ. J’espère qu’il ne sera pas trop dans l’excès de confiance lors de son prochain marathon mais on l’est forcement un peu à ce stade, c’est humain. Cela m’est arrivé à moi-même en 2002 à Reims. La médaille à Paris est désormais moins jolie qu’avant et salie par de la pub, moi je préfère mes 5 belles médailles acquises entre 2002 et 2006 avec un temps qui a progressé chaque année, parti de 3h44 pour finir en 3h10 lors de mon dernier, c’est tout le mal que je souhaite à mon frère débutant sur la discipline, à 44 ans, peut être un poil tard pour envisager une telle progression.

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Published by Dominique Bayart - dans Marathon
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commentaires

Ludo.e 28/12/2015 21:07

Bonjour, je viens de m inscrire sur éco Trail de Paris 50 km, quel type de plan d' entraînement pouvez vous me recommander ? En sachant que ma vma est a 13 km/h Sur internet il y a plus site de coaching, en connaissez vous un de confiance ? D avance merci. A bientôt

Dominique Bayart 04/01/2016 17:50

Bonjour et merci pour votre commentaire. Il suffit de taper "plan" dans la rubrique recherche de ce blog et vous trouverez un plan d'entrainement pour un trail 50km.

Jerome.L 16/10/2014 12:22

Bravo les gars ! Un marathon avec encore beaucoup de monde cette année mais ça va le détour.
A bientôt.

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