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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 17:28

La nuit fut longue et réparatrice. La semoule ingérée la veille m’a permis de recharger les batteries. Si au début je m’étais dis de faire ce mardi d’une seule traite tout le parcourt de l’Embrunman soit 188 km, je pense désormais qu’il me faut gérer mes efforts sur 3 jours et travailler plutôt sur du qualitatif avec des changements de rythme plutôt que d’additionner les km sans intensité. Ne connaissant pas Embrun et ses alentours, je me dirige dans cette direction avec dans l’idée de suivre le parcourt sur cette portion là.

 

denivele EmbrunmanAfin d’éviter la nationale, je passe par une route qui monte le long de la montagne. Il s’avère qu’il s’agit en fait d’une rampe de 2 km à 12% ! Arrivé en haut je fais part de mon émois à un cycliste et il me confirme que cette rampe fait bien parti du parcourt de l’Embrunman ce que je ne savais pas. Etant parti des Vigneaux, je suis donc déjà sur le parcourt de l’Embrunman, dans sa partie retour, quand les concurrents reviennent depuis le col de l’Izoard et Briançon. Une fois en haut de cette côte, le dénivelé ne change plus beaucoup et on navigue quelque 300 m au dessus de la route et de la Durance situées en dessous. Peu à peu je saisi la philosophie du parcourt. La double idée de base est d’éviter d’avoir à bloquer ou à emprunter la nationale qui relie Embrun à Briançon (car il serait alors  prévisible qu’un accord du préfet serait difficile à obtenir) et en revanche de passer par les plus jolis coins des environs. Le prix à payer pour cela est qu’après chaque passage dans la vallée ou au bord du lac, de devoir remonter les 300m qui nous sépare de la moyenne montagne, avec comme c’est l’habitude dans cette région, de forte pentes (10% minimum) dans le premier tiers. Après cette première rampe de la journée, et donc pas la dernière, je file en descendant vers l’aérodrome où après une dernière bosse, je franchi la rivière et la nationale pour rejoindre la départementale située en face. La montée préalable est plus douce et moins longue puis une succession de petites montées et de descentes m’emmènent par Saint André-les-Embrun jusqu’à la ville d’Embrun elle-même. Afin de ne pas bloquer la ville, juste après avoir franchi la voie ferrée, le parcourt monte directement vers Saint Chalvet, 300m plus tôt. Je fais cette portion avec en tête l’idée que c’est ici la portion finale qu’auront à faire les concurrents après 180 km de course. A ce stade là la rampe à 10% va faire bien mal ! Après la montée, on parcourt un peu la campagne jusqu’au lieu dit les Allemands où la descente vers le lac s’amorce, par une route en très mauvaise état, prudence à la descente !

 

saint-apollinaire-351

 

Arrivé au plan d’eau à 850m d’altitude, je fais le point. Il me faut maintenant faire la portion correspondant à la première partie du parcourt, jusque Guillestre. Pour éviter Embrun, le tracé prend directement dans la montagne avec une ascension à 10% comme d’hab, avec même la dernière ligne droite avant les Means, une pente que je subodore autour des 14% puisque ma roue avant s’est soulevée … Après les Means, on navigue, avec quelques bosses autour de 1150m, dans un paysage champêtre et alpin pour arriver à Saint-Apolinaire qui surplombe le lac (ci dessus) et amorcer la descente vers le barrage. La traversée du lac de part en part donne l’impression de pédaler au dessus de l’eau, avec une vue sans limite de chaque coté du lac. Séquence émotion ! J’arrive à Savines-le-Lac sur l’autre rive pour suivre une fois n’est pas coutume la nationale sur quelques km pour bifurquer vers les Baratiers et rejoindre la départementale prise à l’aller et qui va me ramener jusque Guillestre, d’où je rentre à Pelvoux par le même chemin que la veille. Au total, 149.8 km fait en 7h08 avec 1200 D+. Clairement, j’en ai plein les bottes et je sais maintenant que le gars qui fait l’Embrunman aura l’Izoard à faire en plus depuis Guillestre, soit 2h en plus pour moi environ, plus la descente de l’Izoard vers Briançon et la fermeture de la boucle entre Briançon et les Vigneaux. Cela veut dire, qu’à ce stade, il me faudrait dans les 10h sans pose pour faire tout le parcourt ce qui est bien plus que je ne pensais au départ et que je ne serai vraisemblablement pas dans les temps ainsi que je le craignais avant de m’inscrire. Ce parcourt est un parcourt de montagnard et le réaliser est déjà une sacrée performance en soi. Si j’arrive à améliorer ma vitesse d’ascension, qui est vraiment trop lente (10 km/h à 10%) surtout dans les montées flash de 300m de dénivelée à enchainer, alors je peux gagner un peu de temps. Un ou deux kilo de moins ne feront pas de mal non plus. Le bilan est donc très intéressant. D’une part, j’ai maintenant bien en tête le parcourt et où se trouvent les difficultés et leur nature, et d’autre part, je sais maintenant que je n’ai pratiquement aucune chance de tenir le temps imparti de 9h. Même avec cette dernière donnée, rien que la partie natation et vélo de l’Embrunman doivent apporter une émotion considérable, la partie course à pied étant la moins intéressante, qui fait que je ne regrette pas m’être lancé dans cette aventure. En plus, d’ici le 15 aout, ma forme va s’améliorer au fil des entrainements, et je ne suis pas certains que les barrières horaires soit si strictes que cela, à voir le D-Day …

 

Le dernier jour sur place est placé sous le signe de la récupération, d’une part parce que je n’ai pas très bien dormi (travail nocturne des muscles), et que de toute façon j’ai fait tout ce que j’avais à faire. Je me dirige donc vers la vallée de la Guisane non sans faire une petite montée à Villard Saint Pancrace, dans le bois des Ayes, magnifique forêt de mélèzes d’où partent de belles rando, mais cette montée à 10% qui fait quelques kilomètres et monte de 300m m’entame déjà les réserves. Après avoir passé Briançon, je remonte en direction du col du Lautaret et m’arrête manger sur le parvis de l’église d’un Monétiers méconnaissable car à tel point vidé de ses habitants. Le village du Casset n’est pas mieux loti, je n’ai pas les jambes aujourd’hui et les 600m déjà grimpés aujourd’hui m’ont vidé de mes forces. Je décide de rentrer par la route que suit l’Embrunman, ceci afin de boucler la boucle. La seule portion du circuit que je n’aurais pas fait pendant ces trois jours est donc la descente coté Laus du col de l’Izoard vers Briançon, sans difficulté et que j’ai déjà faite plusieurs fois, en voiture et à vélo.

 

Vigneaux

Au retour vers Pelvoux, pour atteindre cette route en balcon au dessus de la Durance, il me faut passer par une rampe à 10% pour monter environ 100m, ce qui ne sera qu’une mise en bouche lors du retour du col de l’Izoard et rallier la vallée de la Vallouise (ci-contre). Je termine cette troisième journée avec 102.8 km au compteur en 4h24 (ce qui n’est pas rien quand même) et 750m D+.

 

Les personnes ayant passé l’Izoard auront donc à franchir successivement cette rampe à 10% (100m), puis celle à 12% d’hier (200m), puis après Embrun, il leur restera à monter les 250m à 10% vers Saint Chalvet, soit  600m d’ascension supplémentaires à fournir.  C’est dans cette seconde partie du circuit que ce fera ou non je pense le temps imparti. A moi de travailler pour y progresser.

Une fois allongé sur ma couchette dans le train de retour vers Paris, où le contrôleur m’avait donné un compartiment pour moi tout seul afin d’y mettre aussi ma housse volumineuse, je repense à ces trois jours en regardant le paysage entre Briançon et Embrun. Je revois petit à petit tous les endroits où je suis passé, ayant en tête les difficultés attenantes, puis après quelques tunnels nous longeons le lac de Serre Ponson avec le plan du lac où aura lieu la natation. C’est avec un certain sentiment d’accomplissement (400 km et 4000D+ franchis en trois jours) et aussi une certaine fatigue que je ferme le rideau à la fenêtre sur ce bref mais intense passage dans la vallée de la Durance, en attendant d’y retourner dès que possible.

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 17:24

Ayant projeté depuis plusieurs mois de me rendre du coté de Briançon, Pelvoux plus exactement, pour y passer 3 jours fin mai, je décide de mettre à profit ce passage pour y aller voir de plus prêt de quoi il en retourne sur le parcourt vélo de l’Embrunman. Ayant trouvé in extremis une housse pour y ranger mon vélo, j’y couds de quoi y fixer deux bretelles (prise sur de vieilles sacoches publicitaires). Cela me permettra une fois à la gare d’arrivée de rejoindre mon gite à vélo, avec la housse vide et pliée en quatre sur le dos. C’est d’ailleurs ainsi que je pars ce dimanche soir de Clamart, direction la gare d’Austerlitz. Tout ce passe bien, démontage des roues de vélo inclus et me voici dans ce train de nuit qui va m’emmener vers les Hautes Alpes, le vélo rangé dans sa housse sous le lit du bas du compartiment. Je déguste la bière sans alcool que j’avais pris dans mon sac, car après une journée de préparation stressante, je savais que toutes ces émotions d’avant voyage allaient me donner grand soif ! Je tombe sur une petite bande de montagnards d’adoption dont un belge d’Anvers et nous voilà parti à discuter jusque passé 23h … le voyage passera vite. Arrivée sous le soleil d’Argentière en Bessé,  j’avale deux pains au raisin gardé de la veille et prends le temps de remonter tranquillement mon vélo pour entreprendre les 300 m de dénivelé qui séparent la gare de la chambre d’hôte où je loge, située à Pelvoux dans la belle vallée de la Vallouise. Une fois arrivé, je dépose mes affaires et me voilà reparti, je ne sais pas vraiment encore pour où … La veille au soir, j’avais mangé une modeste assiette de pates en prévision mais le petit dej a été chiche alors avant toute chose, direction la boulangerie ! Un gâteau aux amandes pour moi et un pain pour la poche arrière. Je prévois aussi qq financiers pour le goûter. Plus bas, à l’Argentière, le boucher me fournira chaque jour en viande de grison et jambon cru maison.

 

06 col izoardOù aller ? Je me dis que j’irai bien reconnaitre les premiers km du col de l’Izoard et puis on verra bien. J’arrive jusque Guillestre par la nationale, c’est ce qu’il y a de plus direct et en ce lundi de Pentecôte, la circulation est douce. A Guillestre commence une portion du parcourt vélo de l’Embrunman, celle qui mene en haut du col pour basculer vers Briançon. La pente se raidi un peu, on doit passer à du 4%, on est à 900m et le col de l’Izoard est à 2360m. Je me dis que j’irai bien jusque Arvieux situé à 1680 m d’altitude, non sans avoir laissé sur la droite le magnifique Château Ville-Veille où furent tournées les scènes d’épée du dernier film le Bossu. Je n’ai pas des jambes de feu car la nuit n’a pas été de tout repos et il me faut manger. J’essaie de manger toutes les 2h30 et avant d’avoir le sentiment de faim. Après la collation de 10h30, il est temps à 13h pour s’arrêter en chemin casser la croute. Vingt minutes plus tard, nous voilà reparti en direction d’Arvieux après déjà 20km d’ascension depuis Guillestre. Là je refais un peu d’eau mais ne rempli qu’un bidon sur deux, rien ne sert de trop se charger à la montée surtout que j’y repasse à la descente. J’avais en mémoire que la phase finale de l’ascension commençait avec les premiers lacets après les dernières maisons de la très longue ligne droite (3 km) qui va d’Arvieux à Brunissard. En fait la pente est beaucoup plus raide dans les villages que dans mon souvenir (on navigue dans les 12 %) et c’est bien dur. Je me dis que je vais faire un ou deux lacets puis on verra bien. Cependant, ayant été bien chauffé par les 12% de la longue ligne droite, l’arrivée dans la forêt et les premiers lacets ne me posent pas davantage de problème. Comme souvent dans le massif des écrins, les ascensions sont très raides sur le bas (le premier tiers) puis se font plus humaines. Chemin faisant, et bien que je ne sois ni acclimaté à l’altitude, ni dans une forme olympique, je me dis que je vais essayer de faire les 10km qui me séparent du sommet et donc tenter d’aller jusqu’en haut. C’est donc en toute logique que je réalise ma plus dure des 3 ascensions que j’ai faites jusqu’à maintenant du col de l’Izoard. Durant ces ascensions, je ne suis pas en anaérobie, je trouve facilement mon souffle et mon fond d’endurance me permet de trouver un rythme mais la souffrance est là. Je grimpe mètre après mètre une pente comprise entre 8 et 10% et passe les tunnels. Le paysage des gorges de la combe du Queras est vraiment magnifique et à la vitesse où je vais j’ai bien le temps d’en profiter. Au bout d’un certain temps, je finis par rejoindre le replat de la casse déserte où je m’arrête 30 secondes pour reprendre complètement mon souffle et admirer pleinement ce paysage lunaire de toute beauté. Après une très courte descente, je reprends l’ascension finale avec des passages et un final à 12% que je dompte en zigzagant un peu pour réduire un peu la pente. Je ne reconnais même pas le dernier lacet et c’est avec une certaine surprise que je découvre que je suis arrivé tout en haut. L’air y est frais, il y a 40cm de neige de part et d’autre de la route. Je suis content d’avoir gardé le sac en plastique du boucher, il me sera utile pour me protéger du froid à la descente.

Je discute un peu avec des hollandais, heureux comme moi de s’être arraché pour atteindre le sommet. Je mange mes deux financiers et je replonge vers Arvieux, prudent dans les lacets mais lâchant tout dans la ligne droite de Brunissard où les 12% de pente me portent à prêt de 80 km/h au compteur ! Le retour se fera sans difficulté hormis les 300m à remonter à la fin pour arriver à mon gite. Cette journée que je savais de transition a donc été bien remplie avec ces 136.5 km en 7h13 avec environ 2100m de dénivelée positive (D+). Ce qui est fait n’est plus à faire, demain je vais pouvoir me concentrer sur le reste du parcourt.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 17:14

15aoutAvant de décider ou non de m’inscrire à l’Embrunman, Il me manquait encore des indications sur mon comportement sur de longues distances à vélo. Une question qui me taraude est de savoir ce que devient ma moyenne lorsque je passe d’une sortie de 90km à une sortie de 180 km. Jusqu’alors, ma plus longue sortie ne dépassait pas 140 km et c’était l’an dernier. Ici je ne suis pas encore bien entrainé au vélo mais je vais tenter de m’approcher des 200 km. Cela fait un moment que la vallée de l’Eure me tente et c’est donc armé de deux sandwich au pâté que je prends la route ce samedi, non sans avoir fait le marché auparavant (ce qui me permet d’avoir en parti digéré le petit deg à l’heure du départ).  Je passe par Jouy-en-Josas puis Guyancourt pour pénétrer dans la vallée de Chevreuse en poursuivant par Dampierre pour passer Rambouillet et rejoindre l’Eure par de petites routes. Quelque chose nous dit qu’on est en province, peut-être de par une densité moindre et des herbes folles par ci par là. De belles demeures au style moyenâgeux jalonnent le parcourt. Je suis le cours d’eau jusque Coulombs. Je mange toutes les 2 heures. Le retour s’effectue sans problème mais non sans quelques longues côtes, par Saint Leger à travers la forêt de Rambouillet puis le Perray en Yvelines. Je rejoins ensuite Aufargis puis les Essarts et à nouveau Dampière pour la côte des 12 tournants ce qui me ramène vers Voisin le Bretonneux puis retour Clamart pour une distance totale de 186.7 km.  Avec le faible entrainement que j’ai pour le moment, le temps de 7h47 correspond à ce que j’envisageai. A condition de bien s’alimenter, doubler la distance ne change pas grand chose, à partir du moment où j’ai déjà une solide base d’endurance par la course à pied. Cela fait une moyenne de 24 km/h ce qui reste acceptable. A l’Embrunman, compte tenu de l’Izoard et de la natation, je pense pour pouvoir tenir ainsi 21 km/h. Toutes les indications sont donc au vert, cette troisième brique de base me décide à m’inscrire à l’Embrunman sachant que ce sera très difficile de tenir les temps limites indiqués. Qu’est ce que j’ai à y perdre ? J’aurai le souvenir irréel de 4 km de nage faite en partie la nuit puis d’un parcourt vélo magnifique avec le col d’Izoard pour nous tout seul ! Après, pour la partie course à pied, ce sera selon …

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 23:28

J’ai voulu tester cette deuxième brique de base. Pour l’Iron Man, il faut nager 3.8km avant 188 km de vélo. Deux questions se posent. La première consiste déjà à savoir si l’on est capable de nager 3.8 km et ce qu’on ressent. La seconde est de connaitre quel est l’impact sur la performance à vélo. Ce samedi, j’ai voulu répondre à ces 2 questions, fondamentales avant de s’inscrire ou non à un Iron Man. Il aurait été plus simple de faire cela Dimanche mais il se trouve que je dois faire une compétition de golf sur un 18 trous lundi et que je tiens à être en forme donc rien de prévu Dimanche. Pourtant, le temps annoncé n’est pas au soleil ce samedi, des orages étant annoncés en soirée … mais en même temps, souvent les orages annoncés ont bien du retard par rapport aux prévisions. En plus, ce samedi matin, au marché comme tous les samedis, ce n’est pas la grande forme après le boulot des jours précédant. Pourtant, dès vendredi soir, j’avais pris les devants pour etre prêt samedi matin, cad pâtes au soir. Samedi après avoir fait le marché, je me tâte et finalement me décide car il s’agit savoir si cela a un sens ou non de s’y  inscrire ou non. Je veux que ce test soit applicable donc je ne mets dans une forme où je serai comme en course. Hormis les temps de transition que je n’essaie pas d’optimiser, tout sera comme en course.  Au programme, 4 km de natation (c’est un compte rond plutôt que 3.8 km et puis cela permet de moyenner la vitesse sachant que le stress me fera perdre un peu d’énergie le jour J). Ensuite je vais faire exactement le même circuit de 88 km qu’il y a 2 semaines afin de comparer les temps effectués selon que l’on nage ou non auparavant. Donc j’ai préparé le vélo, les bidons, les vêtements de vélo, et le ravito pour après la piscine. J’ai pour cela acheté une bonne tranche de pâté de lapin bien goûtue au marché. Après l’Eco Trail, j’ai réfléchi à l’alimentation en course et j’ai compris l’erreur faite lors de ce trail. En effet, après avoir relu mes comptes rendus de course sur ce blog, je me suis rendu compte que pour la première fois, je n’avais rien pris de solide avant le départ. Or, si l’on fait les 2 premières heures sur les réserves, les heures suivantes sont faites avec ce qui a été digéré pendant les deux heures qui précédent. Ici il me faudra donc un sandwich au pâté avant et après la nage. Le vélo devant prendre environ 3h30, sur la dernière partie rien se sert de manger des aliments complexes trop longs à digérer, plutôt prendre des sucres rapides. Il est 1 heure de l’après midi lorsque je rentre dans l’eau à la piscine de Châtillon. Cela fait deux ans que je n’y suis pas retourné. Le père Bayart est de retour aux affaires ! Je suis parti pour 40 aller-retour dans ce bassin de 50m. Pour ne pas me prendre les pieds dans le tapis, je fais comme d’habitude en associant chaque aller- retour à un numéro de département. Je démarre donc avec l’Ain et terminerai avec les Landes. Pendant 1h49 je voyage à travers les souvenirs que j’ai emmagasinés dans chacun des départements. Un aller-retour me prend en moyenne 2’44 ce qui est exactement le temps que j’avais calculé pour évaluer la possibilité de faire cet Iron Man. Première conclusion : je sais nager 4km et mon temps de passage n’est pas dramatique. Je n’ai pas forcé et d’ailleurs de retour à la maison, après une bière sans alcool et un sandwich au pâté, me voilà en selle pour un tour de 88 km avec 500m de dénivelé. Tout d’abord les sensations sont bonnes même si l’on sent que les muscles ont déjà travaillé. En même temps ces muscles sont chauds donc le démarrage se fait bien. Je fais le circuit comme si j’étais en course et tout cela se passe très bien. Pas de problème de digestion.

 

Au 50eme km, le ciel s’assombris et l’orage commence à se faire entendre. Pour le moment, étant à l’ouest de Paris (vers Versailles), je suis épargné mais plus je reviens vers l’est et Paris et plus la pluie redouble. Dans Bièvres, c’est déjà l’inondation et la température chute grandement. Bien qu’ayant prévu un coupe-vent contre la pluie, je suis trempé jusqu’aux os et j’ai froid. Dans la remonté vers Clamart, les égouts dégueullent sur la route et parfois je ne sais plus où je roule. En plus, je manque plusieurs fois de me faire renverser par des véhicules qui ne voient pas bien non plus où elles roulent. Arrivé à la maison, mes doigts engourdis n’arrivent même plus à enlever mon maillot. Même après une douche chaude, et sous une couverture, j’ai encore froid, il me faudra un cognac pour arriver à me réchauffer vraiment …

Et le temps me direz-vous ? Ma moyenne est passé de 26.2 km/h il y a 2 semaines sans pluie, à 25.4 km/h cette semaine dans des conditions finales épouvantables. Les conclusions sont nettes : s’il y a un léger impact de la nage sur la perf à vélo, cet impact est mesuré et tout à fait gérables. Cela veut donc dire que l’on peut  nager 4 km et faire du vélo ensuite à un bon rythme à condition de s’alimenter comme il faut. Certes, il faudra s’entrainer à vélo afin d’être capable de faire 200 km sans fatigue ingérable. C’est le programme à venir. Pour la natation, j’ai la réponse, mon niveau actuel me permet déjà d’être dans les temps de l’Iron Man sans mettre en péril la partie vélo. Une très bonne nouvelle pour la suite …

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 21:51

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Après avoir refait et refait les calculs, l’Iron Man ne parait pas impossible à faire. Sur le papier. Et ça tombe plutôt bien car je serai cet été du coté d’Embrun les Bains (05) et son célèbre Embrunman qui a lieu le 15 aout à partir de 6h du matin. Mes entrainements prochains auront donc pour but d’essayer de tester sur le terrain les chiffres sortis de ces calculs de temps. La vérité par le terrain.

Pour les calculs, si j’arrive à nager les 3800m en presque 2 heures (soit 2mn45 au 100m contre 2m30 pour les triathlon CD) puis à faire 188 km en moins de 9 heures (soit une moyenne de 22 km/h, col d’Izoard inclus, comme lorsque je l’avais fait, pépère, en 120 km il y a 2 ans), cela me laisse 5h45 pour boucler le marathon final, soit une moyenne de 7.5 km/h contre 8 km/h, ravito inclus, sur le dernier 80 km effectué sur l’Eco Trail de Paris. Sur le papier donc ça semble jouable.

 

L’Iron Man en fait est ni plus ni moins qu’un ultra-trail, type 100 km. La vitesse n’y est à aucun moment élevée : je parle pour ceux qui comme moi n’ont pour unique but qu’être finisher, dans les 16 heures imparties, je ne parle pas des Gold Man :-) qui bouclent le tout en 10h. Donc pas rapide cela veut dire pas de cardio élevé, pas d’acide lactique, pas de fibre musculaire cassée. Si le corps trouve les carburants pour s’alimenter tout au long de l'épreuve alors on peut envisager de soutenir un effort de ce type pendant largement 16 heures. On arrive à le faire sur un 100km en courant, alors quand la moitié de cet effort se fait assis sur un vélo ou allongé dans l’eau cela parait moins difficile … Sur le papier, à nouveau.

 

Gérer l’alimentation pendant 16 heures, je pense savoir faire. Les 3 ultra-trails que j’ai faits m’ont permis de connaitre un peu comment s’alimenter sur des courses qui dépassent les 10 heures. Maintenant place à la pratique. Tout d’abord en testant une à une chacune des briques de base qui permettront de construire la voie vers l’Iron Man, avec une validation intermédiaire et non garantie, constituée par un half Iron Man en juin (les mêmes distances mais réduites de moitié, sans le col d’Izoard, et sans la chaleur, une difficulté non négligeable).

 

Donc, hier une fois le marché terminé et les tripes à la mode de Caen mises au frigo, j’effectue ce qui constitue ma deuxième sortie vélo de la saison. Samedi dernier, j’ai fait une première sortie de 52 km par 4 deg dans la grisaille et où j’ai eu bien froid aux doigts. Cette fois-ci, je suis parti plus tard, j’ai eu soleil et pluie mais j’ai mis des gants de ski de fonds alors je n’ai pas eu froid. Comme à l’habitude, cette sortie fait une grande boucle dans la haute vallée de Chevreuse (Parc Naturel Régional) jusque Aufargis avec trois belles côtes à 6% de 100m de dénivelée chacune sur un parcours total de 90 km. Cette fois, je n’avais pas froid et comme j’avais repris deux fois de la tarte à l’abricot de la veille, j’ai pu monter ma moyenne à 26.3 km/h en 3H40 contre 23.2 km/h la semaine passée. Lors des derniers km, je me mets à penser : mais comment tu ferais si maintenant tu devais enchainer par un marathon ?

 

Pas facile … alors que les jambes commencent déjà à tirer. Mais là, attention à ne pas penser de travers. C’est différent d'un triathlon car je n’ai pas suivi une diététique spécifique d’avant effort, et aussi je ne me suis pas alimenté pendant le vélo dans le but de poursuivre l’effort après (je n’ai mangé qu’une tartine de pain de mie à mi parcours). Ayant en tête les limites d’un tel test, je me dis que vue que le soleil semble gagner sur la pluie, c’est assez tentant d’essayer quand même. En arrivant, je prends le temps de récupérer quand même un peu, de ranger le vélo et de me changer. Puis de manger un morceau. Faut dire, qu’etant parti faire du velo à 10h30, il est maintenant 14h30 et je n’ai pas mangé. Un petit sandwich jambon-beurre (15 cm de long) avec une bière (20 cl) sans alcool et ça fera l’affaire ! J’ai presque froid alors je mets un vêtement respirant ainsi qu’une veste respirante, l’un par-dessus l’autre, me voilà en short et hop déjà dans le bois. Les premiers hectomètres sont très difficiles. J’ai l’impression de ne pas arriver à lever les pieds et j’ai un peu mal aux jambes. En même temps, je sais que, vélo ou pas avant, les 10 premières minutes de course sont toujours dures. Peu à peu, même si je trouve que je ne coure pas vite, je continue et au fur et à mesure, j’arrive à trouver mon rythme. Au bout d’un moment j’en oublie même que je cours (ce qui est bon signe) même si c’est dans les côtes que j’ai le plus mal. Finalement je boucle mon parcours vallonné habituel en 63 mn contre 60 à 65 mn en moyenne. Cela prouve donc deux choses.

 

  • 1.       Je suis capable de courir après une longue sortie à vélo et ma moyenne n’est pas très différente de d’habitude (ce ne sont pas tout à fait les mêmes muscles impliqués).

 

  • 2.       Je digère très bien le jambon-beurre quand je coure et ça requinque !

 

Pour l’Iron Man j’ai déjà un peu réfléchi à l’alimentation. Clairement, le dernier trail a montré les limites des figues qui doivent rester un complément alimentaire et non une nourriture de base de l’effort. Non, pour les courses futures, l’aliment de base sera le sandwich, au jambon ou au pâté à voir, avec un peu de bière (on n’imagine pas comment la première gorgée de bière ressuscite la bouche, souvent gorgée de sucres pendant la course). Pour ne jamais être sous alimenté, il me faudra un petit sandwich (à base de pain de mie) toutes les deux heures. Le premier en sortant de l’eau, puis trois sur le vélo, un à la transition suivante, puis toutes les 2 heures de course à pied. Le tout complété de sucres plus rapides et de coca et ça devrait le faire.

 

Ce week-end j’ai donc validé une toute première brique de base, la transition vélo / course à pied dans sa version courte distance. Reste à refaire l’exercice après 200 km de vélo avec alimentation, suivi de 3 heures de course à pied. Une autre brique de base à valider : 4 km de natation suivi de 200 km de vélo suivi d’une heure de course à pied. Quand j’aurai fait tout ça, j’aurai une idée un peu plus précise de savoir s’il est raisonnable de s’inscrire sur un Iron Man ou pas. Il me reste un peu moins de 4 mois, à moi de les mettre à profit.

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 16:14

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La semaine qui suit un trail ou un marathon est toujours difficile. Passées les courbatures des deux jours suivants la course, on est un peu dans état second ou la pression ressentit des mois durant avec son pic la semaine précédente est descendu d’un coup. Cette fois et comme il a fallu piocher pendant la course, le retour sur terre était plus difficile. J’ai pu prendre les escaliers au bout de 4 jours seulement et mon seul objectif de la semaine était d’être sur pied pour faire découvrir le 18 trous du golf national à un ami anglais installé en France depuis 15 ans.  

Pendant un ultra trail comme cet Ecotrail, j’ai usé et abusé des hormones qui nous font avancer. De quoi d’agit-il ? Comme il y a une accoutumance aux hormones que le corps sécrète, celles-ci sont moins efficaces lorsqu’on en a utilisé beaucoup. Un cas extrême: l’hormone insuline qui sert à permettre l’absorption des glucides n’a plus aucun effet au bout d’un certain nombre d’années chez certaines personnes âgées. Celles-ci ont tellement absorbé de sucres, lents ou rapides, qu’elles voient cette hormone devenir inefficace au fil des ans, ce qu’on appelle le diabète de type 2. Dans la course à pied, les hormones mises en jeu sont l’adrénaline (donne l’énergie), l’endorphine (hormone calmante et du plaisir), la dopamine (crée le manque) et bien d’autres. Après une utilisation à forte dose comme pour un 80 km, on y devient insensible les jours qui suivent. Autant dire qu’on est vraiment très mollasson et en même temps très décontracté. Pas d’énergie pour entreprendre quoi que ce soit ou même se projeter dans l’avenir. Fort heureusement, j’en eus assez pour faire un 18 trous samedi après midi et me remettre à courir dimanche matin avec une sortie agréable sous le soleil (mais avec un souffle court !).

En effet, vendredi ça allait un peu mieux puisque j’ai fait un point sur la suite à donner à ce trail. Je commence à avoir une petite expérience après ces 3 trails longues distances effectués (Pays de Caux, Templier, Ecotrail), chacun avec des conditions climatiques différentes. Le but d’un trail étant d’être finisher dans les temps limites donnés par l’organisateur de la course, il s’avère qu’à chaque fois je suis arrivé plusieurs heures avant le gong. De ce fait, une course de 80 km n’est plus un défi pour moi mais un renouvellement de performance. Et je n’aime pas viser plusieurs fois le même objectif. Naturellement, je me dirige donc vers des courses plus longues afin de voire jusqu’ou je peux aller. La suite aurait bien été le CCC cet été (Courmailleur/Chamonix par les montagnes), un demi UTMB en quelques sorte pour changer de paysage … Mais il est trop tard pour s’inscrire. Alors il y aussi l’endurance trail des Templiers. Je connais le dénivelé, le type de parcours, je sais qu’il me réussi alors pourquoi ne pas poursuivre la causerie un plus loin, au-delà des 100 km ça c’est sur (avec le dénivelé qu’il faut évidemment). C’est fin octobre donc ça laisse le temps de se remettre au vélo entre temps, un sport porté qui soulage les articulations et procure aussi des sensations inoubliables lorsque se sont des cols mythiques que l’on gravit. Puis de reprendre l’entrainement au cours de l’été. Si je suis finisher, le deuxième effet kiss cool c’est qu’avec les 4 points UTMB et les 3 points de l’endurance trail, je serai au 31/12 à 7 pts UTMB obtenus en moins de 2 ans sur 3 courses. Cela veut dire qu’en adaptant la préparation, je pourrai peut-être aller encore plus loin et donc envisager l’UTMB. Dans le cas contraire, on range ses baskets et on se pose. Même dans le cas où j’ai les 7 pts UTMB et que je m’inscris dans les temps pour l’UTMB 2013, je ne suis pas sur de participer car il y a un tirage au sort. De toute façon, UTMB ou pas fin août, je serai sur le trail des Drayes du Vercors début juin 2013 (53 km) avec mon ami Guillaume et qui pourrait servir afin de monter en puissance si besoin. Vaste programme me direz vous avec son lot d’impondérables mais qui me parait gérable en prenant en compte que j’ai aussi un métier et une famille qui veut bien supporter mes jeux de pleine air.

D’ici le démarrage de la préparation à l’endurance trail proprement dit, ce sera du vélo, du golf, et de la course à pied pour assurer un fond d’endurance, trois fois par semaine si possible. De ce fait, le blog sera surement en sommeil pendant ce temps, avec vraisemblablement une mise à jour après les exploits de l’été. Peut-être même un peu d’alpinisme … Tiens il y a l’Embrunman pas loin d’où je vais en vacances en aout … Qu’est ce que je donnerais sur un Ironman avec l’expérience des courses d’endurance ultra longues ?

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 19:42

Acte I : Ca gambade gentiment sous le soleil dans la vaste plaine de Versailles


Le départ se fait à midi de façon bucolique, dans les près, avec une population internationale et bonne enfant. Ce trail est une première pour mon frère qui comme moi après une longue expérience sur marathon vient goûter aux plaisirs des courses nature longues. On traverse une vaste et longue prairie, il y a du monde (2046 inscrits dont 175 femmes) et c’est difficile de doubler. On démarre doucement, un peu engourdi, il faudra 45 min pour que mon corps se rende compte que je suis en train de courir.

  Parcours

On suit le train de la foule, et le trajet fait le tour des étangs de la base de loisir de Saint-Quentin en Yvelines, en longeant le golf puis on traverse le cœur de ville en passant devant l’hôtel de ville. Nous rallions le km10 en 1h puis le km20 en 2h sous un soleil puissant. Dans le début de course on est concentré sur la vitesse max à ne pas dépasser (je me la suis fixée à 10 km/h mais c’est clair que dans les grandes descentes sur route bitumé ou propre, cette vitesse a été parfois plus élevée avec quelques pointes grisantes proche des 15 km/h, un peu trop vite peut-être ?) Première alerte sur les sensations au semi mais c’est le corps qui se met en place, j’avais déjà remarqué sur les trails précédents que ce n’est qu’au bout de 4 heures de course que je ressens de vraies bonnes sensations. Au km22, nous sommes classés 860 et déjà 177 abandons, et sommes peut-être partis un peu trop vite compte tenu de la chaleur.

 

Après avoir fait les templiers en 12h30 en octobre, cet Ecotrail ne m’apparait pas comme un défi proprement dit. De distances sensiblement identiques (78 km ici vs 76 km), le dénivelé cumulé positif est de 1500m contre 3000m aux Templiers. Sur le papier, l’Ecotrail apparait donc un cran en dessous. Et pourtant, je vais pouvoir vérifier qu’il n’y a pas d’ultra trail anodin …

 

 

Acte II : Sous le soleil exactement, spectaculaire pétage de durite …


Sur les dix kilomètres suivants, le tracé se fait plus vallonné avec une grande côte qui nous amène en 3h07 au km30. La succession de côtes assez courtes, souvent suivies d’une descente puis de longues lignes droites, le tout en plein soleil, ne permettent pas les périodes de récupération que l’on trouve sur les Templiers où même sur l’UTMB. C’est donc plus roulant avec des cassures de rythme qui vous cassent bien les pattes. Ces côtes seront de plus en plus nombreuses entre le km30 et le km 60 avant de retrouver un tracé plus roulant. En plus, la forêt n’a pas encore de feuilles et c’est donc en plein soleil que nous courons sur les coteaux du coté de Guyancourt et Buc. Le soleil tape dur et c’est vrai que c’est mon point faible, je suis du Nord et je produis une transpiration abondante, donc consommatrice en eau et sels minéraux. J’avais pu le constater sur des marathons de fin de printemps, au-delà de 20 degré, je suis en surrégime au bout d’un moment. Et ce 24 mars entre 14h30 et 16h30, mesurée à l’ombre, la température est montée sur l’ouest parisien jusque 21 degré (bien plus en plein soleil).

 

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Mon frère Jean-Marc, qui refusa de me laisser et qui est la raison pour laquelle j'ai pu terminer ce trail

 

Peu à peu je commence à avoir mal partout, chaque foulée me fait mal, avec une douleur montant des jambes jusque dans le bas du dos maintenant. Le km 35 est très dur.  Je commence à me dire que je ne pourrai pas finir. Quand ça ne va pas, c’est pareil pour la digestion qui ne se fait pas bien non plus car on est à cours de ressources et c’est un cercle vicieux puisque je ne touche donc pas les bénéfices des aliments absorbés. Je commence à en avoir assez des figues (une toutes les 20 minutes) et de mon eau sucrée qui donne en permanence une sensation de bouche pas nette. J’ai bu tout le temps, j’avais d’ailleurs décidé avec la chaleur de rapprocher mes temps de boisson à toutes les 10 minutes plutôt que toutes les 15 minutes, hélas ce fut bien insuffisant …  et pourtant, je n’ai pas vraiment eu la sensation de manquer d’eau c’est plutôt en bouche, ce gout sucré tout le temps, qui me donne l’impression de devoir augmenter mes besoins en eau.  J’ai tout fait comme il faut pour le reste (c'est-à-dire rien de moins qu’aux Templiers), Je n’ai pas senti manquer d’eau mais je n’ai bu que 2l sur les 40 premiers km ce qui est ce que je bois d’habitude en entrainement mais par une température de 10 degré maximum. Ici en plein soleil, par 21 degré à l’ombre, c’est complètement insuffisant et ça je ne l’ai pas vu venir. Je n’ai pas pensé qu’il faudrait me forcer à boire davantage. Avec le tuyau de plastic raccordé à la bouteille dans le sac, on a l’impression de boire tout le temps mais en fait on ne boit pas tant que ça. Plus qu’une déshydratation dont on ne se remet pas, c’est aussi un coup de chaud que je subi.

Au km38 le soleil est toujours aussi fort mais on arrive sur mes terres dans la forêt de Velizy et ça me permet de visualiser mentalement à l’avance le parcours, avec comme point de visée l’arrivée à la maison, ce qui rassure un peu. Je suis dans le dur, à la ramasse et je ne comprends pas ce qui m’arrive. Après un marathon effectué en 4h30 à la vitesse trail, je suis sur les rotules. J’ai l’impression de ne pas avoir manqué d’eau, j’ai eu des urines claires. Je n’ai pas d’explication. Je suis désemparé. En même temps, coté douleurs, j’ai connu ce type de conditions sur mes derniers marathons où j’ai coincé au km 30 et où bonne an mal an j’ai pu continuer à courir jusqu’au bout. Je me rappelle de ce marathon de Sénart l’an passé où là aussi j’avais flanché au km 30 (en parti à cause de l’eau là aussi) mais où après un bon ravito j’avais pu reprendre le train des coureurs visant le 3h30. Et donc je me dis de prendre sur moi et j’essaie de me convaincre que les douleurs vont peu à peu d’estomper. C’est vrai qu’il y a une part d’accoutumance et d’endormissement lié à la profusion d’endorphines, longues à faire effet. Sauf qu’ici, je ne suis même pas à la moitié et la seconde moitié c’est justement un marathon à couvrir avec 1000m de dénivelée positif … Les côtes s’enchainent ce qui nous amène au km 40 en 4h35.  Je me dis qu’on vient de passer la bascule, qu’on a fait la moitié, histoire de se donner du courage. Je n’ai désormais plus d’eau du tout (une autre erreur de ne pas avoir refait les niveaux au km22). Il est temps d’arriver au ravito.

 

Je pense un instant abandonner au ravito mais je n’ai jamais lâché sur une course alors ça n’est pas maintenant que ça va commencer. Et je ne peux pas laisser mon frère en rade. Nous sommes maintenant dans le bois de Clamart, c'est-à-dire la zone où je m’entraine tout au long de l’année donc les chemins je les connais ! Je tiens comme je peux avec comme point de mire notre ravito perso où il sera alors bien temps de faire un point. Ce ravito personnel a été imaginé au départ juste par commodité sur le type d’aliments sur mesure que j’y disposerai. La possibilité de scinder en deux le poids des provisions à transporter est aussi un avantage appréciable. En aucun cas, je pensais au départ que ce serait en réalité un oasis, refuge au milieu de cette forêt aride et desséchée. Nous quittons le parcours au point où mon GPS indique ma maison au plus proche, après 4h40 de course. C’est sous un soleil écrasant et par une route bitumée que l’on rejoint la maison qui nous parait bien éloignée du chemin. J’accélère légèrement puis davantage, inconsciemment pour limiter le temps que l’on va passer à s’écarter du trajet. Cet écart fait 2 km aller-retour donc un surcroit de temps d’un petit quart d’heure. Mais ceci est un investissement. Et le retour sur investissement sera conséquent.

 

Acte III : Mon ravito à moi : un acte fondateur vers la reconquête.


J’ai considéré ce ravito à domicile comme ma dernière chance où il était fondamental de se refaire la cerise comme disent les cyclistes. Un seul but : se ressourcer. On se met à l’abri du soleil dans la cuisine. J’ai profité de l’énergie de l’arrivée à la maison pour aller directement chercher la bière sans alcool qui se trouve dans le frigo du sous sol. Je prends un tabouret et m’assis pour la première fois depuis 5 heures de course. Las des aliments sucrés, je me dis que les bretzels, fait de féculents salés sont à point avec cette petite bière pour débuter la cure de remise en forme. La première gorgée de bière, après toute cette chaleur, me fait un bien fou. Je l’avais déjà envisagée avec un autre coureur, quand à la sortie de la dernière côte sévère, je lui ai expliqué que nous allions bifurquer pour nous en mettre une derrière la cravate, le faisant baver involontairement jusque terre. Cette première gorgée de bière c’est le point de départ de la sortie de la déshydratation, c’est le début de la survivance dans cette course, d’une nouvelle page.

En même temps je n’ai pas du tout faim. En attendant, on s’affaire à refaire le plein dans nos sacs à dos en se disant que la faim viendra après. Déjà, remplir nos bouteilles d’eau. Je choisi de l’eau pure. Non sucré. Par précaution, je mets une cuillérée à moka de fleur de sel dans la seconde bouteille. Je me dis qu’on a encore un marathon à courir, alors il faut maintenant penser à s’alimenter. En prenant le temps de boire, je mange des bretzels, un morceau de pain avec du pâté, un peu de jambon crû. L’appétit vient en mangeant, et ces douceurs charcutières me font un bien fou. Fini le sucré et toutes ces figues pas si simple à digérer finalement (car ce sont des fibres quand même !). Pour le solide, je passe au salé et au niveau de la bouche on se sent mieux. En plus niveau liquide je bascule à l’eau pur, sans jus de fruit ou sel ajouté. Et c’est agréable de boire de grandes gorgées sans avoir en permanence ce gout de sucré ou arrière goût salé.

 

Je m’offre le petit luxe de changer de dessous avant de repartir. Le premier était trempé et cela favorise les écorchures. Je préfère repartir dans du linge sec. Coté maillot en revanche, il a séché tout seul (c’est étudié pour) et je n’ai pas besoin de changer.Sans ce ravito maison, jamais je n’aurais pu revenir dans de bonnes conditions. Sur l’Ecotrail, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de ravito complet entre les km22 et km55 alors que cette partie du trajet se coure au moment le plus chaud de la journée.

 

Depuis que nous avons quitté la course, une demi-heure s’est écoulée et le pic de chaleur est passé. On repart sur de bonnes bases. Le retour à la course nous parait bien plus rapide qu’à l’aller alors que pourtant, du fait d’avoir fait le plein des bouteilles, on a deux kilos de plus à porter dans le sac. Puis, après, la forêt devient plus serrée, réduisant l’effet du soleil maintenant déclinant.

 

Après ce ravito, je n’ai plus souffert de la chaleur et j’ai bu davantage. Après 50cl bu à la maison puis 50cl à chaque ravito (km44 puis au km55 et au km67 + 1litre provenant du sac à dos) cela fera en tout 2,5 l sur la deuxième partie mais avec bien moins de transpiration car sous un soleil descendant, ce qui change tout. Je n’ai d’ailleurs pas uriné du tout entre les km35 et km70, soit durant 5h, avec plus de 2 litres bus, c’est dire le déficit en eau que j’ai eu entre ces deux points.

 

Acte IV : Faire le boulot (et de jolies photos :-)


Après ce ravito à la maison, le corps se remet peu à peu à fonctionner correctement et la digestion peut s’accélérer, ce qui me permet de toucher les bénéfices de tout ce que j’ai mangé lors de la première partie. En plus les endorphines font maintenant pleinement effet et on oublie peu à peu les douleurs. A un moment donné, je me surprends à etre en train de penser à autre chose que le trail que je suis en train de courir. Pour la première fois de la course. Signe que je me sens soudainement suffisamment bien pour en oublier que je suis sur un trail et que j’ai 50 km de course dans les jambes. Là je comprends un peu mieux avec ce rétablissement spectaculaire comment les coureurs du tour de France peuvent aussi avoir des coups de calgon lors des ascensions des cols en pleine chaleur avant de se rétablir peu après. Bien sur il y aura encore des hauts et des bas mais rien de comparable avec la défaillance subie à partir du km30.

 

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Derrière, la chapelle gothique du 19me siècle

 

Nous arrivons en 6h pile au km 44 sur le site éducatif Saint-Philippe de Meudon avec sa magnifique chapelle gothique du 19eme siècle et profitons quelques instants du lieu et de la vue. J’ai récupéré mon appareil photo en passant à la maison et maintenant je prends même le luxe de m’arrêter parfois prendre un cliché. A ce stade nous sommes classés 801, ce qui veut dire qu’on a gagné 59 places alors qu’on a fait un croché d’un quart d’heure et déjà réalisé notre ravito à la différence des autres (une demi heure en tout, déjà complètement regagnée sur les autres), c’est donc dire à quel point les organismes doivent être atteints.

 

On ne s’attarde pas longtemps (à la différence d’autres) et on se dirige vers l’observatoire de Meudon dont les jardins privés nous ont ouvert leurs portes.

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Derrière, la grande coupole de l'observatoire de Meudon

 

Moi qui y passe si souvent au cours de mes pérégrinations, c’est un peu comme passer de l’autre coté du miroir que d’accéder à toute cette partie secrète de l’observatoire. Le parc est immense et il faudra un temps certain pour en venir à bout. Je mange un œuf dur mais uniquement le jaune où sont concentrés tous les sels minéraux laissant aux corbeaux le blanc, moins intéressant sur le plan nutritif et risquant de surcharger inutilement mon estomac. On retourne vers Clamart, traverse Meudon et changeons de forêt pour rejoindre en 7h pile le ravito du km55 situé à Chaville.

 

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Eh non ce n'est pas l'arrivée mais seulement l'entrée du ravito de Chaville avec ma brave personne devant !

 

Tant désiré, je fais une ovation à ce ravito qui fut si long à venir et le photographie. Cela fait rire des dames qui me prennent alors en photo devant ce ravito. Je leur explique que je ne suis pas certain de passer les ravito suivants et donc c’est maintenant qu’il faut faire la photo.  Je me trouve une chaise, il faut récupérer un peu. Les côtes se font rares, ce qui veut dire qu’on court assez longtemps sans guère de période de récupération. Ce ravito fait donc du bien. En plus je marche sur des œufs, car si ça va mieux depuis quelques temps, j’ai toujours la crainte de rechuter, il reste tant de kilomètres à parcourir. Coté coureurs tous n’ont pas eu la chance d’avoir un pre-ravito au km42 avec bière/pâté, et certain sont enroulés dans une couverture de survie en attendant qu’on les rapatrie. 92 abandons supplémentaires se feront ici. Mais hormis 9 personnes, ceux qui repartent alors, finiront. Nous sommes classés 812 à ce stade.

Une personne me fait remarquer à juste raison qu’il est inutile de manger des choses compliquées vu qu’on n’aura pas le temps de les digérer dans les 3 heures de course qui nous restent. Je me cantonne donc à un peu de soupe, quelques Tucs et on repart tranquillement. J’ai encore quelques figues, et un œuf. Au bout de quelques km, je mangerai le jaune d’œuf restant et une figue. Puis plus rien, je garde deux figues pour ne pas etre sans rien en cas de coup dur.

 

Le jour commence insensiblement à décliner. Certains ont déjà installé leur frontale. J’ai mis un certain temps avant de mettre la mienne, profitant de la pénombre et des lampes des autres un petit moment.

La suite de la course se fait en observant le soleil descendre, et vers Ville d’Avray, nous longeons un étang magnifique bordé de jolies maisons. Au loin le premier croissant de la lunaison et Jupiter nous font un clin d’œil. Des chauves souris, signe de chaleur, tournoient autour des lampadaires pour y attraper quelques moucherons. On passe au km60 en 7h25. Désormais, il m’arrive de chanter, souvent du Bourvil pour son coté détaché. C’est le signe que ça va plutôt bien. Les personnes avec qui nous sommes courent tout comme nous. C’est que nous sommes donc dans un bon wagon, et qu’on a laissé derrière nous tous ceux qui n’en n’ont plus la force et qui marchent désormais.

 

Nous rallions le parc de Saint-Cloud en descendant sur Marne la coquette,  joli port de pêche, bien sur soi avec de jolies maisons d’artiste début 20eme. Nous arrivons dans la partie rupine du parcours où les Porches côtoient les BMW. Puis commence la remontée vers la forêt de Saint-Cloud dans la pleine obscurité. Les frontales tournent à plein régime et nous arrivons en 8h35 enfin au dernier ravito au km67 avec vue depuis le parc sur la tour Eiffel.  Nous sommes alors classés 672 soit 129 places de gagnées depuis Chaville, correspondant au cours temps passé à ce ravito de Chaville qui arrivait bien trop tard pour bien des coureurs qui ont eu besoin de temps de récupération comme nous un peu plus tôt voire plus longs.

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L'arrivée, vue depuis le parc de Saint-Cloud

 

Je prends à nouveau de la soupe, des Tucs et du coca. Bien que ce soit contraire à ma religion, le coca a l’avantage d’etre une source de sucre rapide, qui sera bienvenue pour les 13 km qui nous restent. Je vide au sol ma deuxième bouteille d’eau datant du km42, que je n’ai pas touchée car salée, m’allégeant ainsi d’un kg inutile. Si la distance totale annoncée pour ce trail est de 78 km, pour nous elle sera de 80 km du fait du crochet effectué pour le ravito maison. Nous repartons non sans avoir pris une photo de l’arrivée, la tour Eiffel, illuminée et magnifique au loin. On descend les lacets depuis le parc vers la Seine et passons le km70 en 8h40 km.

 

Acte V : La chevauchée fantastique vers l’arrivée et l’ascension finale du pic Eiffel


Après un dernier passage méditatif dans la nuit de la forêt et des quais désertés à cette heure, nous arrivons dans la féerie de la capitale et de ses faubourgs. Nous passons devant le musée de la céramique à Sèvres et traversons la boucle ouest de la Seine donc deux fois le fleuve pour rejoindre Paris sur l’autre partie de la boucle. Il nous faudra retourner chercher le pont d’Issy pour passer sur la rive gauche. Entre temps j’ai lâché dans la nature les deux dernières figues qui me restaient.

 

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Le musée nationale de la céramique de Sèvres

La tour Eiffel grandi chaque fois qu’on l’aperçoit. Afin de ne pas regarder la distance sur le GPS toutes les 5 minutes ce qui donne l’impression déprimante de ne pas avancer, je me dis que je vais l’oublier jusqu’à la fin de la course, et me concentrer sur ma foulée pour les 5 km qui nous restent à parcourir. On est sur du plat, il n’y a pas de changement de rythme. Je fais en sorte de penser à allonger la foulée et d’être aussi souple que possible (surtout quand j’en voie qui sont tout crispés par les courbatures). Et naturellement, la foulée s’accélère sans effort, pour atteindre le 10 km/h et de bonnes sensations. Je me dis qu’il reste 5 km et que ça va se faire tout seul si on se concentre sur la course, surtout ne pas se projeter mentalement sur l’arrivée, rester dans la course. L’arrivée vers la tour Eiffel est grandiose comme prévue, j’ai calculé que l’on peut y arriver sous les 10 heures de course (mais je n’ai pas pris en compte l’ascension du premier étage !). On arrive au pied de la tour en 9h55mn sur un petit podium qui a été monté en bas.

 

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On arrive !

 

Comme l’arrivée est donnée en haut, c’est tambour battant que l’on monte les 300 marches, euphoriques comme il faut.

 

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  Plus que quelques marches !

Les jambes chauffent quand même un peu … mais rapidement (en 4min30 !) on arrive en haut juste sous le gong des 10h de course, 3h avant la limite horaire. Il est donc 22 heures et nous sommes bien contents d’arriver. Nous sommes classés 662 sur 1689 arrivants. Hormis les côtes où il ne sert à rien de courir, nous avons couru jusqu’au bout. Et cela me suffit à penser que c’est une réussite, c’était d’ailleurs cela le seul objectif que j’avais au départ. Il est à noter enfin qu’aux Templiers avec une distance de 2 km plus courte, j’avais mis plus de 2h30 de plus, pour un classement similaire. Cela veut dire que j’ai couru sur l’Ecotrail beaucoup plus que sur les Templiers (et pas plus vite), car les parties d’ascension y prennent un temps considérable. Nous sommes donc sur des courses sensiblement différentes.

 

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Comme on est bien quand on est dans son bain ... c'est à dire arrivé !

 

Pas de médaille à l’Ecotrail, juste un maigre maillot mais les organisateurs avaient quand même prévu une 1664 regénératrice ! L’ambiance est calme, certains sont par terre, un autre s’évanouira plus tard dans l’ascenseur, je me trouve une chaise et essaie de réaliser un peu.

 

Epilogue


Cette journée démontre à nouveau au cas où ce serait nécessaire qu’un ultra-trail est à lui seule une grande aventure, un grand voyage dont on n’est jamais certain de voir la fin au moment où l’on part (comme le montre le taux d’abandon de 17% assez élevé compte-tenu que tous les inscrits ont pris le départ).  C’est donc aussi pour vivre ce type de journée extra-ordinaire que l’ultra-trail en fait venir plus d’un.

Ce trail est aussi à lui seule une allégorie de Dame Nature puisque 90 % des chemins sont en pleine nature, et que nous sommes soumis à ses éléments cosmiques qui entourent notre planète et que sont le soleil brûlant, le soleil couchant, la lune, les autres planètes et pour finir les étoiles dans la nuit. 

Apres la douche, au repas, je réalise en discutant avec d’autres finishers qu’avec les templiers je cumule maintenant 4pts UTMB. Encore 3 points (l’an passé 5 points suffisaient encore) et je pourrai m’inscrire à l’UTMB où il est plus facile d’ailleurs de s’y inscrire que de le terminer cela va sans dire. C’est vrai que 166 km de course avec 9500 de D+, c’est une autre paire de manches. Mais alors que je m’y suis toujours refusé à l’envisager, tant c’est une course complètement captive de la météo, un instant, un germe d’idée m’est pourtant passé à l’esprit, juste en rêve bien entendu car il faut connaitre ses limites.

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 14:47

DSCF4865Encore une semaine plutôt « spéciale » où l’entrainement est un peu passé en arrière plan … En bref, un tête-à-tête avec une vice-championne olympique française (il n’y en a pas des 100 !), une nuit impromptue passée à l’observatoire de Paris, une soirée avec Artur H. et un 18 trou au Golf National. Apres avoir réalisé dès le début de semaine lundi et mardi mes deux premiers entrainements de la semaine, c’est au conseil d’administration du lycée J. Monod où je suis élu que je rejoins une première étoile, Roxana Maracineanu, clamartoise, elle-même présente au titre d’élue au conseil régionale d’Ile de France.  Nous échangeons quelques mots durant le pot qui suit la réunion et je suis assez comptant de me souvenir que c’est bien en 1998 qu’elle fut championne du monde puis médaillé d’argent aux J0 en 2000 en Natation 200m dos. J’eu droit à son joli sourire après avoir souligné que c’est bien elle qui a ouvert la voie à toutes les médailles qui ont suivi, Manoudou en tête.

Ce même jour, le club d’astronomie du 91 auquel j’appartiens fait savoir qu’un autre club du 78 ira admirer mercredi la conjonction de Mars à l’observatoire de Paris. Pour moi un rêve que je caresse depuis plusieurs années. Tout d’abord, si le matériel a presque 2 siècles (1849), mais comme il était à la pointe mondiale à l’époque, il en demeure une lunette d’observation de haut calibre. Seule la qualité du ciel de Paris a changé depuis avec ses nombreuses illuminations qui limitent ce qu’on peut en faire aujourd’hui. Mais pour des observations de planètes où les objets étudiés sont très lumineux, cette lunette de plus de 10m de long nous offre un spectacle magnifique de la planète rouge. Nous pouvions même distinguer la calotte polaire de glace carbonique. Mais ce qui était le plus troublant ce fut bien les alentours de la coupole d’observation, juchée sur le toit du bâtiment, et notamment les vastes jardins sombres et mystérieux à l’obscurité préservée qui l’entourent. Passée  1 heure du matin il est temps de rentrer puisque le lendemain je suis avec un autre star au Casino de Paris … Je veux parler d’Arthur H que je voulais voir depuis assez longtemps, un artiste qui mélange des textes plutôt mélodieux avec une instrumentation assez débridée rappelant certains morceaux des Doors ou de l’époque psychédélique.  Le public était composé de jeunes trentenaires ou bien de quarantenaires qui avaient connu le papa (un certain Jacques Higelin) et qui viennent voir le fiston avec leur ado. Une bien belle soirée, plus tourmentée que la précédente … Jeudi j’essai donc de récupérer un peu mais notre étoile le soleil inonde abondamment la forêt, nue sans ses feuillages. Je ne peux pas résister longtemps sans m’y glisser à mon tour et faire ainsi ma troisième sortie running de la semaine pendant l’heure de midi. Faisant toujours le même parcours vallonné, sans forcer, j’ai vu mes temps de parcours perdre minute sur minute tout au long de la préparation. Ayant prévu de faire samedi le 18 trou Aigle du Golf National, je fais un passage à celui de Saint Aubin vendredi où je me suis exercé durant l’heure de midi sur le practice ainsi qu’au petit jeu.  Mon parcours samedi au golf national se déroule très bien mais la chute de température (9 degré au lieu de 23 la veille …)  et la bruine ont fait reculer de nombreux participants potentiels … Ce samedi, ce 18 trous dessiné dans l’esprit des larges plaines vallonnées du nord de l’Irlande m’y a fait penser y être à plusieurs reprises. Après avoir vu la fin du dernier match du tournoi des 6 nations où de piteux frenchies finissaient d’agoniser à Cardiff, il fallait déjà penser à achever cette semaine par la sortie longue de la semaine, le lendemain matin. C’est la dernière sortie avant l’Ecotrail, et donc limitée à 2h et sur terrain plat uniquement. Que ça fait du bien de se poser et de recharger les batteries mentales tout au long de cette course après les nombreuses émotions de la semaine. On y rencontre de nombreux traileurs et on court avec en tête d’éviter à tout pris le piège de la chute, de l’entorse ou de la collision avec un VTT à moins d’une semaine de la course. En même temps, avec le niveau d’entrainement que j’ai accumulé, je ne me rends même plus compte quand je cours, je suis en lévitation, dans les pensées et la musique, avant la big one samedi prochain …

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 21:29

http://www.1001stages.com/photos/rubrique/hd/golf-tous-niveaux-510.jpgCette semaine a été marquée sous le signe de la récupération des efforts passés et de la possibilité d’accéder à un classement au golf. Pour ce qui est de la recup, je me suis accordé un lundi de relâche mais un plan d’entrainement est fait pour etre suivi. La mise au point de ce plan est assez jouissive car on a alors toutes les cartes en main et dans son fauteuil ça n’est pas trop compliqué de viser tel total d’heures de course par semaine et tel type d’entrainement. Pour que ça marche, il faut que le mental soit en quelque sorte soumis à ce plan avec une volonté forte d’arriver au bout. Il faut aussi une certaine confiance en soit pour etre certain que le plan établi à l’avance nous mènera bien à la performance voulue le jour J. A moins de 3 semaines de la course, il ne s’agit maintenant plus que de dérouler sachant que ça n’est pas à ce stade qu’on va lâcher. En même temps, on commence à etre un peu pressé de se relâcher un peu. Au niveau diététique aussi, il s’agit de se tenir un minimum car le poids a aussi son importance dans le trail. Au programme du plan pour cette semaine, 3 sorties d’une heure (en soirée) et une sortie longue (2h30) le samedi  avec alimentation solide / liquide (type trail). En plus de ça, le club de golf où je joue proposait de pouvoir faire un 18 trous et d’obtenir un classement. L’avantage est que dans ce cas, je quitterai alors le groupe de débutant, pas trop tôt après 3 ans d’efforts ! Le problème, c’est qu’un 18 trous, ça veut dire 4 heures  à gambader sur les greens et et environ 150 coups de club où l’adrénaline monte au maximum avec un effort violent à la clé. Et comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai ajouté deux 9 trous en plus dans la semaine. En fait, il y a un moment dans mes préparations de course où ma tête a envie d’aller voir ailleurs. Mais comme je ne veux pas lâcher l’entrainement, eh bien je me retrouve souvent à mener deux activités de front durant  les dernières semaines.  Pour le moment ça tient bon mais dans deux semaines ça sera plus simple à gérer … Point positif : les objectifs de la semaine ont été tenus : temps total de course, classement au golf (de justesse !) et poids de forme maintenu mais avec un excellent osso bucco dominical tout de même !

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:18

Cette semaine a été plutôt chargée coté sportif puisque j’en ai passé la deuxième partie à la montagne près de Aix les Bains. Comme cela fait 2 jours sur 7 où je conduis pour y aller et pour rentrer, il ne me restait que 5 jours sur 7 pour placer les 4 jours d’entrainement requis. En plus de ça, j’y allais pour faire du ski de piste et aussi du ski de fond. Y allant peu souvent, je souhaitais aussi tester le golf d’Aix les Bains. De ce fait, j’ai commencé la semaine par deux sorties en soirée dans les bois lundi et mardi après le travail dans la douceur nouvelle. La semaine débutait déjà dur puisque je n’avais pas complètement récupéré de la sortie de 3heures du samedi qui avait précédé. Jeudi matin, je démarrais le programme montagne par une matinée de ski de fond au Revard (1300m), entrecoupée l’après midi par une visite chez un vigneron (heureusement  le vin n’est pas considéré comme produit dopant dans le trail …). En fin d’après midi sortie pour une course en côte en partant à travers les vignes puis montant au dessus du lac du Bourget dans la montagne de la Chambotte (400 m de dénivelé environ).  Je pars avec  les derniers rayons de soleil ce qui colorie les falaises en orangé et je rentre à la frontale. Quand je suis en haut, les lumières de la ville font déjà de jolies dessins autour du lac, plus bas.

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Lors de la descente, je sent que je dérange les nombreux petits mammifères qui profitent de la pénombre pour sortir sans risque. Ici un lièvre, là un lapin, plus loin un campagnol, la vie est là autour de moi. Samedi, après une journée de ski de piste la veille au Margeriaz (1800 m),  j’effectuais le même programme mais cette fois avec un 9 trous placé sous le soleil en début d’après midi et qui m’a pris 2 heures. Le golf étant le sport qui consomme le plus d’adrénaline à l’heure, autant dire que le soir, j’étais à ramasser à la petite cuillère. Dimanche, retour au radar.  Aujourd’hui lundi je suis encore en mode recup vu que les hormones du sport que j’ai sollicitées à forte dose ces derniers jours, ne font plus effet pour le moment. Demain, je m’y remets pourtant car plus que deux week-end et c’est déjà la course. D’ici là, j’aurai tiré les bénéfices de cette semaine très chargée sur le plan sportif.

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