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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 16:37

  Place au rêve !

Chère lectrice, cher lecteur, je vous avais laissé dans l’oubli depuis le dernier trail de fin octobre il y a presque 3 mois déjà je vous prie de m’en excuser, j’étais dans une période de récupération … Entre temps, j’ai laissé du temps au temps pour me refaire une fraicheur mentale.  Jusque fin décembre, j’ai taché de courir deux fois par semaine pour garder la forme et un poids stable. Malgré un kilo pris au tournant de l’année, je suis encore en ligne pour avoir un poids acceptable. Pour combien de temps … En effet le doute sur ce qui m’attend en cette année 2013 ne provoquait pas en ce début janvier une motivation forte. Le froid en cours fait le reste et je me laisse donc un peu aller afin aussi de recharger les batteries mentales : pas d’objectif de course et pas d’objectif de poids : on laisse aller ! Entre temps, début janvier je me suis inscrit sans trop d’espoir à l’UTMB. L’UTMB est un monstre en matière de trail : 168 km avec 9000m de dénivelé autour du Mont Blanc avec un taux d’abandon supérieur à 50% … La médiatisation importante de cette course a fait que tout coureur de trail fini par vouloir la faire un jour ou l’autre et peu peuvent vraiment y participer car il est difficile d’y obtenir un ticket. Tout d’abord, il faut un certain nombre de points (7 au lieu de 5 depuis 2013) acquis sur des courses + ou – difficiles. Arrive ensuite le tirage au sort dont il est impossible de connaitre à l’avance le nombre de chances que l’on a de gagner. Entre ceux de 2012 qui n’ont pas été pris mais assuré d’une place en 2013 et ceux qui se sont inscrits entre temps, cela ne laisse pas beaucoup de chances. Alors je n’y crois pas et donc prévois déjà une course en automne afin de garder assez de points pour tenter de m’y inscrire en 2014. En principe, le résultat doit être communiqué par e-mail ce matin du 18 janvier à 10h. Ne recevant pas de mail, vers midi je vais sur le site de l’UTMB et arrive sur la page où les inscrits peuvent être affichés. Et là en tapant mon nom, je découvre que cette page me retourne mon pédigrée même s’il n’y pas de numéro de dossard. Poussant le jeu jusqu’au bout, je vais jusqu’à l’inscription et alors je dois bien me rendre à l’évidence :  je fais bien parti des personnes tirées au sort. Je n’en reviens pas, tant mes chances étaient faibles et que je ne gagne en général pas aux jeux de hasard. Compte tenu du nombre de personnes refusées, et que j’aurai peu de chances d’être à nouveau tiré au sort l’an prochain pour un deuxième essai, il me faut être à la hauteur et tirer parti au maximum de cette chance qui m’est offerte dès cette année !  

L’UTMB j’ai découvert cette course lors de mon premier trail en Normandie l’an passé en septembre 2011. J’ai décidé d’essayer de tenter de gagner les points pour m’y inscrire en mars 2012 au repas qui a suivi l’Ecotrail au pied de la tour Eiffel et qui confirmait mes 4 points acquis. J’ai compris que je tenterai de m’y inscrire avec peu d’espoir en octobre 2012 après un endurance trail bien mouillé qui me donnais mes 3 derniers points manquants. Et je constate aujourd’hui en Janvier 2013 que je fais parti des heureux élus. La question qui se pose maintenant c’est comment gérer cette année 2013 ?

Après une année 2012 des plus riches (5 pts UTMB + l’Embrunman), j’avais prévu de démarrer doucement par un Ecotrail format réduit de 50 km mi-mars (je n’y perds rien puisque cette année le 80km ne monte pas à la tour Eiffel cause travaux). Le temps de laisser le printemps s’installer et j’arriverai dans le Vercors mi-juin pour un 60km cool avec mon pote Guillaume.  On sera alors à 2 mois de l’UTMB et la préparation proprement dite commencera. Un foncier important et beaucoup de dénivelé. Tout un programme à bâtir … Puis le vendredi 30 aout à 16h30, si tout se passe bien je serai sur la ligne de départ à Chamonix pour plus de 2 jours de course si je n’abandonne pas avant ! Si je termine, c’est un cycle qui s’achèvera pour moi. Les courses que je ferai alors seront uniquement pour le fun sans chercher d’autres objectifs. Si je ne finis pas dans les temps, en revanche, cela voudra dire qu’il me faudra marquer 2 autres points en 2013 pour pouvoir prétendre s’inscrire à nouveau à l’UTMB en 2014 et donc que les Templiers en octobre ou autre seront à prévoir. Sachant que début septembre c’est bien tard pour s’inscrire, je suis condamné à réussir du premier coup sachant que je n’ai pas encore rencontré qq qui a terminé l’UTMB dans les temps dès le premier essai … Je crois que je vais m’inscrire au cas où à une course à 2 points auparavant. Je vais aussi aller interroger tous ceux que je connais et qui ont bourlingué sur un UTMB dans le passé. J’en connais un à Versailles, j’ai aussi à la maison un livre écrit par d’autres, j’ai encore tant de choses à apprendre que ce soit sur l’alimentation, la gestion du sommeil, la gestion des barrières horaires, la gestion des ampoules, …

D’un côté cette annonce me surprend, me déconcerte, tant je pensais ne pas être tiré au sort voire ne jamais être tiré au sort même après plusieurs essais tant la sélection est difficile désormais. En somme j’étais déjà prêt à partir sur autre chose. Donc la surprise est forte et je me dis : bon, cela fait deux ans que tu parcours les bois pour cette objectif auquel tu ne croyais plus vraiment et voilà qu’on te l’apporte tout ficelé.  Tu as ce que tu voulais, il faut maintenant y aller. C’est ce que je vais faire. L’année va être un peu étrange. Pas de gros objectif avant fin aout, c’est bien pour la fraîcheur. Et en même temps se maintenir à un bon poids de forme, comme pour se dire que c’est comme si on y était déjà … Je vous raconterai d’ici là les péripéties de ces 7 mois de préparation qui ne seront pas de tout repos j’imagine.

Pour vous mettre en bouche, une vidéo sympa :

http://www.ultratrailmb.com/page/20/UTMB%C2%AE.html

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 18:31

Levé à 3h20, j’ingurgite un peu de muesli avec du lait de soja, c’est mon déjeuner préféré car il réanime mon corps. Couché vers 22h30, je n’ai trouvé le sommeil que vers 23h30. Comme je sais depuis l’Embrunman que la performance n’est pas directement en lien avec les heures de sommeil la nuit qui précède la course, je ne suis pas inquiet. A 3h35, je quitte l’hôtel ma cape de pluie sur le dos. J’ai laissé l’appareil photo à la chambre. Aujourd’hui, je n’aurai pas l’occasion de le sortir et je serai en mode survie, donc 100% focalisé sur la course à faire. Je ferai les photos le lendemain, il y aura une meilleure lumière, c'est sur !  J’ai calculé qu’il me faudrait une vingtaine de minutes pour rallier à pied la zone de départ et éviter le stress des bouchons à l’entrée et du parking dans les prés (où certaines voitures restèrent embourbées en fin de journée à cause de toute la pluie tombée). Si je suis trop court, je pourrai toujours parfaire cet échauffement doux par un peu de course à pied. Pour le moment il ne pleut plus. La forte averse tombée tout le temps qu’on était au restaurant la veille au soir à manger des pâtes, avait fini de me saper le moral. La météo annonce depuis des jours de la pluie toute la journée de vendredi, jour de l’Endurance Trail. J’avais choisi de refaire les Templiers parce que je m’étais dit que le temps couvert mais sec de l’an dernier m’avait privé de la magie du lever de soleil et de belles lumières sur les paysages traversés. Ici à Millau c’est la région du Languedoc-Roussillon alors en principe on s’attend à mieux que ça. Mais voilà, fin octobre on ne peut rien prévoir et ce matin je me dis que je n’ai aucune chance de finir la course.

 

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Cette année, j’ai choisi l’Endurance Trail, la version Ultra du trail des Templiers avec ses 106 km et 4800m de dénivelé positif. Les Templiers, c’est là que fut créé le trail longue distance il y a 15 ans avec pas même 300 participants. Aujourd’hui c’est devenu la Mecque du trail avec des courses pendant 4 jours brassant plus de 4000 participants au total. Une raison de plus pour y revenir car l’organisation y est parfaite. Vu que l’an passé sur les Templiers en 78km j’étais arrivé avec bien de  la marge, dans des conditions similaires, je dois pouvoir allonger la distance et le dénivelé mais avec un grand point d’interrogation quand même. En plus, ce format me permettrait de compléter mon total de 7 points nécessaires pour prétendre s’inscrire à l’UTMB car il en vaut 3. Mais alors, avec le temps annoncé, on n’est plus du tout dans des conditions similaires et donc de mon point de vue c’est foutu d’avance. J’ai même envisagé un moment de ne pas prendre le départ (comme 168 concurrents sur les 784 inscrits l’ont décidé, soit un taux de plus de 20% quand même !). J’avais toujours trouvé idiot le fait de se forcer à faire une course alors que la météo y enlèvera tout le plaisir que l’on peut en attendre, comme cela est déjà arrivé plusieurs fois sur l’UTMB. Mais ici on n’est pas en Savoie et pourtant on en est réduit au même point. Après avoir fait tous ces kilomètres pour venir ici, ne pas être au départ n’est pas chose possible, surtout qu’il ne pleut plus pour le moment. J’y vais en me disant que la pluie va reprendre, me refroidir peu à peu et qu’au bout d’un moment, je ne pourrai plus continuer et alors j’arrêterai. Il n’est pas question d’y aller pour s’acharner jusqu’au bout. Arrivé sur la zone de départ alors que le speaker annonce plus que de 2 minutes avant de partir. Je me rends compte que j’avais calculé un peu trop court le temps mais en même temps, je tenais à ne pas risquer de devoir attendre le départ sous la pluie. Je ne suis pas non plus pressé d'en découdre. Là je suis au taquet, juste le temps d’enlever ma cape et de placer ma frontale et le départ est donné.

 

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Le tracé du parcours de l’Endurance Trail (en trait bleu)


Je suis à l’arrière, la cape en main prête à être dépliée au cas où, vu que c’est pour abandonner, inutile de se placer. Nous avons droit au rituel du départ des Templiers, même à 4h du matin avec les feux de Bengale et la musique d’Ameno d’Era qui nous donne du baume au cœur et de l’énergie pour y aller. Un peu de public constitué des familles des coureurs est venu nous encourager à cette heure ultra-matinal. Les premiers hectomètres se font dans le calme, chacun sait ce qu’il l’attend et n’a pas l’esprit à en rire. Nous prenons la route qui suit le Tarn sur 3 km jusqu’à la première côte ce qui a pour intérêt d’étirer le peloton et éviter ainsi un bouchon à la sortie. Avec 600 concurrents, il n’y aura aucun bouchon tout au long de la course ce qui est appréciable, le tracé ayant été étudié aussi en ce sens.

 

profil ultra

Profil de l’Endurance Trail


Nous prenons ensuite une petite route en pente sur  2 km pour aller en marchant jusqu’au village de Carbassas (en trail, à mon niveau, on ne court pas les côtes, le ratio temps gagné/effort étant alors trop faible). Au loin le pont de Millau est illuminé et ses mats clignotent tous. Puis nous entrons dans le vif du sujet avec les premiers chemins en direction du village de La Cresse qui se trouve au km17.5 au pied du Tarn et où se trouve le premier ravito. Lorsque je fais des courses où j’estime qu’il y a davantage de chance de flancher que de finir, je coupe en morceaux la distance. Ici je me dis que j’ai cinq fois 20km à faire et que je vais les prendre un par un. 106km sous la pluie, cela parait trop loin à réaliser vue les conditions pour se projeter mentalement et donc il faut donc morceler l’objectif pour le rendre plus humain. Durant ces kilomètres, je mange une belle tranche  de mon pain maison aux noix, noisettes, raisins secs et fleur de sel avec 4 tranches de viande de grison. Je pensais manger avant le départ mais je n’ai pas prévu assez de temps pour cela. C’est un peu gênant car il faut compter 3 bonnes heures de digestion mais bon ça ira quand même.

 

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En arrière plan de la ville de Millau, le viaduc vu depuis Carbassas


Au bout d’une heure de course (5h du matin), la pluie reprend, finement d’abord puis plus soutenue, elle ne cessera plus jusque 10h du matin. Courir avec la cape se fait bien mais entre la transpiration du maillot et la pluie qui ruisselle, on est vite mouillé. La casquette achetée la veille et mise par-dessus la capuche de la cape nouée me sert à éviter la pluie dans les yeux et supporte la lampe frontale. La cape assure une sorte de poche où l’air sert d’isolant et où je me réchauffe rapidement dès que je cours. Je ne souffre donc pas du froid, enfin une bonne nouvelle mais en même temps courir de nuit sous la pluie dans des chemins étroits est un peu oppressant et le moral est vraiment en berne. Nous arrivons en 1 heure 50 au premier ravito, ce qui est un rythme correct sans plus. Je me dis qu’on a presque déjà bouclé le premier jalon des 20 km à franchir. Il y a 14 km jusqu’au prochain ravito donc il me faut mes deux litres d’eau. J’ai bu un litre jusque maintenant sachant que je fini systématiquement les bouteilles à chaque ravito pour ne pas être piégé par les quantités que l’on croit boire uniquement avec le tuyau.  Je prends une tranche de pain d’épice et c’est tout : la salle est vraiment trop petite pour tout ce monde qui fuie la pluie et puis j’ai ma nourriture personnelle.

 

L’église du village sonne les 6 coups lorsque nous repartons déjà en direction de Mostuejouls, avec une heure d’avance sur la barrière horaire. La pluie a repris, je ne sais pas alors pour combien de temps et je me dis que je ferai le point au km 43 à Mostuejouls. En même temps, si les deux premiers ravito sont très espacés, j’ai remarqué que les suivants sont beaucoup plus rapprochés. De 10km à 15km pour les 3 suivants, ce qui me fait penser que la suite semble être aménagé pour faciliter un peu la progression. Par exemple, un seul litre d’eau est suffisant pour passer de l’un à l’autre, ce qui économise un kilo à porter, ce qui n’est pas négligeable dans les ascensions. Le tracé suit une longue montée jusqu’en haut du Causse suivie de la descente de l’autre coté vers le village. Je me pose vraiment des questions. Le jour s’est levé très doucement et j’ai pu remettre ma  lampe dans mon sac. La pente est raide et longue mais pas trop technique car le terrain est encore en bonne état. Mais c’est plutôt coté moral que les conditions sont vraiment difficiles. Comme dans chaque première partie de trail, la digestion n’est pas trop facile, ici j’ai en plus mal au ventre. Je pense que je ne suis dans la course que pour un moment seulement mais je ne peux pas rentrer maintenant alors qu’il n’est même pas encore 9h. On ne peut pas prendre de plaisir dans de telles conditions de course pour compenser la souffrance qui s’annonce forte vue le programme. Faisant le bilan, je me dis que je n’ai rien à gagner à être là. Je maudis un peu les trails longs et me jure de ne plus me lancer de défi de ce type, qui ne mènent à rien quand les conditions atmosphériques ne sont pas là. Je souhaite alors de surtout ne pas faire l’UTMB si c’est pour avoir la même chose mais en pis. Et le meilleur moyen pour cela est d’abandonner et ainsi de ne pas obtenir les 3 points qui me  manquent. En discutant avec un concurrent auquel je demande ce qui le pousse à continuer. Une seule chose me répond-il : les 3 points. Justement moi c’est plutôt l’inverse … Puis chemin faisant, nous arrivons finalement au ravito vers 10h05, nous venons de franchir le deuxième jalon de 20 km avec 2 heures d’avance sur la barrière horaire. Je suis alors en 375 eme position. Plus que 3 autres jalons ou plutôt deux, vu qu’au km80, on n’abandonne pas à ce point là ! La salle est grande, confortable et très bien garnie en victuailles de toutes sortes. Je refais le plein et m’assois un peu. Vu l’heure, il est encore un peu tôt pour rentrer, je me dis que je vais continuer au moins jusqu’au prochain ravito qui se trouve de l’autre coté du Causse, dans les gorges de la Dourbie et que le retour éventuel en navette sera alors plus simple.

 

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Nous traversons le Tarn pour entrer dans le département de la Lozère

 

Nous repartons et là, surprise, la pluie a cessé ! Et ça c’est une nouvelle qui change tout. Déjà, je peux retirer la cape et essayer de sécher un peu. Ensuite cela veut dire que dans cette région la pluie s’arrête par moment et ne tombera pas sans discontinuer (on n’est quand même pas en Normandie ! m’ont rétorqué des concurrents à l’accent du sud). Aussi même si la pluie reprend, on pourra espérer que cela s’arrête à nouveau. L’espoir fait vivre et cette accalmie m’en donne pour le restant de la course. Nous traversons le Tarn pour entrer dans le département de la Lozère et montons le Causse Noir tranquillement pour redescendre en direction du village du Rosier situé de l’autre coté, au km 52.5. Là nous rejoindrons le tracé du trail classique de 78 km que j’ai fait l’an dernier, je serai alors en terrain connu. Aussi le tracé dans cette partie est moins accidenté. En traversant le Causse, je discute avec un concurrent qui m’explique qu’il va tenter de doubler l’Endurance Trail du vendredi (106 km) par le trail classique le dimanche (78 km). Il a déjà fait l’Endurance Trail 3 fois et comme il a de la marge il veut tenter le doublé pour voir (après avoir vu les résultats, j’ai pu constater qu’il a réussi son pari, assez aisément en plus). On m’avait dit que ça se faisait mais je n’y croyais pas. En fait cette personne est guide de rando dans les Alpes et donc monter et descendre des montagnes ne le fatigue pas, tant que les portions roulantes ne sont pas trop nombreuses ! J’ai remarqué qu’il y a eu un écrémage au départ qui a fait qu’on se retrouve uniquement avec des durs à cuire de la discipline. L’autre concurrent avait fait la Diagonale du Fou (l’UTMB de l’Ile de la Réunion) avant de venir sur l’Endurance Trail.  Petit à petit nous séchons un peu, j’arrive même à deviner le soleil et aperçois un tout petit morceau de ciel bleu. Cela ne durera que quelques secondes et disparaitra rapidement hélas. Nous  rallions vers 12h13 le ravito du Rosier qui est bien organisé. Nous avons toujours 2h d’avance sur la barrière horaire et je suis en 409eme position. Je mange de nombreux Tucs et refais le plein, cette fois en diluant un demi litre d’une boisson régénératrice au goût on ne peut plus artificiel d’arôme orange (je n’en reprendrai plus !). A ce moment, on a passé la bascule, c'est-à-dire la moitié de la distance. Le passage de quelques heures sans pluie puis la pluie revenue, mais que je gère sans problème, et enfin la forme qui est là font que je ne me pose même plus la question d’abandonner ou pas au moment de repartir. Et puis en avoir bavé comme j’ai fait sur la première moitié ne m’incite pas  à jeter ces efforts aux orties mais plutôt à en tirer bénéfice pour la suite. Le point de non retour vient d’être atteint sans que je m’en rende compte et maintenant, c’est l’esprit tourné vers l’objectif final, celui de finir, le seul acceptable, que je poursuis la course.

 

A la sortie, la pluie a repris et ne cessera plus de la journée même si l’espoir du contraire nous fait avancer. A chaque sortie de ravito, il me faut courir rapidement. Si une côte se profile juste après, c’est plus compliqué. En effet, l’effet étuve de la cape ne marche que si le corps produit de l’énergie. Pour remplir mes bouteilles qui sont dans mon sac, il faut que je retire ma cape dans le ravito et elle est toute mouillée d’eau froide recto-verso lorsque je l’enfile à nouveau. Vraiment pas agréable …  Après le village du Rosier, nous traversons le vieux village perché de Pierreleau pour attaquer une montée très raide et longue vers le plateau du Causse. Sur les Templiers, j’avais remarqué que je n’ai aucun mal dans les ascensions et même  que je m’y repose, ce qui n’est pas le cas en courant ou bien dans certaines descentes.

 

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En traversant le plateau du Causse vers Saint André


Arrivé au sommet, nous traversons le long plateau du Causse en direction de St André de Vezines. C’est très roulant et je suis par moment seul dans ce paysage sauvage et inhospitalier. C’est en même temps agréable pour se ressourcer un peu et trouver un rythme intéressant. Je discute un moment avec un autre crack. Quand j’évoque l’Embrunman, il me dit qu’il l’a fait 15 fois. J’ai croisé plusieurs trailers qui avaient fait l’Embrunman, ce qui corrobore ma vision que ce type d’Ironman est fait plutôt pour les ultra-trailers que pour les triathlètes venant du courte distance. Mais cette personne avait poussé le vice beaucoup plus loin en faisant des triple Ironman (et oui ça existe) et même un improbable deca-Ironman à Mexico avec 20 participants seulement - la natation en piscine quand même ! UTMB, Paris-Brest-Paris à vélo, le monsieur avait tout fait et je suis honoré de voir qu’il ne m’a pas distancé pour autant sur ce trail à ce stade de la course. Vu les détails qu’il donnait, validés par la personne qui le suivait dans toutes ces aventures, il n’est pas impossible que ce qu’il disait soit vrai. Au cours de la traversée, le parcours nous fait passer dans une ancienne église romane en ruine ce qui fait que l’on n’ a pas d’excuse pour ne pas l’avoir regardé, puis plus loin des concrétions calcaires qui font tantôt des cheminées, tantôt des champignons dont le plus grand est appelé champignon préhistorique, de part sa taille d’une vingtaine de mètre de haut. Arrivé (assez vite) au ravito de St André au km 67, il est 14h12 et j’ai maintenant presque 3 heures d’avance sur la barrière horaire (je suis en 351eme position). J’ai plutôt faim et je mange beaucoup : taboulé, Tucs, nombreuses petites tartines au roquefort, bière sans alcool, en finissant toujours par une sucrerie à base de patte de fruit, le luxe quoi ! Un mélange sucres lents / sucres rapides avec ce qu’il faut de protides / lipides et sodium, me voilà paré pour les 40 kilomètres qui restent à parcourir. A ce ravito, j’ai revu le guide de rando qui connait bien le parcours, et en discutant il m’indique le profil à venir jusqu’au prochain ravito.

 

Dans les km qui suivent nous continuons sur ce plateau puis en descendant peu à peu, parfois en remontant, ceci pendant plusieurs km. Certaines personnes marchent déjà un peu même sur le plat. En fait, elles ne sont pas fatiguées mais ont choisi de gérer leur avance sur la barrière horaire pour bien ménager la fin de course. Cette gestion de barrière horaire est quelque chose que je n’ai jamais fait mais il est clair que dans les ultra-trails c’est une arme intéressante pour arriver à aller jusqu’au bout dans un état correct et finir, qui est somme toute le seul vrai objectif en trail. Puis la grande descente vers La Roque Ste Marguerite commence. En fait ce sont les descentes qui font surtout mal, surtout celles faites tout en retenu et en flexion, qui commence vraiment à m’attaquer les cuisses. Celle-ci parait très longue, plus longue que ne me paraissent les montées ! En même temps, c’est moins raide et donc sur les deux derniers tiers on ne fait que courir.

 

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Le passage sous la route dans le village de Roque Sainte-Marguerite avec un témoin signalétique

 

Arrivée en bas, nous rallions vers 16h16 l’avant dernier ravito du parcourt au km78 (pour 19h15 heure limite, je suis en 358eme position), stratégique, vu qu’il n’y en a plus pendant 20km et deux ascensions costauds. Pourtant, la pièce est trop petite, on se marche dessus. J’ai du mal à aller chercher à manger (encore des tartines au roquefort) et de l’eau, servi avec une cruche par une personne. Ce n’est vraiment pas pratique pour remplir une bouteille et il faut faire la queue. Alors qu’il aurait suffit de mettre quelques jerricans à disposition pour se servir soi- même. Dans tous les ravito, ça a été le même problème. En plus plusieurs personnes ont leur accompagnatrice ou bien leur famille qui les suit en voiture avec des valises de vêtements ou chaussures sèches. Un grand gaillard se change complètement avec l’aide de ses deux vieux parents, scène plutôt étrange de ce trail. En parlant avec des personnes qui s’étaient changées, elles m’ont confié que dix minutes seulement après, surtout quand une ascension dans la forêt humide suit le ravito, et bien tout est à refaire et ils sont à nouveau complètement mouillé. C’est pourquoi j’ai gardé mes habits secs dans mon sac tant que la pluie dura, c'est-à-dire jusqu’au bout. Il s’avère que je fais figure d’original sur cette course en termes d’équipement. Je n’ai pas succombé aux sirènes des vendeurs d’équipements de toutes sortes et d’aliments en gel pas vraiment naturels ni bio ... Pour moi c’est sans goretex, sans gel (uniquement du pur terroir), pas de liquide régénérant, uniquement de l’eau claire, pas de manchon aux mollets ni aux bras et enfin pas de bâton ! Tout ça mis bout  à bout est aussi bien plus économique. Par ailleurs, l’option goretex et blouson de pluie touche ses limites me dit-on à plusieurs reprises. Les concurrents sans cape et ayant misé sur des vêtements techniques sont aussi mouillés que moi mais ils n’ont pas cette bulle thermique permise par la cape. Un concurrent m’avouera être frigorifié depuis la mi-course. Je ne suis donc toujours pas convaincu par la tenue des vêtements techniques sous la pluie. En partant, je recroise notre ami guide de rando qui veut doubler les deux trails des Templier et qui s’économise. En discutant, je m’aperçois que j’ai juste oublié une montagne à franchir, en me croyant un village trop loin. De ce fait, l’unique litre d’eau que j’ai pris, comme aux autres ravito précédents, me parait un peu limite. Puis je sous-estime le temps à passer le prochain obstacle et vue la cohue pour avoir de l’eau et le fait de devoir enlever à nouveau la cape pour accéder aux bouteilles dans mon sac, je décide de repartir comme ça. Une petite erreur, qui aurait pu avoir des conséquences lourdes. A la sortie, je m’aperçois que je n’ai même pas pu m’assoir et prend quelques instant pour me poser sur un muret et reposer mes pieds.

 

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La Dourbie est trop haute et agitée pour passer sur un pont posé sur des kayaks !


Nous traversons ce magnifique village puis la Dourbie pour aller attaquer une montée raide dans la montagne qui va nous mener au village de Pierrefiche. En haut, nous longeons la falaise tout du long d’un grand cirque, ce qui me fait penser qu’il ne vaut mieux pas trébucher à cet endroit car il y a du gaz ! Le chemin suit longuement la crête avant de redescendre à nouveau pour retrouver la Dourbie. Avec la pluie qui n’a pas cessé depuis 10 heures du matin, tout est détrempé. Le chemin est devenu un ruisseau dans lequel nous courrons. J’apprécie de pouvoir faire cette descente alors qu’il fait encore jour. La terre est devenue de la boue, sur laquelle nous glissons quand la pente est raide, surtout que nous sommes en tennis et pas en chaussures de rando. Je comprends alors combien des bâtons étaient indispensables aujourd’hui, et décide de m’y mettre dès cet été ! Faute de mieux, je saisi un bâton en bois qui, avec les buis, me permettra de descendre cette patinoire de boue sans partir en ski nautique vers les pierres situées en contrebas. C’est galère comme je l’appréhendais mais au bout d’un moment, la pente est moins raide et on peut à nouveau courir. La descente est technique et interminable et il fait de plus en plus sombre. Arrivé presque en bas, je décide finalement de m’arrêter pour remettre la frontale et y voir plus clair. Entre la montée vers Pierrefiche, le passage en balcon là haut et la descente technique, il m’aura fallu 2h45 pour faire les 16km qui nous séparent du village de Massubiau au km 94. Cette année, avec les pluies, on ne traverse pas la Dourbie sur des kayacs au village de la Monna mais plus loin par le vieux pont  de Massubiau. Comme je savais qu’il me faudrait gérer l’eau, je n’ai pas trop bu, surement pas assez. Dans le village, je fini ma viande des grisons (j’en aurais mangé en tout 20 tranches soit 200g) et mon pain (j’en ai mangé en tout 4 belles tranches épaisses en plus des ravito). En reprenant la route qui nous mène vers le chemin où démarre la dernière ascension, je me dis que j’aurai du mal avec la quantité d’eau en stock. Et là, l’incroyable se produit. Un bon samaritain a garé sa voiture le long du chemin et propose à ses frais de l’eau aux concurrents qui passent. Il me propose une bouteille, je m’en saisi et en avale la moitié. Ca fait du bien ! Je ne sais comment le remercier. Cette eau arrive à point car arrivée en haut, ma bouteille sera à sec.

 

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Le Cade vu le lendemain depuis le village de Massubiau

 

La montée est donc différente dans son début comparée à l’an dernier, beaucoup moins technique (moins de prises de main nécessaire). Durant la course, j’ai aussi appris que les organisateurs avaient réduit d’un chouia la distance à 101km au lieu de 106km et le dénivelé de 4800m à 4600m du fait des conditions climatiques. C’est déjà ça de pris, tant que l’on reste un centbornard du trail à l’arrivée avec 3 pts UTMB ! Nous faisons la dernière ascension avec application en se disant que la fin ne sera pas facile du tout mais que sauf accident c’est dans la poche. Il y a une montée technique mais pas si longue en fait, où les parties varappes dans le haut sont difficiles à faire sans se marcher sur la cape. Je glisse souvent pour monter sur les blocs de pierre glissant comme des savonnettes. Je suis obligé de la rentrer dans mon short au bout d’un moment ! On arrive assez vite à la route, presque en haut, les jambes font bien mal maintenant,  et il reste quelques kilomètres à faire dans la forêt avant d’arriver à la ferme du Cade où se trouve le dernier ravito. Il est 20h59 quand nous arrivons et il n’y a plus de barrière horaire. Je suis en 354eme position. Ce ravito je le connais bien pour l’avoir fréquenté l’an dernier. Chaleureux, bien garni, on apprécie la soupe chaude et son confort. Mais attention, avec la pluie, il ne vaut mieux pas trop s’attarder car la descente que je connais aussi est hyper raide, boueuse à souhait et il ne vaut mieux pas être refroidi lorsqu’on l’entreprendra. Alors je ne reste qu’un petit quart d’heure à peine, passe une veste technique que j’avais ce matin en venant de l’hôtel car la température a baissé et repars vers 21h15 pour la dernière partie, il reste 3,5 km mais ça fait peur.

 

Peu après la sortie, je dépasse un groupe qui marche désormais. Moi, il me faut le chauffage central sous la cape et donc j’ai besoin de courir. Et puis je suis pressé d’en finir. Je pense à cette personne avec qui j’avais fait le marathon de l’Embrunman et qui chaque fois qu’on se demandait si on allait marcher, disait toujours : on court jusqu’au bout ! Pour moi en trail, c’est pareil, j’ai toujours couru jusqu’au bout et ici ce sera la même chose. Alors je pars devant, seul dans la forêt noire et épaisse. Les nuages sont maintenant descendus et enveloppent le haut du causse sur lequel je cours. Cette brume me renvoie la lumière et il est difficile de voir loin les bandes réfléchissantes qui indiquent le parcours à suivre. Il ne faut pas que je me perde ou rate un embranchement car alors je peux perdre beaucoup de temps à errer dans la forêt ! Heureusement, au bout d’un moment, je rattrape des gens qui obliquent sur la gauche vers un chemin : c’est là qu’on tourne. On passe au travers de la grotte du Hibou, un grand classique des Templiers avant d’attaquer la descente tant redoutée. Je ne serai pas déçu. Armé d’un bâton, je glisse souvent, tombe plusieurs fois sur le dos. Une fois je tombe sur une grosse racine qui me rentre dans le bas du dos. Une autre fois, je me retrouve à nouveau par terre sur le dos, la jambe droite complètement repliée, comme pour un étirement, sauf que ça fait plusieurs heures que j’avais trop mal pour la plier complètement ! Heureusement, je n’ai pas cassé le muscle et ça a l’air d’aller. La partie raide et boueuse entrecoupée de grosses pierres est vraiment dure à passer. Il y a même des moments où je me suis demandé si j’allais pouvoir passer, juste avec mon bout de bois. Dans la nuit, je n’ai plus la souplesse des jambes pour passer d’un obstacle à l’autre tel un cabri et avec cette patinoire, je n’ai pas droit à l’erreur. Je progresse pas à pas et me fais doubler par quelques concurrents qui trouvent encore des appuis en descente. J’estime avoir perdu une heure en tout dans les deux dernières descentes boueuses que du fait de ne pas avoir de vrai bâton. Par moment, j’ai dans la tête la chanson tout en délicatesse « Love » de John Lennon, tantôt c’est nuit et brume qui me fait penser à Nuit et Brouillard et les pensées sombres m’envahissent. Je pense à la souffrance de tous ces gens dans les camps, comment ils ont vécu le transport dans les convois … L’obscurité, la galère et la pluie ont dirigés mes pensées vers ce contexte plutôt qu’un autre, c’est un peu effrayant mais c’est vrai que dans cette descente qui n’en fini pas, je me sens prisonnier de ce tracé sur lequel je n’ai pas prise et l’obscurité ne me renvoie plus que mes souffrances physiques et surtout mentales. Je réclame et crie « Du béton et du bitume ! Marre de la forêt et de la boue ! » Enfin, beaucoup, beaucoup plus bas, on atteint enfin la lisière de la forêt pour rejoindre les zones cultivées où l’on peut à nouveau courir.

 

Soudain, la délivrance ! On aperçoit alors les lumières de Millau puis celles de l’arrivée mais on ne  perçoit pas encore la voix du speaker. Je me dis de savourer ces derniers kilomètres car ce n’est pas tous les jours qu’on fini un 100 bornes. Puis l’arrivée approche, c’est l’euphorie parmi les concurrents, les jeunes femmes du trail du Viaduc (un 40 km) nous rejoignent sur le parcours pour finir en beauté à nos côtés. Je passe la ligne le point levé, il est 22H45, j’ai mis une heure vingt pour faire les derniers 3.5 km … En réalisant un temps de 18h44’28 j’ai 3h15 d’avance sur les barrières horaires et je fais un temps plus que correct. Je fini en 362eme position sur seulement 515 arrivants. Cela fait 101 abandons soit 20% des partants ce qui est beaucoup.  Mon classement semble situé plus vers les 2/3 que la moitié pour la course de 78 km de l’an dernier. Ceci est trompeur car 200 personnes auraient du être parmi nous et ne sont pas venues ou ont abandonnés et je me dis que ce ne sont pas les meilleurs… Beaucoup d’entre elles auraient pu être derrière moi à l’arrivée ce qui m’aurait mécaniquement remonté dans le classement. Mais aujourd’hui, je n’ai eu face à moi que des durs à cuire ou bien des cracks du longue distance alors je suis très fier de mon classement. Autre point, mon classement est resté presque inchangé tout du long de la course, à la différence de l’an dernier sur le 78km où j’avais dépassé beaucoup de monde sur la dernière partie sans pour autant avoir accéléré. Ici j’ai eu affaire à des concurrents aguerris qui ont gardé, comme moi, un rythme assez constant tout au long de l’épreuve, ce qui a permis de courir à peu près avec la même troupe et ainsi de créer une certaine proximité avec eux.

 

Je suis dans un assez bon état physique à l’arrivée même si tout et relatif. Ainsi, après avoir pris ma médaille et le maillot, c’est en courant que j’ai fait les deux km qui me séparent de mon hôtel en centre ville, chauffage central sous cape oblige. Après la douche en revanche, c’était fini, je ne pouvais plus courir. 3 jours après toujours pas d’ailleurs. Les courbatures que j’ai ressenties partout sur le corps, sur les jambes bien sur incluant mollets et chevilles mais aussi dans les abdos, bras, épaules et dos me font penser que faire un trail dans ces conditions est finalement un sport complet qui va bien plus loin que juste de la course à pied.

 

Alors après ce trail, les impressions sont mitigées. D’un coté, j’ai atteint l’objectif, qui plus est dans des conditions on peut difficilement faire pis et avec un classement plus qu’honorable. J’ai battu mon record de distance et de dénivelé en course, ainsi que mon plus long temps passé en course, bien au-delà de l’Embrunman. De l’autre je n’ai pas pris de plaisir et je me demande le sens d’en avoir bavé tout du long comme ça. Heureusement que j’ai pris du plaisir dans la préparation, avec les sorties d’entrainement au long cours dans la forêt de Versailles. En fait comparativement à l’Embrunman, je ne peux pas dire que j’ai davantage souffert physiquement. Ce trail a été fait au mental et bien plus qu’à l’Embrunman, c’est la  souffrance morale qui a été très forte, sous la pluie dans la nuit et la brume, parfois seul à patauger dans la boue dans des pentes fortes et dangereuses … A la différence de l’Embrunman où je n’arrivais plus à redescendre sur terre tant j’étais à la fois comptant et fatigué, ici, je suis fatigué et dans un spleen global qui n’arrange rien.

 

Pourtant j’ai appris des choses sur ce trail et cela n’a pas de prix. Alors oui j’ai maintenant en main les 7 pts UTMB dont j’avais besoin mais pour en faire quoi, je dois dire que je ne sais pas encore. Surtout que doubler le dénivelé de l’Endurance Trail demandera une certaine adaptation. A méditer durant les longs mois d’hivers à venir et que je vais consacrer à la récupération par le golf et l’astronomie. Il faut que je refasse un trail sous le soleil pour rappeler à mon esprit qu’on peut prendre du plaisir en course. Tiens en attendant, je vais me réchauffer le moral en relisant le compte rendu ensoleillé du trail 2012 de la Pointe du Pays de Caux …

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 18:58

L’entrainement touche à sa fin. Cela fait 7 semaines que je cours plus de 400 minutes par semaine. Je compte en minutes, c’est plus simple. Cet entrainement a été basé sur 2 sorties de 80 minutes environ sur un circuit bosselé en forêt, suivi d’une sortie longue le vendredi soir de 2h40 toujours en forêt avec environ 300m de dénivelé puis d’une sortie avec 200 m de dénivellé le dimanche matin de 90 mn environ. Cela permet d’avoir à la fois un fond d’endurance tout en se ménageant 3 jours de repos, ce qui est important pour éviter les tendinites ou autres problèmes.

 

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Lever de pleine lune sur le très joli étang d’Ursine à Vélizy-Chaville que je ne manque jamais au retour de ma sortie longue qui me mène jusque Versailles.

 

J’ai démarré cette préparation à la sortie de l’Ironman juste après une semaine légère avec deux sorties seulement. Mon état de forme a bien évolué pendant ces 7 semaines. Au début, je me sentais fatigué, sans grande énergie, un peu normal après une telle épreuve. En plus, l’effet du passage en altitude est négatif dans les deux semaines qui suivent le retour en plaine puis positif au bout de 3 semaines. Cela a correspondu au trail de la pointe de Caux que j’ai fait en grande forme. Après ce trail, j’ai déroulé l’entrainement en constatant une certaine facilité, une bonne motivation et un rythme un peu plus soutenu sans même forcer. Pour la première fois depuis que je fais des courses, j’ai dépassé 400mn/semaine chaque semaine alors qu’en général je ne passais ce stade que 2 fois durant les préparations des autres courses. En plus j’ai effectué 7 fois une sortie longue de 2h40 (162 à 175 mn selon) tandis que c’était plutôt une semaine sur deux pour les trails précédants.

J’ai donc serré un peu les boulons pour cette distance qui va passer de 80 km à 106 km, et un dénivelé qui passe de 3000m à 4500m. Quand je discute avec des personnes qui font de l’ultra trail, leurs entrainements ne sont pas très différents. Honnêtement, je ne pouvais pas faire beaucoup plus tout en reconnaissant une gestion parfaite des mes activités professionnelles, des élections professionnelles où j’ai été élu, des élections de parents d’élèves au lycée où j’ai été aussi élu ainsi que des cours de golf que je prends et enfin de mon mandat national auprès de l’UNAAPE. Parfois ça se bouscule mais avec un bon outlook, j’arrive à gérer l’ensemble, le plus souvent en mangeant un sandwich le midi quand même !

Les deux dernières semaines sont particulières, on appelle cela l’affinage. Clairement vendredi, je serai à moins d’une semaine de la course donc je ne vais pas fatiguer mon corps par des activités trop soutenues. Il s’agit de récupérer tout en gardant la forme.  Donc cette semaine ce sera deux sorties classiques de 80 mn puis jeudi ou vendredi selon le temps une sortie longue de 2h sans trop de dénivelé puis une dernière sortie samedi ou dimanche. Ensuite repos complet jusque vendredi en faisant attention à ne pas prendre de poids avant la phase glucidique que je démarrerai le mardi. Après tout se joue sur le terrain, selon la résistance de chacun, selon la capacité de chacun à se régénérer au niveau alimentaire pendant la course. Et si l’on se ménage en course, la distance peut alors être presque sans limite. De la théorie à la pratique, il y a encore du chemin (106 km) et c’est ce que nous verrons vendredi 26 octobre à partir de 4h00 du matin.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 20:20

Pour la deuxième année consécutive, je suis de retour sur ce trail. Les raisons sont simples. A un peu plus d’un mois des Templiers, cette course normande est pour mois placée à une date parfaite pour sa préparation. Comme pour un marathon où l’on fait un semi quatre semaines avant, je fais mon semi aussi mais pour un 100km, le semi c’est un 50 km ! J’ai refait un bon foncier après l’Embruman, ici cela va permettre de regarder un peu  où j’en suis. L’idée est aussi de tester les aspects nutritionnels (et aussi pour le paysage magnifique !). Car ce trail, même s’il parait tranquille sur le papier s’est durci d’année en année jusqu’à être maintenant proche du point UTMB. Par rapport à l’an dernier, deux changements importants : un, il fait grand soleil et deux, on est passé de 500m D+ à 800m D+ et à 51 km au lieu de 47 km.

 

Pour le moment, il est 7h25 et nous sommes assis à l’arrière du car qui nous amène au départ à Gournay en Caux (à Gonfreville l’Orcher dans la périphérie du Havre) depuis Etretat. Je discute avec la personne assise devant moi qui s’est présentée à la porte du car comme venant du team Brook. Je lui pose la question sur ce qu’est ce team et il me dit qu’en fait il connaît un patron de la boite Brook. Voilà la glace est brisée et nous sommes maintenant à parler triathlon car ce monsieur vient de ce monde là. Quelques Ironman (Nice et Cambrai), du 100km (Millau et Stenwerk), c’est du lourd. Mais le gars n’a pas fait l’Ironman d’Embrun, lui ! Blague à part, en fait, c’est parce qu’en fait il ne peut pas prendre de congés en août, alors pour lui, pas d’Embruman ni d’UTMB 

 

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A l’arrière du car,  les trailers tiennent salon. Il y a aussi du lourd. J’avais remarqué ça l’an dernier, ce trail attire des gens qui ont déjà vu du terrain en matière de trail. Comment l’expliquer ? La date, surement, bien placée pour préparer les grands trail d’automne. Et aussi des personnes qui ont déjà tout fait et qui viennent ici pour se rappeler des émotions passées tout se limitant à un trail pas trop ultra et surtout très sympa. Et comme agence de conseil en trails, il n’y a pas mieux que ce salon ! Alors, tout en regardant à travers la vitre du car le soleil se lever, on parle de trail. Ecotrail à Paris, Urbantrail à Lyon, Templiers puis Trail des Hospitalier dont j’avais vaguement entendu parler. En fait il s’agit du trail historique des Templiers c'est-à-dire partant de Nans, et qui reprend le parcourt du premier ultratrail jamais organisé en France  il y a plus de 10 ans. Retour au mythe d’origine avec ce trail des Hospitaliers, surtout que les Templiers sont maintenant perçus comme un peu trop courus par ces historiques de la discipline.

 

On peut aussi faire ce trail pour trois spécificités qui lui sont propres. La première nous y sommes, c’est l’organisation de l’avant-course. Je détaillerai les deux suivantes plus loin. Dans la salle où nous nous préparons tranquillement au chaud, on nous propose café / croissant pour tromper l’ennui et aussi parce qu’avant 7h, les hôtels ne proposent pas le petit dej et les bistrots sont fermés le dimanche à cette heure là. Et avant un trail, il faut manger. Non seulement les deux ou trois jours qui précédent et qui font qu’on arrive rempli à bloc de glycogène au départ. Mais ces réserves ne vont durer que trois heures maximum. Il faut donc refaire ces réserves au fur et à mesure de la course. Notamment en mangeant du solide juste avant de partir et aussi pendant la première partie de la course. Voilà ce qui distingue le trail du cross, c’est le fait qu’il faut être capable de digérer et de re-fabriquer son énergie tout en courant. C’est le cas pour des courses de plus de 4 heures, comme sur ce trail ci qui a tout d’un grand et ultra trail ! Les personnes étendues au sol après 40 km et fauchés par des crampes témoigneront de cette vérité.

 

Le départ est donné après un hommage donné sous forme d’applaudissements à un des organisateurs décédés cette année. Instant émouvant et qui est tout à fait dans la suite logique de toute la gentillesse montrée par les organisateurs et les bénévoles présents tout au long du parcourt.

 

Si le soleil est attendu, cette matinée de septembre n’est pas trop fraiche et il fait déjà bon à l’heure du départ (9h). Comme toujours ça part très vite. En effet, une boucle est réalisée dans le village afin d’espacer les coureurs avant la première difficulté qui crée immanquablement un bouchon (le seul). Alors ça fonce pour être dans le bon wagon et éviter ce bouchon, surtout pour ceux prenant le premier relai. Pour ma part, j’ai passé l’âge de jouer à ça et démarre tranquille. D’ailleurs, je me sens plutôt lourd, on ne peut pas dire que j’ai de bonnes sensations, surement la nourriture ingurgitée depuis ce matin. Je me demande ce que je suis venu faire là. Ah oui, préparer les Templiers ! Mais les doutes vont vite laisser place à l’espoir. Passé la première côte, on traverse un paysage de champs cultivés (maïs, luzerne, …) avec la compagnie des chasseurs qui canardent de tous côtés. Il se trouve que la chasse a ouvert deux semaines plus tôt cette année. Nous plaidons l’innocence en levant les bras ! Puis, peu à peu, les muscles chauffent et le corps trouve peu à peu son rythme.

 

Après un peu moins d’une heure de course, j’entame mon premier ravito perso. L’idée est d’en prendre un à chaque heure jusqu’au 3 heures de course. Comme mes ravitos sont assez complexes (et longs) à digérer (pain complet énergie à base de noisettes, figues, …) accompagné de viande des grisons, je prévois de passer aux sucres rapides (avec parcimonie) sur les deux dernières heures. En effet, je fini en général à bloc les trails car je touche les bénéfices de mes ravitos de la première partie tandis que je suis un peu lourdaud sur le début. Mon premier ravito perso fut pris quinze minutes avant le départ (du pain énergie et la viande de grisons) et nous voici au ravito perso de la première heure.

 

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La course se poursuit et nous voilà déjà arrivé à la rivière au bout d’une heure quinze de course. C’est la seconde spécificité de cette course, à savoir qu’il faut courir dans 40 cm d’eau pendant quelques mètres. Au début, ça fait peur. Mais avec l’expérience, et des elasto autour de chaque orteil la peau est suffisamment protégé pour gérer l’humidité dans la chaussure (qui sèche vite en fait) et éviter d’avoir les pieds en sang plus tard.

Au bout d’une 1h24 nous arrivons au ravito de Rolleville (14,5 km). Le rythme n’est pas si lent que ça puisque ça fait 14.5 km que l’on est parti. Je termine mon litre d’eau et fait le plein. Je ne prends pas grand-chose, j’ai tout sur moi, et je repars.

 

Un peu après ce ravito, à la sortie d’un chemin, je me retrouve sur une route et face à la troisième spécificité de ce trail. Ici il y en a qui se sont perdus et que l’on a pu revu ! Eh oui ici on se perd parfois. Encore quelque chose qui fait de ce trail un grand trail car il faut courir intelligemment. Et là, comme je n’étais pas encore bien réveillé, j’ai encore appris qu’en cas de doute, il faut stopper et non continuer. En plus quand je suis arrivé à l’intersection, il y avait des gens devant moi. Et tout d’un coup, ils avaient disparu ! Mystère et boule de gomme, je me demande bien où aller et ne sais où. Le pis, c’est que des personnes du relai m’ont suivi en toute confiance. Au bout d’un moment, je leur explique qu’on a du se gourer mais comme elles ont des écouteurs sur la tête elles n’entendent rien alors je les laisse se débrouiller et fais demi-tour. L’organisation devrait d’ailleurs proscrire les écouteurs car cela va à l’encontre de l’esprit trail où tout le monde se parle et même si les relayeurs ne font qu’une portion du parcourt, ça n’est pas une raison. D’ailleurs, je n’ai vu aucun trailer du 51 km avec écouteurs. Aux US, les écouteurs sont interdits sur marathon pour des raisons de sécurité, vu que l’on ne peut pas prévenir quelqu’un en cas de danger imminent. Après avoir fait demi-tour, je cherche le chemin dans le sens opposé de la route mais sans succès et là je tombe sur quelqu’un qui cherche des infos au téléphone et qui m’explique qu’en fait il fallait faire un demi-tour complet à la sortie du chemin et que la bonne direction était derrière nous à ce moment là.

 

Mis à part cette péripétie qui a du me faire perdre entre 5 et 10 minutes, je suis de retour sur le parcours. Au bout de 2h, je suis maintenant dans le rythme mais j’ai pas mal de douleurs aux jambes. Elles vont finir de disparaitre dans la 3eme heure. A ce moment je le sais car j’ai déjà connu ça dans les deux ultratrails que j’ai fait. Vers le km 25, nous avons le bonheur de trouver un point d’eau avec musique. Il est organisé par quelqu’un qui semble en dehors de l’organisation car c’est fait maison. Deux verres d’eau sur la tête et deux autres derrière la cravate, ça fait du bien car j’avais déjà bien chaud ! Il n’est pourtant que 11h mais il n’y a pas un souffle d’air.

 

Jusqu’au km30, nous empruntons un chemin assez cassant suivant des voies de passage dans les champs. Le sol n’est pas rectiligne, très bosselé et caché sous de l’herbe, ce qui fait qu’on ne peut pas prévoir où on pose le pied et fatigue bien les appuis. Peu de bitume donc et surtout des ornières dans les champs.

 

En ralliant le ravito du km30, je rattrape avec un frère d’Ecotrail 80km que j’avais déjà doublé tout à l’heure avant de me tromper de chemin. Nous discutons et j’apprends qu’il a fait et fini l’UTMB en 43 heures. Du lourd. Le premier que je rencontre qui fini un UTMB. Il ne va pas bien vite, n’est pas très léger mais il coure avec un bon rythme, solide. Il me transmet quelques tuyaux comme le fait de savoir faire de grande pose pour bien récupérer avant les portions difficiles. Au ravito du 30, je le perds tandis que je termine ma bouteille (il restait 1 bon tiers !). Je mange un morceau de banane, prends un coca et fais le plein. Je ne prends rien de solide car j’ai envie d’être plus léger sur le final et de ne pas être tout le temps en train de digérer. Je ne prendrai d’ailleurs pas mon ravito perso prévu après le km30 afin de rester léger en course.

 

Au bout d’un km ou deux, je suis rattrapé par deux relayeurs ayant un bon rythme (dont une gazelle que je salut, elles sont si rares sur ce trail). Et là je m’interroge. Les laisser partir ou bien s’accrocher. En même temps, je me dis que les relayeurs sont aussi là pour relancer les trailers et donner du rythme à la course. Alors je décide de donner un petit coup de rein pour les rattraper et les suivre. Ils vont vite pour un trailer qui a déjà fait 30km, ca fait un peu mal mais c’est tout à fait supportable et grâce à eux deux, je m’accroche.

 

Dans ces 20 derniers km , le parcours est plus roulant avec davantage de chemins gravillonnés, voire bitumés. Nous traversons une alternance de plaines et de sous-bois. Au bout de quelques kilomètres, pour la 3eme fois nous doublons (car nous sommes trois maintenant) mon copain de l’Ecotrail, ce sera la dernière, il ne me reverra plus ! Au fur et à mesure des kilomètres, la vitesse des relayeurs faiblit un peu et je les suis de mieux en mieux. Vers le km40, tandis que la relayeuse mange quelques saletés à base de gel sur les conseils de son coach de mari, j’en profite pour prendre une barre de céréale au chocolat pour le final.

 

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Le finale de la course se fait sur les falaises de la cote d’Albâtre. L’arrivée près de la grande bleue nous donne un peu d’air frais avec la brise marine et nous fait du bien alors que le soleil est maintenant bien haut (il est 13h environ). Mais ce finale est aussi plus pentu et technique. Surtout depuis cette année où l’on devra escalader deux fois la falaise. Nous grimpons une première grosse côte suivie d’un replat. La gazelle du relai n’a pas les jambes pour récupérer de la côte et péte une clim. Moi, je me sens très bien (je récupère dans les côtes !) et donc je lache mes lièvres ainsi que les chevaux ! Ce couple arrivera qq minutes après moi et la gazelle ratera de peu le podium relai fille. Nous redescendons dans un creux puis remontons pour longer le golf puis enfin descendre dans Etretat. Ma chérie est là pour me photographier, j’apprécie.

 

Arrivée sur la digue, je constate que je n’ai plus d’eau. Pourtant la course est loin d’être terminée car nous remontons de l’autre coté de la digue par une petite route à 10% de pente. Cette côte va bien au delà de la chapelle qui pourtant au sommet de la falaise est suivi d’un chemin technique en descente,  puis d’une remontée. Nous débouchons sur une grande boucle de 2 km sur un chemin sur le plateau de la falaise nord. Puis retour sur la chapelle et descente par l’escalier vers la digue pour l’arrivée. Sans eau, sous le soleil, ce final est assez éprouvant et plusieurs concurrent s’en sont plaints … Je termine en solitaire en 65eme position en 5h19’29s.

 

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Dominique Bayart vous salue bien !

 

Le bilan de ce trail est intéressant. En premier lieu, la fraicheur mentale est revenue. J’ai eu la grinta et même si je n’ai pas couru contre le chrono, je n’ai pas pu m’empêcher de suivre les relayeurs pour faire un temps. Au risque de fatiguer un peu mes jambes mais il reste presque un mois et demi avant les Templiers, j’ai le temps de récupérer. Ensuite, j’ai encore appris sur la diététique pour le trail. Le pain que j’ai pris ici était trop complet, trop difficile à digérer. Il me faudra un pain énergie blanc, surement maison. La viande des grisons est validée à nouveau pour son apport en sodium, sels minéraux et en protide/lipide. Et j’ai aussi passé un cap au niveau du rythme. Après deux jours de repos complet, j’ai repris mon entrainement en soirée dans le bois de Clamart : un parcours fait tranquiloux sur environ 80mn à 85 mn selon les soirs. Aujourd’hui jeudi c’était 78 mn sans forcer !

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 19:48

Depuis le 15 août et cet Embruman où j’ai laissé ma trace, comparé aux ultra-trails que j’ai déjà faits, beaucoup plus de personnes de mon entourage que d’habitude ont été impressionné par cette performance. Pourtant ce n’était peut être pas vraiment beaucoup plus difficile à realiser. Et une question qui m'est souvent revenue portait sur comment je m’en suis remis. A vrai dire, sur un Ironman, physiquement, on ne pousse pas le corps aussi loin qu’en ultra-trail. Je m’explique. Un triathlon, c’est un mix de trois épreuves qui prises séparément sont très faisables chacune individuellement. C’est la somme des trois épreuves qui est difficile à faire bout à bout et pas parce que le corps n’en peut plus, non, les épreuves sont suffisamment différentes pour fatiguer des parties différentes du corps. C’est comme je l’ai déjà mentionné sur ce blog du fait de la consommation des réserves énergétiques que l’enchainement des trois épreuves est difficile. Vu que j’ai fini l’épreuve sans avoir consommé toutes mes réserves, ce n’est pas l’effort physique qui m’a atteint. D’ailleurs, dès le lendemain, je pouvais sauter et marcher vite, ce que je n’arrive pas à faire après un ultra-trail de 80 km. Et pourtant, qu’il est difficile d’enchainer derrière. On est comme vidé, comme ci on n’avait plus d’énergie. C’est ce que je ressens après chaque grande épreuve. Les hormones qui nous font avancer (adrénaline entre autres) sont moins efficaces. Pendant les deux semaines qui ont suivi l’Ironman, je n’ai pas eu l’envie ou l’énergie de me lancer dans des activités importantes que ce soit au niveau personnel ou professionnel. En général, c’est une période portée sur la réflexion et sur la suite à donner. Ici, la suite est connue d’avance, c’est un 106 km dans les Templiers fin octobre et ça doit commencer à se préparer dès maintenant. Initialement, l’Embrunman, c’était pour « rigoler », voir ce que je pouvais donner, sans me mettre la pression. Sauf que je me suis pris au jeu, j’ai préparé cette compétition avec le sérieux qu’il fallait et j’ai tout donné le jour de l’épreuve, riche en émotions comme je n’ai jamais eu. Et justement, les émotions sont commandées par les hormones et ça ne fonctionne pas comme ça en appuyant sur un bouton, il y a une période de creux après un pic d’activité.

 

Pourtant il y a des signes qui ne trompent pas. En ce dernier week-end d’aout, je m’en vais faire le marché en écoutant la radio FIP, pourtant peu portée sur le sport. Et voilà-t-y pas qu’aux brefs de 10h-10, FIP nous donne le classement de l’arrivée de l’Ultra-trail du Mont Blanc (UTMB) ! Un premier message pour me faire passer de la nostalgie de l’Embrunman à mon prochain objectif non avoué complètement  qui est de faire l’UTMB. Le week-end précédant, dans la feuille de choux des informations locales à Dunkerque où nous étions, que vois-je, une page entière consacré à l’UTMB parce que des gars du coin y étaient. L’UTMB me suis maintenant partout, impossible de m’en défaire …

 

En premier lieu pour refaire du jus mentalement, il me faut oublier un peu l’Embrunman et passer dans ma tête à autre chose. La rentrée des classes avec toute l’activité afférente m’y a aidé. Il me fallait faire en sorte que l’Embrunman appartienne au passé et me projeter sur l’avenir. La semaine dernière, j’ai donc repris l’entrainement en cette troisième semaine après l’Ironman, sans grande conviction, juste pour faire le boulot. Et j’ai enchainé 3 sorties en forêt d’une heure vingt suivi d’une sortie longue de presque 3 heures pour retrouver les sensations de trailers que j’avais un peu oubliées avec cette préparation spécifique au triathlon qui a duré 5 mois. Cette semaine ci, j’ai essayé de retrouvé un bon poids (il y a 4500 m à grimper aux Templiers !) et j’ai rempilé pour le même programme. Avec une différence, j’ai fait ma sortie longue le vendredi soir (les jours sont encore longs) ce qui m’a permis de refaire une sortie à la fraiche le dimanche matin d’une centaine de minutes. J’y ai testé et découvert un nouvelle itinéraire dans ces bois de Meudon que je connais pourtant bien, alors satisfaction ! C’est en suivant deux coureurs à l’allure de trailers que j’ai trouvé ce nouveau chemin. En les recroisant plus tard, l’un d’entre eux avait le maillot de l’UTMB … Damned. Ce 106 km des Templiers, si j’arrive à le terminer dans les temps, c’est celui qui me donnera les 3 points UTMB qui me manquent pour atteindre le nouveau total de 7 points requis pour prétendre m’inscrire. Alors en ce moment, je suis à l’affut de tout ce qui touche à l’UTMB parce que je sais que peut-être dans moins d’un an, si je suis tiré au sort (car il y a trop d’inscrit), je serai moi aussi sur la ligne de départ. D’ailleurs, hier, je suis allé chez mon fournisseur trail (Endurance Shop à Versailles) tenu par celui qui m’a poussé à faire l’Embrunman et qui a fait plusieurs fois l’UTMB (sans en terminer aucun m’a-t-il avoué). Là, j’y trouve près de la caisse, un ouvrage écrit par un groupe de trailers qui ont préparé et fait l’UTMB. Je l’ai acheté car pour se mettre dans l’ambiance et glaner quelques conseils ça peut être utile. En plus, acheter une nouvelle paire de Cascadia (chaussures de trail de la marque Brooks), et les mettre pour la première fois est toujours qq chose de sympa surtout que mes anciennes Cascadia étaient fatiguées après un Templier, un Ecotrail et un Embrunman !

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Souvenir des Templiers 2011à l'aube sous un ciel couvert

 

Voilà, j’ai maintenant bien basculé dans la préparation des Templiers avec en filigrane l’UTMB en aout 2013. Je mets en place un bon foncier à base de 7 heures de courses hebdomadaire réparti sur 4 jours. La semaine prochaine, je retourne comme l’an dernier au trail très verdoyant de la Pointe de Caux qui relie Le Havre à Etretat par les chemins. Je l’avais fait sous une pluie diluvienne l’an dernier pour mon baptême du trail long (50 km) car il est bien positionné par rapport à la date des Templiers. Cette  année le temps ne peut pas être pis alors je suis bien content de m’y rendre, je vous raconterai bien sur …

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 19:29

Une fois arrivé à ma chaise, je suis bien content d’être là surtout que je constate que j’ai trois quart d’heure d’avance sur la barrière horaire. Je peux me payer le luxe de gérer mon temps et ma transition. Et là coup de chance, je tombe sur deux personnes qui proposent de me masser. Je me dis qu’il faut refaire les batteries avant le marathon et c’est en mangeant ma banane que je me fais masser les jambes. Précaution utile pour les crampes. Je prends le temps d’enlever mon cuissard et de mettre mon short de course à pied (personnalisé avec une poche intérieure cousue qui contient un ravito solide) et de passer un maillot respirant type marcel adapté à la course à pied en pleine chaleur. Dernière recommandation des masseurs : bien mouiller ma casquette avant de partir. J’avais en tête de bien soigner cette transition car on n’entame pas un marathon la fleur au fusil. Combien de concurrents je verrai fauché d’un seul coup par une crise de crampes qui ne passe pas et obligé de finir en marchant (au mieux). Pourtant cela ne m’a pris que 10 minutes, comme prévu.

 

C’est grâce à ça et aux multiples épongeages que  je n’ai pas trop souffert de la  chaleur dans le marathon. Il est 16h45 et la chaleur atteint son pic et me voilà parti avec un grand point d’interrogation dans la tête. En même temps, je n’étais pas certain de pouvoir courir ce marathon alors je suis bien content d’être encore là à ce stade de la course et de pouvoir encore être en situation de course. Ce treizième marathon pour moi est assez particulier par le fait que le ticket d’entrée est difficile à obtenir puisqu’il s’agit d’avoir fait au préalable la natation et le vélo dans les temps ce qui n’est pas si simple …

 

Au bout de quelques minutes, je dois me rendre à l’évidence, miracle ! les jambes fonctionnent … je n’ai pas vraiment mal, je vais donc m’appliquer à trouver un rythme qui permet de s’économiser. Mais déjà, juste après la sortie du parc, une belle côte assez courte s’annonce, et que j’avais repéré en mai dernier. Inutile de la monter en courant, en plus marcher dans les cotes étire les mollets et les tendons.

 

J’avais prévu de faire ce marathon en mode trail. Vu notre état, il était clair que je  partais pour un marathon d’une durée d’environ 5h ce qui correspond à une allure type ultra trail (8 km/h). Cela veut dire que je pourrai digérer ce que je veux. Ma stratégie est donc de m’économiser tout au long du parcours, par exemple en marchant dès que la pente monte et en courant en souplesse sans s’épuiser inutilement. Psychologiquement, je n’aborde pas ce marathon comme un 42,195km à parcourir mais plutôt comme un 8x5000m au sens que l’objectif c’est chaque jalon de 5000m à couvrir, sans se projeter plus que ça dans le reste de la course. C’est une technique que j’avais éprouvé à mon dernier marathon il y a plus d’un an car il intervenait deux semaines après un autre marathon fait à vitesse VMA dont j’avais quelques séquelles. Avoir comme objectif d’être finisher d’un 5000m comme première étape sans rien d’autre comme objectif est bien plus simple à envisager quand on se sent fragilisé qu’une montagne de 42,195km.

 

Après un kilomètre ou deux je me retrouve en compagnie d’une  gazelle, espèce rare sur cet Ironman (50 participantes sur plus de mille inscrits). En course j’apprécie depuis toujours la compagnie féminine pour sa souplesse de course et sa délicatesse dans cette épreuve de brut que nous traversons.

 

Pour le moment, je m’affaire à essayer de me remettre l’estomac à l’endroit après tout ce tout ce que j’ai y accumulé pendant le vélo pour pouvoir manger à nouveau. Je sais que cela va me prendre un peu de temps avant de bien se sentir. En même temps, je n’ai pas les jambes coupées, surement grâce au 1O mn de pause au parc à vélo et aux quelques minutes de massages.

 

Pendant quelques kilomètres, nous courons ensemble et parlons un peu. Et c’est fou pour moi chanter à vélo ou parler en courant me fait oublier la difficulté de l’épreuve et les souffrances. C’est ainsi qu’on voie les panneaux kilométrique défiler mais on ne sait pas comment vraiment les prendre vu que les distances sont pour les deux boucles à la fois.  Au km3, je sors de mon short mes tartines et ma charcuterie. Deux bonnes tartines de pain energie avec 8 tranches de viandes des grisons. Tout le monde me regarde avec des yeux ronds  car ces personnes viennent du tri et non de l’ultra trail comme moi. La suite me donnera raison sur leurs tubes de gels antioxydant and co.

 

On passe le km4 assez vite (ça me parait suspect par rapport aux temps mis). Comme on parle et qu’on traverse la ville, il y a beaucoup d’animation, tout le monde nous encourage et ça passe comme ça plus vite. Le premier 5000m est ainsi rapidement couvert ce qui est rassurant.

 

Nous traversons la rue piétonne vers 18h à l’heure de l’apero et l’ambiance y est. On nous encourage la bière à la main depuis les terrasses, certains même devant une assiette de frites … Les caissières des magasins sont sorties et tapent avec des cintres pour faire du bruit !

 

Embrunman CAP

 

Dans la rue piétonne en terminant mon ravito miracle, pur terroir

 

On sent toute la ville mobilisé autour de cet ironman, aussi bien au niveau des bénévoles que des habitants, et ça va durer pendant plus de 21km de chacune des boucles à franchir. Les gens ont pris la peine de récupérer le listing des participants dans le but d’y chercher notre prénom à partir du numéro de dossard afin de nous encourager. On sort ensuite de la ville et partons dans la campagne. Suite à un ravito entre le km5 et le km10, je perds la gazelle comme ça arrive souvent et je me retrouve seul et après le second 5000m c’est plus dur. Heureusement vers le km17, lorsqu’on arrive aux Baratiers la folie est descendue dans la rue. Tous les villageois  se sont regroupés et ont placé en éclaireur un enfant qui leur crie au loin notre numéro de dossard. Ainsi cela leur laisse le temps de chercher notre prénom dans le listing et de le reprendre tous en cœur à pleins poumons en tapant sur des tonneaux en fer, faisant un bruit d’enfer rien que pour nous. L’émotion me rattrape chaque fois que j’y repense, tout comme j’ai laissé échapper une larme à la sortie de ce passage devant tant d’engagement offerts de leur part. Quand on pense que le marathon a commencé depuis 13h et qu’ils ont passé toute l’après midi dans la chaleur à encourager les gens. Au deuxième tour nous avions prévu nous arrêter pour les embrasser mais il était trop tard, ils étaient vraisemblablement partis manger. Un peu plus loin, un groupe d’espagnols y mets tout autant de ferveur. Et les voyant chercher mon prénom à mon approche, je leur dis Dominico et c’est à nouveau la folie qui reprend ! Des hollandais ont également fait le déplacement. L’Embrunman c’est donc une foison d’émotions puissantes aussi bien d’angoisse que de joie comme on n’en a pas dans la vie de tous les jours, et où on se sent vivre mille fois plus qu’en temps normal. Dur de s’en passer quand on y a goûté …

 

Jusqu’au km20, je ne prends que de l’eau aux ravito , il me faut digérer un peu. Les ravito se trouvent presque tous les 3 km ce qui atténue l’effet de la chaleur. A chaque fois je bois et je fais un gros épongeage avec un demi litre d’eau sur la tête. Avec mon ravito perso du km3, j’ai ce qui faut dans le ventre pour tenir les 4 heures à venir. Donc le complément ne sera qu’à but psychologique mais ça aide bien.

 

Le km20 arrive déjà, je n’en reviens pas on est déjà là et ça va plutôt bien même si les jambes commencent à faire mal. Le public est nombreux, les enfants nous  tapent les mains, le speaker fait du bruit. Cette agitation donne de l’énergie durant les deux kilomètres passés à faire le tour du parc c’est déjà ça de gagner. Nous passons  au semi en 2h20 environ. Ensuite, le calme à la sortie tranche aussi et fait du bien mais on se sent un peu plus seul. La deuxième partie du marathon me fait très peur suite à l’expérience de mes 12 marathons précédents. Je démarre donc le second semi avec la plus grande prudence. Et là comme c’est souvent le cas dans les courses à pied, je tombe sur une personne qui va s’avérer déterminante pour toute la suite de la course. Lorsque je cours un certain temps à coté de quelqu’un, vu qu’on est en vitesse trail, on peut parler et je cause donc un peu de choses et d’autres : alimentation, souffle … Cette personne vient comme moi du trail et du marathon et non du triathlon CD ou du cyclisme. Nous avons donc tous deux tiré les mêmes enseignements de notre parcours de runner. Pourtant, il n’arrive pas à se défaire d’un point de coté depuis plusieurs heures. Il n’y a pas à être bien savant pour savoir qu’on attrape un point de coté lorsqu’on ne respire pas complètement à fond. Je le conseille alors de souffler 3 fois pour une inspiration et de penser à respirer par le ventre. Miracle, ça marche ! Je suis alors baptisé « son marabout perso » et deviens alors une sorte de talisman pour lui ! De mon coté, courir avec quelqu’un est beaucoup plus facile et nos foulée sont comparables. Je luis fais part de mon idée d’aller au bout ensemble. Il ne s’en sent pas capable. Nous convenons qu’en cas de défaillance, il n’y a pas d’engagement à attendre l’autre. Et nous voilà parti. Nous convenons de marcher les côtes raides et sinon courons avec souplesse (ne pas être raide) sans faire d’à-coup. C’est en terminant l’Ecotrail de 80 km en mars dernier que je sentis comment on pouvait améliorer sa foulée sans se fatiguer, simplement en recherchant davantage de souplesse. Et ça se voie. Les spectateurs s’étonnent de nous voir courir « avec une belle foulée » tant d’autres sont raides comme des piquets ou marchent carrément. Mais pour eux une deuxième boucle entièrement en marchant à 4 ou 5 km/h, ça donne le semi en plus de 4h, bien trop long !

 

Après le semi on a donc passé la bascule, c’est déjà ça de fait et on connaît le parcourt pour cette deuxième boucle. On se dit qu’on va essayer de finir en courant, jusqu’au bout. La deuxième boucle est plus paisible, le soleil se couche, les spectateurs sont partis manger, il est  passé 19h30. Ma tête étant mouillée, un sentiment de fraicheur m’envahie, et c’est donc au km25 que je pose ma vieille casquette sur un banc, comme prévu (maintenant j’ai la casquette de l’Embrunman pour la remplacer !).

 

On est rejoint par d’autres concurrents arrêtés jusque là et qui trouvent notre foulée bien tentante à suivre. Un puis deux puis trois personnes nous suivent.  Un moment nous serons un groupe de 6 coureurs à passer au milieu d’une troupe de marcheurs. Je me dis que si on fini comme ça, on va gagner pas mal de places. Etant celui qui a le plus d’expérience en course à pied, je suis intronisé meneur d’allure et responsable de la stratégie de course : quand est ce qu’on marche ou pas, durée des arrêts aux ravito,  conseils en tous genres sur la souplesse,  la diététique. On forme un beau petit groupe et ça se remarque. Les spectateurs nous surnomment le gruppetto mais je leur fais remarquer que nous ne sommes pas à la traine et leur suggère comme nom « le groupe des durs à cuire ». Rien n’y fait pourtant,  tout au long du parcours, le nom de gruppetto ressortira périodiquement tant les gens ont pris l’habitude de voir passer uniquement des  coureurs solitaires et marcheurs et non une petite équipe qui coure. Peu à peu les km défilent ainsi, on passe le km30 puis le km35, toujours pas de mauvaises sensations mais la douleur est là et nous ne sommes pas rassurés du tout. On a très mal mais non nous ne marcherons pas ! Pas plus que dans les 500 km fait en marathon et 250 km de trail que j’ai fait depuis 10 ans.

 

Dans cette deuxième boucle, j’assure les ravitos avec un mélange coca pour les sucres rapides et un peu d’eau pour se rincer la bouche après. Inutile à ce stade de la course de se charger l’estomac avec du solide trop long à digérer. Peu à peu, la nuit tombe et un sentiment étrange nous habite. Nous nous rapprochons de la fin en voyant passer le km 37 par exemple mais qui a fait du marathon sait que tout peut encore se passer, alors nous redoublons de prudence. Je ne tiens pas à faire les derniers kilomètres sur les rotules alors nous maintenons volontairement une allure tranquille. Puis les km 38 et 39 passent, ça semble vraiment jouable, surtout pas de déconcentration. Puis peu à peu, au loin la voix du speaker se fait de plus en plus précise, l’arrivée au plan d’eau approche. Le km40 signale l’arrivée dans la zone du podium, ça semble dans la poche. On fini l’approche dans le noir, un peu dangereux, sachant qu’il y a des obstacles. Nous avons démarré de nuit et nous finissons de nuit. La journée la plus longue de l’année s’achève. Il est environ 21h30, cela fait presque 40heures que je suis en activité avec seulement 3h30 de sommeil, sans café, et je me sens en pleine forme. Les endorphines sont arrivés après le km35 et je dois dire que la fin s’est fait presque avec aisance. Le groupe a maintenant explosé, certains qui, ayant voulu partir devant, ont craqué ensuite en route, d’autres sont restés trop longtemps au ravito. Nous sommes toujours les deux mêmes depuis la bascule au semi. On tache de garder la même allure pour ne pas avoir trop mal dans le dernier km. Sans avoir vu les panneaux km41 et 42, nous entamons la dernière ligne droite, longue de 200m pour terminer ce marathon en 4h52 ce qui est bien mieux que les 5h15 estimé en considérant une partie en marchant.

 

Cette dernière ligne droite des champs Elysées avec une foule qui encourage au son du speaker, ça parait irréel tant  on n’y a jamais trop cru depuis avril où je me suis inscrit. Je dis à mon partenaire de ne pas accélérer, au contraire, ceci afin de savourer au mieux ces instants privilégiés et intenses.  Ce sont les bras levés que nous finissions et passons la ligne en 15h32’03’’ à la 508eme place au classement scratch ce qui me place dans la première moitié (je suis 68eme sur 177 dans ma catégorie V2M).  166 personnes ont abandonné ou ont été mis hors délai lors du marathon.

 

Embrunman Arrivee

 

Avec mon partenaire (V3M) en train de m'agenouiller sur le tapis, le temps est indiqué au dessus

 

Je m’agenouille et embrasse le tapis d’arrivée ainsi que mon partenaire de course. On l’a fait. C’est énorme. Il y a quelques mois c’était « même pas en rêve ». Six mois d’entrainement, 600 km de course à pied, 3000 km de vélo pour arriver à ce résultat, l’émotion est à son comble. Etre finisher c’est déjà à peine envisageable mais pour quelqu’un qui ne fait parti d’aucun club de triathlon, qui nage la brasse en shorty et qui a un vélo premier prix (un bon Treck de base avec fourche en carbone quand même), c’est tout bonnement dingue que d’arriver à se classer dans la première moitié de « l’Ironman le plus dur au monde » !

 

Après l’arrivée, je me sens bien tandis que d’autres sont envoyés directement à la perfusion en glucose. Je bois encore, mange une banane et récupère le maillot de finisher et la médaille. Ni douche ni buffet ne sont prévus pour les athlètes après la course ce qui est un peu dommage. Je récupère mes affaires, les portent à la voiture et retrouve un restaurant que j’avais bien repéré vue qu’il se trouve le long du parcours course à pied à la sortie du plan d’eau et procure Leffe pression !  Je mange avec des inconnus de Vaux en Velin, maintenant frères et sœur d’Embrunman tout en envoyant une raffale de SMS à mes amis pour leur annoncer je suis maintenant devenu Embrunman Finisher pour la vie entière ! Puis retour jusqu’à Monetier passé 1h du matin. Il est maintenant temps d’aller dormir, pourtant je n’ai pas sommeil …

 

Le lendemain matin, je constate que mon poids est tombé à 68,8 kg contre 72 kg l’avant-veille après le régime glucidique et alors que j’ai mangé pendant la course 10 tranches de pain énergie, 30 tranches de viande de grison, 6 bananes, deux œufs durs, jambon cru, tucs et abricots secs ainsi que glace et pâtisserie après la course … J’avais pourtant eu la sensation de finir en bon état, ce chiffre montre que l’air de rien mon corps est allé chercher bien loin les ressources dont il avait besoin. Je mets cette matinées à profit aux Bains de Monetiers où j’avais pris rendez-vous au préalable pour une douche tonique à l’hydrojet suivi d’un massage appuyé aux huiles essentielles ce qui accélérera la récupération et me permettra le surlendemain de faire une rando tranquille de 500m de dénivelé m’offrant même un 100m de natation à 2300m dans le lac de Cristol !

 

Epilogue


Cet Embrunman est donc une réussite sur tous les plans pour moi. Pourtant, je ne pense pas que je recommencerai. Tout d’abord, les préparations à des triathlons sont toujours très consommatrices de temps (3disciplines à travailler). Les Ironman qui demandent des  sorties vélo à la journée et des sorties course à pied à la demi journée amplifient à l’extrême ce problème. Hormis deux fois fin juin, cela fait plusieurs mois que je n’ai pas eu un week-end pour faire autre chose. En plus ceux qui recommencent font généralement moins bien que la première fois, c’est ce que j’ai tiré des discussions faites après la course. En effet un excès de confiance fait qu’on s’entraine moins dur et aussi l’envie n’est plus la même. Enfin la souffrance a été présente durant toute la journée de cet Embrunman et je n’ai pas trop vu le côté plaisir. Comme j’ai entendu il y a quelques jours, « il ne faut pas s’aimer pour monter des pentes pareilles à vélo ».  J’ai décidé désormais de m’aimer davantage. Pour terminer, il y a comme toujours quelques bémols dans l’organisation alors que cette course est pourtant bien rodée et bien dotée : pas de parking réservé uniquement aux participants (à 4h30, le parking était déjà plein), certains ravito où il n’y a rapidement plus du tout de salé, des portions de nuit de la course à pied non éclairées, pas de buffet ni de douche après la course, trop de voitures sur le circuit …

 

En revanche, côté bénévoles, l’engagement de toute une région derrière l’Embrunman est incroyable avec 1400 personnes mobilisées pour nous soutenir (une petite ville) et à coordonner entièrement pendant deux jours par l’organisation, en tout 3000 personnes à gérer en comptant les athètes. Pour ça, chapeau !

 

Qu’est ce que je retire de positif de cet Embrunman ? Tout d’abord qu’il faut écouter et suivre son étoile plutôt que tous ceux qui croient savoir vous conseiller et vous donner des raisons pour ne pas le faire, et il y en a eu ! Ensuite que cela a porté mon temps maximum en course de 12h30 à 15h30 avec une diététique adaptée et même si c’est moins éprouvant que de la course à pied pure. Je place néanmoins cette épreuve et ce résultat atteint à 45 ans au sommet de ce que j’ai réalisé depuis toujours en termes de difficulté et de niveau de performance. Enfin, cet Ironman apporte certaines réponses quant à la capacité de réaliser une épreuve sur une très longue durée avec privation de sommeil. J’avais déjà remarqué que le manque de sommeil la nuit précédant la compétition est sans impact sur la performance réalisée le lendemain. Ici je n’ai dormi que 3h30 en 42 heures avec une épreuve de 15h30 à couvrir et je n’ai eu aucun mal à rester lucide sans une seule goutte de café (j’ai tourné à la camomille !).

 

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Avec mon maillot finisher et la médaille, si difficiles à obtenir ...

 

Si je réussi l’endurance trail des templiers de 106 km fin octobre, je pourrai prétendre m’inscrire à l’UTMB pour août 2013 ou août 2014 selon le tirage au sort (160 km avec 8000m de dénivelée positif, épreuve sur 24h) ce qui pourrait constituer peut-être le terme à ce cycle de compétitions de trail que j’ai entamé il y a un an. Entretemps, selon la date où je suis inscrit pour l’UTMB, un passage par le marathon des sables (5 jours de trail dans le Djebel) me tente bigrement. Donc savoir que je suis capable d’endurer une veille très longue tout en maintenant un haut niveau de performance est plus que rassurant en vue de ces objectifs ambitieux à venir. Le spectacle continue !

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 19:23

J’enfourche mon vélo et me voilà parti pour 188km. Durant ma préparation, j’ai effectué des sorties de plus de 260km faites en plus de 10h donc la durée estimée de 9 heures ne m’effraie pas trop. Les premiers mètres à vélo se font en remontant ici ou là déjà quelques participants mais il n’y a vraiment plus beaucoup de monde. Les jambes tournent bien, j’y vais assez tranquille devant ce qui nous attends. Je me sens bien, le paysage est superbe, et les odeurs sont déjà bien agréables. Je me sens bien plus dans mon élément que pour la partie natation qui rebute bien des concurrents et sur laquelle j’ai été mal. La première ascension de 500m se fait à la fraîche, à l’ombre, surplombant peu à peu le lac de Serre-Ponçon jusqu’au village des Means ce qui offre de magnifiques vue sur le lac d’un bleu caractéristique des premières couleurs de l’aube. Hélas, je n’ai pas le temps de prendre des photos. Je prends mon mal en patience pendant la montée et reste avec à peu près les mêmes personnes. Beaucoup de concurrents mettent toute leur énergie dès les premières côtes mais ne tiennent pas longtemps à ce rythme. Lors de la descente, je remarque que comme sur le CD d’Aix les Bains, j’y suis bien plus rapide que les autres et reprends alors d’autres concurrents. Les nombreux entrainements fait en montagne depuis 3 ans et particulièrement fin mai et  fin aout m’ont bien habitué à améliorer ma technique de descendeur, Cela concerne aussi bien ce qui concerne l’aérodynamisme (mon maître en la matière restant Pedro Delgado quand il gagna le tour plusieurs fois à la fin des années 80, la tête dans le guidon à la descente), que les trajectoires et la façon de  freiner (un freinage tardif  et ferme plutôt que mou et régulier). C’est dans les descentes que je reprends à chaque fois beaucoup de concurrents ou les replats intermédiaires et non vraiment dans les montées. En plus j’ai eu l’impression qu’après chaque montée dure, les concurrents voulaient avant tout récupérer dans la descente. De ce fait, pas ou peu de relance, pas de recherche de pédalage quand il le faut ou encore pas de recherche de position de recherche de vitesse dans les descentes, et qui sont plus éprouvantes que de rester tranquillement assis sur sa selle …).

 

Puis nous traversons le lac par le grand pont de Savine-le-Lac et remontons la nationale jusqu’aux Baratiers pour passer la Durance et aller chercher Saint Clément par une montée de 300m. On est à la fraîche et c’est agréable. Soudain, un arbitre passe à moto et m’averti pour drafting ! Je ne comprends pas. En fait, un concurrent qui m’avait doublé a soudain ralenti avant de se rabattre devant moi. Ne prêtant pas attention, je n’ai pas réagi et l’arbitre en passant a cru que je m’abritais derrière ce concurrent. Au briefing il avait été dit que l’on prenait une pénalité au bout de 3 avertissements comme celui là. Cela met quand même un stress et surtout que dans une côte, cela n’a pas grand intérêt de s’abriter derrière un coureur. Ce n’est pas comme dans les longues lignes droites du retour face au vent où j’ai doublé des lignes entières de coureurs en train de drafter ! Puis on rejoint Guillestre pour attaquer la montée de l’Izoard. A ce stade, je suis encore dans la queue même si j’ai déjà rattrapé du monde. Après Guillestre, au ravito de la maison du Roy, que j’avais identifié comme stratégique car se trouvant à deux heures du passage du col, il n’y a plus que du sucré (et non du salé comme je l’espérais). Je fais donc avec mon ravito perso. Puis les premières pentes fortes arrivent, on remonte la vallée du Guil, et passons les deux tunnels. A ce stade cela fait maintenant presque 5 heures que l’épreuve a démarré et les kilo de pâtes ingérés la veille ont été consommé. Ceux qui tournent aux sucreries depuis le début commencent à moins bien tourner faute d’une glycémie suffisante. C’est donc en toute logique que je reprends toutes les personnes qui ont eu une diététique approximative.

 

Je connais bien le parcours, pour être venu fin mai ce qui est très utile pour ne pas être pris au dépourvu par une cote soudaine à 10% dont on ne sait pas où elle se fini. C’est aussi ma quatrième ascension de l’Izoard par ce versant, la troisième en 3 mois, la dernière datant d’il y a une semaine et demi alors je suis en terrain connu. Je m’aperçois que pour certains concurrents pas si rares,  c’est la première ascension de l’Izoard par Guillestre et je trouve cela léger de leur part . L’Izoard par Guillestre c’est 1500m d’ascension, avec ses replats et ses portions où récupérer, ses passages très raides, ses jalons à passer et c’est très utile mentalement d’avoir tout cela en tête. Ce n’est pas pour rien que les meilleurs repèrent durant l’hiver les étapes de montagne du tour de France ! Le premier jalon sérieux est atteint lorsqu’on arrive à Arvieux qui se trouve à 1500m d’altitude (soit 700m de montée déjà réalisé depuis Guillestre). A Arvieux, on sait un peu où on en est. C’est un rite pour moi, à Arvieux, je pose toujours pied à terre, d’une part pour refaire un peu d’eau, me soulager, faire des étirements et boire et manger. Miracle, au ravito d’Arvieux, je trouve des tucs et rafle les derniers ! Cependant, je mise plutôt sur du léger et rapide à digérer pour la montée éprouvante à venir. La partie entre Arvieux et le sommet peut se faire avec un seule bidon d’un litre, je n’emmène donc pas trop d’eau afin de m’alléger, j’en prendrai 2 nouveaux au sommet pour être plus lourd à la descente (comme Vockler a fait au Galibier au tour de France 2011). La montée de l’Izoard (2360m) n’est jamais une partie de plaisir. Des concurrents mettent pied à terre dès Arvieux, d’autres s’allongent au pied d’un arbre ou carrément au bord de la route, je suppose à cause de problème d’hydratation. Comme quoi avoir un vélo tout carbone à 10 000 euros ne permet pas forcement d’arriver en haut avant ceux qui ont un vélo à 1000 euros comme moi. Ce qui compte d’abord, c’est celui qui est assis sur la selle ! Mon vélo est équipé d’un double plateau compact à développement étendu avec un braquet 50/34 par 11/25 ce qui me donne du 34x25 comme plus petit développement ce qui est plus que certains concurrents qui moulinent vraiment. Avec ces braquets, je suis sur le dernier pignon dès le 6% et après c’est la vitesse de pédalage qui baisse au fur et à mesure que la route se cabre avec une débauche de puissance à fournir à la clé pour arriver à l’emmener. Je monte au train, sans me mettre en danseuse (aie les reins !) sauf sur les courtes montées. Ca n’est pas du tout orthodoxe en matière de vélo en montagne mais c’est bien efficace quand on est bien musclé et j’ai déjà pu monter de cette façon des pentes à 12% sur plusieurs km. Dans les pentes moyennes, j’ai aussi pris l’habitude quand ça fait déjà bien mal aux jambes de me mettre à chanter (dans les pentes fortes à 10 -12%, je ne chante plus mais pousse parfois quelques jurons). Dans cet Embrunman, J’ai donc revisité les paroles de Luis Mariano de la chanson « si tu vas à Rio » (en 2016 bien sur !).  Ici c’est devenu : si tu vas à l’Izoard, n’oublie pas de monter là haut, n’oublie pas ton vélo, n’oublie pas ton chapeau, n’oublie pas ton ravito ! Ca n’est pas venu d’un coup mais comme c’était mon tube de la montée, peu à peu les paroles ont trouvées leur place. Et comme lorsque je passais à coté de quelqu’un je leur disais salut Evry, ici Clamart ou salut Vaux en Velin ou Bonjourno pour les Italiens … Après, en les retrouvant plus haut, certains me demandaient si j’allais chanter encore …

 

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Paysage du col d'Izoard et de la casse déserte

 

La côte de Brunissard à la sortie d’Arvieux est sans pitié avec du 10%, pas un replat ni un lacet pour souffler, en plus on n’est pas encore dans le rythme. Alors ça calme et vaut mieux le savoir. Puis viennent les premiers lacets dans la forêt, toujours aussi raides mais les replats au virage relâchent un instant la pression sur les muscles. Au bout d’un moment la pente se fait moins raide et de nombreux, nombreux lacets plus loin, on arrive enfin à la casse déserte, deuxième gros jalons, avec un replat situé à 2100m suivi d’une courte mais raide descente de 50m. Je mets à chaque fois la gomme dans cette courte descente de façon à remonter d’autant voire plus de l’autre coté et où on amorce les dernières pentes les plus raides et longues à 10-12% qui vont nous mener au sommet. Certains marchent. Je n’ai jamais mis pied à terre dans une montée d’un col, ça ne va pas commencer aujourd’hui. Nous finissons dans la douleur, comme à chaque  fin d’ascension de l’Ysoard. Je passe la ligne du sommet le poing levé (c’est devenu aussi une habitude …)  et je récupère de nouveaux bidons. Je pense à manger un peu (banane et barre) pour refaire la glycémie. Il est 12h50, je n’ai plus que 20 minutes d’avance sur l’heure limite. Ca va être chaud.

 

Embrunman VELO

 

Nous finissons la montée du col dans la douleur ...

 

J’entame la descente tambour battant. Je sais que je n’aurai pas de véhicule en sens inverse, on va donc pouvoir couper les virages. Je m’aperçois que certains sont soit trop fatigués pour optimiser la descente ou soit n’ont vraiment pas l’habitude des descentes de cols, et ils semblent comme arrêtés lorsque je les double à parfois plus de 80 km/h (nouveau record pour moi à 82.7 km/h). A fond dans les lignes droites, freinage tardif, je lâche les freins avant le milieu de l’épingle à cheveux pour bénéficier d’une relance gratuite. Pourtant à aucun moment je ne me suis fait peur. Je mets 20 minutes pour rejoindre Briancon la montagnarde, coulée dans la torpeur de l’heure du midi, et se montrant ignorante de ce que la ville voisine et donc rivale organise, Embrun la festive, Embrun-les-plages. Le passage est d’ailleurs très bref, on n’est pas là pour visiter Briançon, deux virages à gauche et nous voilà déjà en direction du retour vers Embrun. Le retour s’annonce compliqué car il souffle un important vent contre causé par la chaleur et qui crée un vent thermique dans la vallée. Le passage dans les villages autour de Briançon se fait très rapidement et nous voilà déjà dans l’antépénultième difficulté du parcourt vélo à savoir la remontée vers le village des Vigneaux situé à l’entrée de la jolie vallée de la Vallouise. Cette montée se fait bien car la pente ne dépasse pas trop les 6% mais une fois en haut le vent contre oblige à pédaler fortement tout le long du replat en balcon. La descente vers Argentière en Bessé se fait bien car je suis en terrain connu. C’est en effet un peu plus haut dans cette vallée, à Pelvoux où j’ai séjourné lors de ma reconnaissance du parcourt fin mai. En passant dans Argentière, je reconnais le boucher où j’allais m’approvisionner lors de mes trois grosses sorties faites durant ce séjour.  A la sortie, un long plat contre le vent : pas le droit de se protéger du vent derrière un concurrent dans ce triathlon : des arbitres en moto passent et pénalisent régulièrement. Lors de mes sorties longues réalisés fin juillet à Oleron j’avais pu optimiser ma technique de pédalage face au vent, utiisant le petit plateau afin d’avoir une bonne fréquence de pédalage. Souvent je suis étonné de voir des groupes de club de triathlon passer tous les uns derrière les autres pour s’abriter, comme quoi être en club n’a pas que des avantages. Mes 3000km d’entrainement je les ai fait toujours seul et en course c’est plutôt payant.

 

Puis arrive l’avant dernière grosse difficulté du parcourt : la côte de Freissinaire qui consiste en une pente supérieure à 10% sur 2 km. Après  plus de 8 heures d’épreuve, cette côte qui m’avait fait frémir d’angoisse lors ma première reconnaissance fin mai, et que j’avais faite à nouveau en arrivant dans la région il y a 10 jours, nous en fait baver. En plus la circulation dans le sens de la course étant maintenu, de nombreux curieux en voiture sont au cul à cul dans la montée et nous asphyxient. Certains participants montent à pied, je dois reconnaitre que sur le vélo je suis autour de 7 km/h, pas beaucoup plus vite qu’un piéton rapide … Dans le haut de la montée, le vent se met aussi de la partie ce qui rajoute de la difficulté. L’Izoard m’avait entamé, Fressinaire m’a rétamé. Après ça je ne serai plus le même sur le vélo, ayant perdu les derniers éclats de ma forme. Le haut et la descente, piégeuse avec des gravillons, se font bien, je reprends comme à chaque fois plusieurs concurrents. On longe l’aérodrome et nous rejoignons la route nationale durant un petit kilomètre avec vent de face pour aller reprendre une route en balcon afin de rejoindre Embrun. A la fin de cette route en balcon, j’ai mal aux reins et j’attribue ça à un manque d’hydratation. En même temps je mange mes deux dernières tartines et de la viande des grisons afin déjà de préparer la glycémie pour le marathon. Je décide de m’arrêter au ravito pour boire deux bidons entiers culs secs. Une sage décision quand on voie des cyclistes allongés par terre (et encore plus dans le marathon) victimes d’un coup de chaleur.

 

La rentrée vers Embrun se fait comme je peux, pour la première fois quelques concurrents me doublent mais restent à distance. En même temps j’ai rejoins des concurrents de plus forte valeur maintenant, c’est un peu normal que dans certaines côtes, je suis lâché. A peine entrés dans Embrun, on nous envoie tout de suite dans une côte d’abord à 4% puis se raidissant peu à peu vers le 10% (pic à 12%) afin de contourner la ville par la montagne au dessus et retomber directement au plan d’eau. Cette montée vers Chalvert parait sans fin, au soleil dans la chaleur torride d’Embrun. Nous démarrons la côte à 800m pour monter à 1200m et en bas de la pente, il fait 32 degrés à l’ombre et le bitume en plein soleil est chauffé à blanc. Mais ayant bien bu, je ne souffre pas plus que ça de la chaleur et refuse même qu’on me verse de l’eau sur la tête, ne voulant pas arrivé les pieds trempés au marathon et risquer ainsi des ampoules. Coté bidon, je sais que j’ai de quoi boire au plan d’eau donc je démarre la côte avec un seul bidon que j’abandonne au deux tiers de la côte afin de m’alléger au maximum. Une fois en haut, il n’y a plus grand-chose à faire jusqu’à l’arrivée sinon faire très attention dans la descente dans les virages en épingle à cheveux, deux chutes avec fracture de fémur l’an dernier … J’arrive en trombe et entier au parc à vélo au moment même où le 5eme de l’épreuve en termine. Il a l’air assez frais … J’ai eu une bonne étoile lors de ce parcourt vélo évitant crevaison et problème technique telle qu’une chaine cassée comme j’ai pu voir (80 abandons ou hors délai sur la partie vélo). J’ai mis 8h46 contre 8H33 de prévu (21.8 km/h de moyenne contre 22 km/h ciblé). L’émoussage causé par la natation et le vent expliquent ce petit quart d’heure de retard. Je suis quand même classé 644 sur les 1022 participants ayant pris le départ ce qui correspond à 63% des participants devant moi. Ce chiffre est exactement le même que lors de mon triathlon CD d’Aix les Bains qui comportait 400 m d’ascension. Je suis donc à mon niveau. Au total, durant la partie vélo, j’ai repris 213 concurrents ce qui est pas mal.

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Published by Dominique Bayart - dans Triathlon
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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 19:12

15aout

Prologue


Il est 5h55 sur la plage du plan d’eau, le départ des femmes a été donné il y a 5 minutes déjà. Nous sommes un millier massés dans l’obscurité. La constellation d’Orion vient de se lever et on devine à peine poindre de l’autre coté de la montagne l’aube à venir. Il fait 14 degré et j’ai un peu froid, la crispation surement. Le speaker indique qu’on va maintenant procéder au rite du départ et qui va consister à ce que tous les participants s’applaudissent eux-mêmes. Instant de grande émotion, sous la voute étoilée et devant la masse sombre du plan d’eau. L’anxiété est à son maximum. Au niveau intestinal, ce n’est pas le top. Est que l’eau ne va pas être trop froide ?  Est-ce que je ne vais pas être complètement largué ?

 

Veille de course


La veille a été bien éprouvante car tout était à faire l’après-midi du fait que ma chambre n’était pas dispo avant 16h. J’avais donc établi un planning heure par heure afin à la fois d’aller chercher le dossard à la salle des fêtes d’Embrun (dont je n’avais pas l’adresse), prendre les clés de la chambre, déposer mon vélo au parc à vélo et enfin assister au briefing de course à 17h00, tout en repassant après à Monetier pour y manger ce que je veux . Le parc à vélo n’ouvrait pas avant 13h et la chaleur en plein soleil (plus de 35 degrés) faisant exploser les pneus à moins de les dégonfler au préalable et donc de faire un gonflage nocturne au petit matin. Ne voulant pas m’embêter avec un gonflage à la dernière minute avant la natation, j’avais prévu de rentrer dans le parc à vélo avant le briefing prévu à 17h au plan d’eau. Auparavant, je suis passé chercher mon dossard à la salle des fêtes d’Embrun. La ville étant déjà sujette aux embouteillages en été, ici nous sommes au pic et nous perdons du temps  En plus le briefing (en plein soleil) démarre avec une demi heure de retard et est bien creux pour la plupart (mots choisis : « après Guillestre, au panneau col d’Izoard, tourner à gauche … »). Je réalise soudain que l’organisation ne fourni pas les épingles et qu’il m’en faut 3 pour chaque dossard soit 6 au total et je ne sais plus du tout si j’en ai amené ou pas. Je passe le temps à faire la manche pour des épingles pendant que mon épouse Marie-Odile restée à Monetier s’affaire à retrouver si j’en avais amené (effectivement elle en trouve 6 dans ma trousse de toilette). Ca parait incroyable, mais comme dans Intouchable, « pas d’épingles, pas d’Embrunman ! »  Comme quoi ça tient à pas grand-chose. Je quitte le briefing à passé 18h non sans avoir glané deux informations importantes dans tout ce lot de truismes. Des gravillons signalés en bas de la descente de l’aérodrome de St Clément. Par ailleurs il semble que les barrières horaires ont l’air moins souple que ce qu’un habitué de l’assistance médicale m’avait indiqué. Après discussion avec un officiel, celui-ci me dit que si on est derrière la voiture balai, ce n’est plus du ressort de l’organisation et qu’il n’y aura plus de permanent  sur le trajet. Au final, après la course, j’ai appris que de nombreuses personnes avaient  été priées de descendre de vélo au sommet de la dernière ascension à Chalvet. 


Après le briefing, cela prend pas mal de temps d’aller jusque l’hôtel à Savine-le-Lac car la route côtière du lac de Serre Ponçon est toujours bouchée en fin d’après midi. Encore une demi-heure de perdue ... Voulant assurer sur la composition du dernier repas, je tenais à repasser au club de vacances à Monetier et prendre les dernières choses oubliées (comme les épingles par exemple !). Du fait de l’heure, le passage à Monetier sera très bref. De retour à 20h00 après 1 heure 20 de route, je repars comme prévu à 21h15 pour une arrivée à 22h30 en espérant me coucher à 23h00. Le retour sur Savigne-le-Lac se fait en mettant mes derniers points de permis sur le tapis. Les stress des différentes étapes à passer au retrait des dossards, puis au parc à vélo et l’aller-retour Monetier-Savine m’a fait faire 2h30 de route évitable qui plus est sur une route nationale de montagne. Cette veille de course, j’ai déjà consommé trop d’adrénaline à mon goût. Arrivé à l’hôtel, il me faut encore constituer ma caisse pour le parc à vélo  et qui contiendra tout ce que j’aurai besoin durant la course, chaussures de cyclisme et course à pied avec chaussettes, maillots de cyclisme et course à pied avec leur dossard épinglé, gants de cyclisme, cuissard, short de course à pied avec ravito intégré, lunettes,  combinaison de natation, bonnet de bain, serviette de bain, plus last but not least les ravito perso pour le lendemain (et que du fait de la chaleur, il m’a fallu préparer au dernier moment). Ensuite il faut  remettre le tout dans la voiture. J'ai aussi préparé le tube de vaseline pour en mettre demain matin partout où j'ai vu que je frottais à l'entrainement. Enfin on ne sait jamais, si j’en viens à faire le marathon il est prudent d’enrubanner mes deux plus petits orteils dans de l’elasto contre les frottements (cela ne m’évitera pas une ampoule au petit orteil), tout cela non sans avoir préparé à l’avance mon petit déjeuner afin de gagner du temps. Quand j’éteins la lumière il est déjà minuit …  J’ai prévu de me lever à 4h30 pour être vers 5h00 au parking. En fait, je ne m’endormirai pas avant minuit et demi (malgré la double camomille ingérée vers 21h00) et mon subconscient décidera entre-temps que 4h30 c’est bien tard pour se garer facilement. Je ne bois que du déca depuis deux semaines et  pourtant je me réveille donc dès 4h00 et voyant que je ne me rendormirai pas, je me lève à 4h15. Au moins j’aurai effectué les deux cycles de sommeil profond, c’est déjà ça (au parc à vélo, certains disent ne pas avoir réussi à dormir). Mais démarrer un jour sans fin avec même pas 4 heures de sommeil n’est pas pour me rassurer. Le petit dej ne se fait pas avec appétit vu que le repas du soir n’est pas loin. Même pas un café. Heureusement, j’ai mon muesly avec son lait de soja. Il s’agit ici pour moi de faire le plein une dernière fois de sels minéraux. Comme pour les ultra-trails, je prends des œufs durs (surtout le jaune), fromage, et jambon cru italien IGP avec deux tartines de mon pain énergie (pain de campagne aux noix, amandes, raisins) acheté chez mon épicier Italien favori à Monetier justement nommé « au Plaisir du Goût ».

 

La diététique


J’y ai également acheté 40 tranches de Breasola (viande des grisons italienne) qui assurera le fond du panier de mes ravitos. Avec du pain énergie et quelques barres ovomaltines, ces ravito perso seront fondamentaux pour l’alimentation sur une course qui durer plus de 16h. Il est clair que ce n’est pas avec les sucreries assimilées par le corps en même pas une heure que l’on peut faire des réserves. Et le problème avec les sucreries et autres gels, c’est qu’il faut recommencer souvent et alors là au bout d’un moment le foie dit stop et on ne peut plus rien manger et les crampes surviennent alors. Ici j’ai une base de fond que je pourrai compléter de morceaux de bananes, quelques tucs, un ou deux abricot secs trouvés sur les stands de ravito de la course … J’ai aussi acheté 3 bananes que je laisserai au parc à vélo (trop dangereux à éplucher en roulant, l’organisation de course fournira d’ailleurs des demi-bananes).  La première banane, ce sera juste avant la natation (associé à une barre d’ovomaltine, qui est une barre de céréales  sucré e renforcée en vitamines et sels minéraux). Sur des courses de cette durée, il faut être en permanence en train de digérer les aliments qu’on utilisera deux heures plus tard. Ainsi , durant les deux heures de natation, je serai en train de digérer ce que j’ai mangé juste avant,  pour  en bénéficier à la sortie de l’eau, où il faudra immédiatement recommencer à manger. Donc deuxième banane en sortant de l’eau et un petit sandwich au pain de mie avec de la viande des grisons. En fait à la sortie de l’eau je n’ai vraiment pas faim et je me force à manger un peu, la banane et un tiers du sandwich (que je retrouverai  tel quel sur ma chaise 9h plus tard …). Mais c’est déjà ça de mangé, je me refais ainsi de la glycémie pour au moins deux heures. Ensuite l’idée c’est de manger toutes les deux heures une tartine de pain énergie et 8 tranches de viande de grison et entre deux ravito «  tartine », une barre de céréale.  J’arriverai à tenir ce système avec 4 ravito « tartine » effectué entre 10h et 15h, ce qui m’assurera en permanence  sucre lents et sels minéraux, notamment sodium grâce à la viande des grisons (et consommé en grande quantité du fait de la transpiration sous 35 degré). Tout cela a été complété de nourriture trouvé sur les stands et de quelques barres  de céréale. C’est en faisant de l’ultra-trail que j’ai compris qu’une alimentation pour durer passait par là. Ce n’est pas toujours facile à ingurgiter mais je le digère parfaitement tant qu’on ne monte pas trop haut en cardiaque. L’avant-veille de la course, j’ai passé une demi journée à calculer ce que j’allais manger, où et quand. Cette feuille de route alimentaire a été primordiale et trop négligée par nombre de participants. Elle demande expérience et connaissances diététiques. L’entrainement à lui seul ne suffit donc pas dans ce type de course, je l’ai vérifié à plusieurs reprises durant et après la course. Les concurrents qui pensaient gérer un Ironman de 15h comme un triathlon CD juste en augmentant le volume d’entrainement en sont pour leurs frais. J’ai passé aussi une partie de la matinée de la veille à faire les achats en conséquence. Cela fait donc en tout 48h de préparation heure par heure de tout ce qui va se passer le jour J dans chacune des disciplines. Un travail important à réaliser donc. Ici j’étais en vacances donc j’ai eu du temps pour peaufiner l’entrainement et les préparatifs. Cela compense le fait que je n’ai pas plus jouir complètement de cette période et ai du tirer un trait sur de belles rando les derniers jours et sur de belles ripailles. En même temps si je suis inscrit à L’Ironman d’Embrun (L’Embrunman) c’est parce qu’il a lieu pas loin de l’endroit où je suis en vacances et que c’est donc pratique, pas parce que je visais le plus dur !

 

De nombreux participants n’ont pas réfléchi comme ça. Pour eux, l’Embrunman est l’Ironman le plus dur au monde (l’Ironman d’Hawai est tout plat même si la chaleur est torride). Des non spécialistes du coin me l’avaient dit mais je pensais que c’était par chauvinisme. En fait il s’avère que c’est bien la réalité (encore écrit une nouvelle fois dans le journal l’Equipe du 16 Aout). Donc pour moultes participants, venir à Embrun est l’aboutissement d’un parcours dans le monde du triathlon, fait en club et passé par le sprint puis le courte distance (CD) puis le demi Ironman puis par un premier Ironman moins difficile que celui d’Embrun. Moi je passe directement des triathlons courte- distance d’Aix les Bains et Paris à l’Ironman le plus dur au monde (5000 m de dénivelée  positif à vélo, nage dans un plan d’eau douce, donc pas de portant assuré par l’eau salé comme à Nice, ni de courant pour vous pousser un peu, marathon comprenant plusieurs montées et descentes raides). Le défi à relever n’est donc pas simple, surtout pour moi et donc l’idée était avant tout de ne pas être ridicule, montrer que moi aussi j’avais ma place ici. L’entrainement a donc été sérieux. Les temps faits en piscine et à vélo laissaient à penser que ridicule, non je n’allais pas l’être. En revanche être finisher, qui plus est classé, je n’y ai même pas pensé pour le moment. Le moment est venu de réaliser sur le terrain les prévisions estimées pendant la phase de préparation.

 

Acte I : Natation


Il est 6h00 et le départ va être donné. J’avance et j’essaie d’éviter une flaque d’eau  mais en fait il s’agit du plan d’eau ! L’eau est noire. Vraiment pas envie d’y aller. Un concurrent avait dit dans le parc à vélo : « si on est là à cette heure là, c’est aussi parce qu’on l’a bien voulu ». Pourquoi suis-je là ? A la base c’est mon fils Timothée qui à l’âge de 12 ans, il y a 4 ans, avait décrété qu’il ne participerait à aucune compétition autre qu’un Ironman et me demandait pourquoi je n’en faisais pas. A lequel je répondais que ce n’était pas faisable.  En effet j’avais calculé qu’on avait 7 heures pour faire le vélo et que cela donnait une moyenne impossible à tenir. En plus je n’avais encore jamais fait de compétition excédant 5h. Fermer le ban ! Puis à l’automne dernier, en octobre 2011, juste avant les Templiers,  en discutant avec mon revendeur trail, celui-ci me soutient que ce n’est pas du tout inaccessible, notamment le vélo. De retour à la maison je refais quelques calculs et je découvre que j’avais fait une erreur de 2h dans les temps à prendre en compte pour le vélo. Après deux trails de 12h30 et 10h, je me sentais alors mieux armé pour tenter une course d’une durée de 15h. Le défi est colossal : une course de vélo en montagne de 188 km avec 5000m de dénivelé positif, un marathon entamé après 11h d’efforts, la chaleur attendue, tout autant d’aspects cruciaux à maîtriser d’ici l’été.

 

A 45 ans, j’en suis à un âge où ce n’est pas le temps que je mets à réaliser une compétition qui m’intéresse. Tenter l’infaisable, ça c’est la seule chose qui me donne aujourd’hui une grosse motivation et qui va me faire déployer toute mon énergie pour y parvenir. Avec l’Embrunman, j’ai un bon client. Aussi une fois les dates de vacances fixées pour cet été et notamment les deux semaines  à Monetier, je vérifie que finir de préparer et faire l’Embrunman pendant les vacances peut être gérable et compatible avec une partie du programme rando notamment.  Début avril, après avoir vérifié mes temps en piscine et en vélo  suivi de course à pied (voir les articles Les Briques de Base plus haut sur ce blog), je décide de m’inscrire. A partir de là, l’angoisse ne fera que croître au fil des mois à partir du moment où a commencé la préparation proprement dite et qui m’a mené jusqu’à ce parc à vélo, ici, un 15 août à 6h du matin. Pourtant maintenant  ce n’est plus trop la même envie de se jeter à l’eau comme on dit. Je suis donc en mode programmé comme un soldat qui va débarquer sur un champ de bataille. Je ne pense plus. J’attends le coup de pistolet, qui va retentir, vais avancer dans l’eau à la suite de la masse des participants et m’immerger peu à peu …

 

Le départ a été donné ! Dans l’obscurité, je déclenche mon chrono. Bonne nouvelle l’eau ne parait pas fraîche à première vue. Je me suis mis à l’arrière du peloton, inutile de prendre des coups alors que je sais d’avance que je vais sortir de l’eau dans les derniers. Le début se passe plutôt bien avec de bonnes sensations. Nous avons deux tours du plan d’eau à faire. Chaque passage de bouée est un jalon de franchi et apporte de la satisfaction. Le hic c’est qu’au début de la boucle, nous passons deux bouées espacées de 200m mais que la troisième est 500m plus loin et la dernière 900m plus loin. Autrement dit, au fur et à mesure de la progression, on a l’impression de ne plus avancer. Parfois je ne distingue même pas la bouée suivante au passage de la précédente et suis donc le gars situé devant moi. Je fais comme prévu toute la nage à la brasse, avec une combinaison shorty qui plus est (à la différence des autres participants qui ont tout opté comme prévu pour une combinaison intégrale). Les  essais que j’avais faits avaient montré que le shorty est bien compatible avec une température excédant 20 degrés et avec la brasse qui se nage en grande partie sous l’eau, et ne nécessite donc pas autant de flottabilité que le crawl. Reste à le démontrer ici. Je m’applique à avoir une nage bien filante, au maximum sous l’eau. Aux premières bouées, y compris la troisième, je suis encore dans le flot des participants, puis peu à peu la masse des nageurs s’étire et s’étale, comme prévu. Je me retourne parfois pour voir s’il y a encore du monde derrière mais nous sommes dispersés. Durant la ligne droite de 900m du retour de cette première boucle, je pense à jeter un œil au jour qui pointe sur la crête de la montagne à l’est avec ses jolies couleurs. La deuxième boucle démarre avec enthousiasme en se disant que chaque bouée de passée est maintenant définitivement derrière nous. Pourtant la progression vers la troisième bouée, situé à l’autre bout du plan d’eau me parait interminable. En plus c’est là où l’eau est la plus fraîche : les 22 degrés mesurés l’après midi à la plage sont loin, ici on doit être autour des 18 degrés et je commence à avoir un peu froid. Je me dis que c’est le stress et qu’il faut bien souffler. En même temps, si la sensation de froid s’accentue, je sais que cela peut aller jusqu’à l’abandon pur et simple. De ce fait de la troisième bouée à la quatrième bouée, l’angoisse monte. Et comme j’ai froid, je commence à avoir des problèmes gastriques. Ma combinaison shorty n’assure peut être pas une protection intégrale et rapprochée du corps, elle a le mérite d’assurer le passage de l’eau à l’intérieur et ainsi de réparer miraculeusement les dégâts des petites fuites qu’on peut avoir et d’éviter ainsi l’abandon. Je passe la dernière ligne droite à me demander dans  quel état je vais arriver et s’il y aura encore quelqu’un derrière moi à l’arrivée. Au milieu du plan d’eau on ne peut pas trop s’arrêter pour reprendre ses esprits, c’est nage ou crève. Je ne me retourne même plus, effectue mes mouvements de manière automatique sans passion ni recherche de position optimale, comme pour faire le boulot mais sans plus car mes besoins primaires ne sont plus assurés. Un bateau de l’organisation me double, je ne dis que ça sent la voiture balai de la  queue de course. Puis soudain je distingue au loin la foule massée près de l’arrivée. Petit à petit je rejoins peu à peu la plage en me demandant si je vais pouvoir continuer et touche enfin le sol à quelques mètres du bord. Je m’arrête et reprends un peu mes esprits avant de remonter la pente vers le parc à vélo que  je rejoins en petite foulée (une habitude héritée du courte distance et qui a le mérite de réchauffer). Je bois le demi-verre de coca qu’on me tend pensant qu’il s’agit d’un café chaud sucré et que  j’aurais préféré.

 

Embrunman NAT

 

Je rejoins ma chaise, je regarde mon chrono, 1h45 soit 5 minutes de mieux qu’en piscine, j’ai une demi heure d’avance sur le temps limite, tout n’est pas perdu ! En fait, j’ai mal lu car mon temps n’est pas de 1h45 mais de 1H35 alors que j’avais tablé sur 1h50. L’excitation, le régime glucidique et peut être l’aspiration de la masse que j’avais devant moi ont amélioré mon temps par rapport au temps réalisé en piscine. Mais en y regardant de plus prêt, je fais le même temps au 100m que ce que j’avais fait au triathlon courte distance d’Aix les Bains sur 1500m, aussi sur un lac d’eau douce donc. La surprise, c’est que j’ai réussi à maintenir le même rythme sur 3800m que sur 1500m alors que j’ai très peu nagé à l’entrainement, ayant remarqué que cela n’avait pas d’influence sur mon temps vu que ma technique restait ce qu’elle était. J’ai donc eu beaucoup de mal pendant la natation mais sans m’en rende compte je fais un super temps pour quelqu’un qui nage la brasse en shorty. Sur 1022 participants ayant pris le départ, je suis en 967 position. Vu que 95% des concurrents sont devant moi, le parc à vélo est déjà bien vide, il ne reste plus que quelques vélo. Cela ne m’effraie pas, j’ai déjà connu ça en CD mais quelle ivresse ensuite de reprendre de nombreux concurrents à vélo.  Je me sèche, m’habille confortablement avec mon cuissard, mes gants de vélo, lunette de soleil. Je me dépêche pour avoir quand même des concurrents en point de mire. En même temps,  je trouve étonnant sur un Ironman de plus de 15h de voir des concurrents avec des combinaison tri fonction ceci afin de gagner quelques dizaines de secondes à la transition au préjudice du confort d’un bon cuissard pour les 9h de vélo qui vont suivre … En même temps, je mange ma banane et commence sans appétit mon petit sandwich au pain de mie. Puis après 8 minutes, me voilà prêt pour le parcours vélo, l’estomac pas très bien en place. C’est vrai que manger comme je le fais en début d’épreuve sollicite l’estomac mais c’est le passage obligé pour tenir dans le temps. A la sortie du parc à vélo, le speaker annonce que les derniers concurrents sortent de l’eau, bonne surprise, je suis donc loin d’être le dernier !

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 15:14

Vu que c’est bien plat, j’y ai donc travaillé l’endurance à vélo afin d’avoir dans les jambes la distance de 188 km. A cinq reprises, dès l’aube venue, je suis partie à vélo pour quitter l’île et faire un tour dans les Charentes avec des distances allant de 100km à 263km pour la dernière descendant jusque Jonzac en remontant l’estuaire de la Gironde jusque St Fort sur Gironde depuis Royan.

 

DSCF4971.jpg

Dès potron minet, sur l'ïle d'Oléron ...

 

Avant de nous déplacer jusqu’à la frontière Italienne sous le 45 eme parallèle au Monetier les Bains près de Briançon, j’effectue une dernière sortie longue d’endurance de 2 heures afin de compenser la journée entière suivante qui sera passée à conduire.

 

Arrivé dans les Alpes, il me reste 10 jours jusque l’Embrunman ce qui est peu. Il me faut me réhabituer aux fortes pentes et au manque l’oxygène en altitude. J’ai donc terminé la partie longue distance à vélo dès le dimanche de notre arrivée par une belle boucle Monetier-Briançon-Enbrun-St Clément-Izoard-Briançon-Monetier de 173 km et 3000m de dénivelé positif. Le tout sur le circuit de l’Embrunman avec une moyenne de 22,2 km/h. Cela veut dire que tout le travail accompli depuis mon premier passage à Pelvoux fin mai à permis d’améliorer ma moyenne pour atteindre la cible qui est de boucler en moins de 9h les 188km du circuit.

 

J’ai aussi perdu 2 kilos depuis fin mai et cela aide bien dans les pentes fortes … La diététique  a aussi été clé dans cette préparation. Il a fallu éviter les pièges tendus par les cassoulets ou tartiflette proposés ici ou là. A la différence de Christophe Lemaitre à qui ça n’a pas porté chance aux derniers JO, je me suis nourri de beaucoup de fruits d’été et j’ai mangé beaucoup de légumes pour limiter la prise de glucide. Coté protides, essentiellement du poisson et des crustacés (avec du bon selenium !) et parfois quelques viandes grillées mais alors toujours accompagnée d’une poellée de légumes. Nous avons pu ainsi sacrifier à Oléron au rite annuel de l’énorme côte de bœuf charolaise si moelleuse! A Monetier, durant la dernière semaine, je perdrai encore un kilo « presque sans le faire exprès » arrivant à 70 kg pour 1m78. Après ma sortie longue du dimanche dans l’Izoard, j’ai en effet enchainé le lundi par le Galibier (1100m de dénivelé depuis Monetier) et le mardi par le Granon (1000m de denivellé à 10% sans replat).

 

DSCF5104.jpg 

Le col du Galibier avec la route vue depuis le Pic Blanc du Galibier (2950 m)

 

Ces deux dernières sorties ont pour but de travailler proche du rouge en altitude tout en se préservant car elles n’excédent pas 2 heures chacune.  En revanche, quand elles se font sous une pluie glaciale comme lundi (surtout dans la descente où j’ai failli crever de froid) et mardi après une rando de 700m de dénivelée, cela consomme les calories. Ces sorties concluent un cycle d’entrainement vélo commencé dans la fraicheur de mi-avril et qui ont porté mon total à 3000 km parcouru (dont 1000 km à Oléron et Briançon). Une dernière course à pied mercredi de 1h30 jusqu’au village du Casset (à 1600m d’altitude) après une journée de marche, puis un peu de nage vendredi toujours après la rando (mais je n’ai tenu que 30 min avec combinaison dans le lac du Casset qui ne doit pas dépasser 12 degré). Après avoir fait le mont Thabor le samedi (1400m de dénivelé, 3160m), une vieille promesse à un ami, je fini la préparation vélo dimanche matin par une montée limitée au col du Lautaret (2000m) pour faire tourner les jambes, accompagné d’une équipe de randonneurs en vieilles motobécanes bleues des années 50-60 prêts à faire le galibier dans la foulée. Il ne m’a fallu que 48mn depuis Monetier ce qui est bien mieux que d’habitude (55 min). Comme il est dit dans les Bronzés font du ski, j’ai la caisse !

 

En plus de la preparation, les sorties en rando en montagne m’ont transporté chaque jour autour de 3000 m d’altitude ce qui est parfait pour l’adaptation. Maintenant, j’ai entamé un régime glucidique depuis hier dimanche et passe la plupart de mon temps allongé : il s’agit d’avoir les batteries bien rechargées mercredi 15 août à 6h00 ! Autre bonne nouvelle, les temps limites indiqués ne sont pas vraiment des barrières horaires comme dans les trails. Au-delà de ces temps, le concurrent peut continuer la course mais ne sera alors pas classé. Mais pour moi, cela n’a pas d’importance et enlève donc un stress. Maintenant, il faut mentalement se préparer en repensant à tous ces entrainements faits parfois dans le froid, la pluie, tard le soir ou bien très tôt le matin, à ces privations afin d’être léger dans les cols, qui ont fait que mercredi matin je serai en position (peut être la seule fois de ma vie tant c’est un investissement important) de profiter d’une journée magnifique d’Iron Man, la récompense à tout cela. Il s’agira de bien gérer l’alimentation et les efforts afin de pouvoir faire le marathon qui, m’a-t-on dit se fait dans une ambiance extraordinaire mais c’est vrai que c’est aussi pour ça qu’on fait l’Embrunman. Bien sur, je vous raconterai …

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 23:44

A un peu plus de 4 semaines du 15 aout, c’est le moment de pousser un peu la préparation physique. Dans deux semaines, il faudra déjà songer à la réduire peu à peu de façon à ne pas arriver fatigué le jour J. Pour le moment, la fatigue physique se gère très bien et les efforts que l’on fait maintenant payeront dans 4 semaines. Suite à deux week-ends où je n’ai pas pu faire de vélo, il était urgent de se remettre en selle. La partie vélo d’un Iron-Man porte sur une distance de 188 km. Même si les entrainements doivent être plus courts afin d’en augmenter la fréquence et le rythme, il est important aussi d’avoir cette distance dans les jambes. J’ai donc programmé de faire une distance de plus de 200 km ce samedi, une fois le marché fait. Si j’arrive à tourner proche des 25 km/h, cela devrait me prendre 8 heures. Je n’ai pas envie de passer du temps à chercher ma route aussi je me positionne sur un circuit. Lors de ma sortie de jeudi matin tandis que l’on me changeait mon PC (au bureau, on est plus rien sans PC aujourd’hui), je finissais ma boucle favorite dans la vallée de Chevreuse (83 km), je remarquais au passage au niveau de la bifurcation de Saint Lambert que la boucle faisait 38 km. Je me dis qu’en la faisant 4 fois, et compte tenu des aller/retour depuis Clamart jusque l’entrée de la boucle (2x25 km), ce devrait permettre d’atteindre les 200 km. Ce parcours part donc de Clamart, file sur Bièvres puis Jouy en Josas pour rejoindre Guyancourt puis Voisin le Bretonneux. Après la descente depuis Port Royal, je prends à gauche vers Saint Lambert où commence la boucle. Cette boucle passe par Milon la Chapelle pour rejoindre Chevreuse puis Dampierre en passant par Saint Forget. Là, se trouve une superbe chapelle du 12eme siècle érigée pour  remercier des bienfaits de la source qui y passe. Cette eau, je la trouve au robinet du cimetière  attenant ce qui fait un ravito bien pratique. Après Dampierre, je poursuis vers les Vaux de Cernay d’où je rejoins Auffargis puis les Essarts où je rentre un peu afin de rejoindre la route qui longe la vallée de l’Yvette et ses mystères. Après Les Layes, Girouard, et Maincourt, je retourne sur Dampierre où je tourne deux fois à gauche afin de remonter sur le plateau par la montée des 17 tournants pour passer La Brosse et redescendre au carrefour qui mène à St Lambert.

 

Maincourt

                                               Le vieux lavoir de Maincourt sur Yvette

 

Pour tout ravito, j’ai emmené 3 bananes bien mûres et 4 barres de céréales. Dans mes bidons, un peu de grenadine.  Au bout d’une heure et 2 minutes, je suis sur place pour entamer le premier tour. Cela se fait à l’aise, j’essaie de ne pas forcer mais en même temps de ne pas trop trainer. Je tourne en 1h20 au premier passage. D’un autre coté, ça va être comme les fractionnés (mais sans récupération !) et donc les tours devraient être de plus en plus durs. Je me dis que le dernier se fera avec les dents. Au deuxième tour, après avoir mangé une première banane, je commence déjà à me sentir un peu moins alerte, je suis plus concentré sur l’effort. Je bascule en 1h26 soit déjà une dérive certaine. Après une deuxième banane, dans le troisième tour, je pioche carrément car ça deviens difficile (1h35 !). Dans le dernier tour, après ma dernière banane, je m’aperçois assez rapidement que mes sensations reviennent peu à peu. Au final, je pense que je viens seulement de toucher le bénéfice des bananes ingérées et que la digestion a pris quelques heures. Au début, comme j’avais pris un solide petit déjeuner (fromage, œufs), je m’étais dis que je pouvais tenir au moins deux heures sans rien manger, ce qui fut exacte. Le problème c’est que ce qu’on mange à ce moment là mettra plus de 3 heures à passer dans les jambes ! A mediter … Ayant retrouvé mes jambes dans le quatrième tour, je fais le dernier tour en 1h25 puis rentre avec de super sensations sur Clamart avec un temps total de 7h50 de vélo pour 203 km soit 25.9 km/h de moyenne. Cette sortie montre donc que je peux supporter 200 km sans être HS (certes, sans l’Izoard) et mon rythme s’est accru comparé à ma première sortie de 188 km en avril où j’étais à 24 km/h de moyenne. C’est donc rassurant, il me reste 4 semaines pour peaufiner tout ça mais ça semble sur de bons rails.

Coté course à pied, même si je suis loin d’être certain d’être autorisé à courir le marathon à l'embrunman à cause des barrieres horaires , dans ma préparation, mettre en place une base solide d’endurance course à pied comme pour de l’ultra trail me parait être la clef pour pouvoir supporter des efforts de plus de 12h, comme dans les deux types d’épreuve. Ce dimanche matin, après 7 heures de sommeil à cause du feu d’artifice de la veille, je pars avec ma poche à eau sur le dos pour le bois, sans trop savoir combien de temps je vais courir. J’emmène au cas où une barre de céréale (que je n’utiliserai pas finalement) et me voilà parti. Après les 200 km de la veille, je sais bien qu’il faudra presqu’une heure pour avoir de bonne sensations dans les jambes alors patience. Comme je veux courir au moins deux heures, car dans la préparation, je ne l’ai pas trop fait pour le moment, je prends le circuit que j’appelle long run. Ce circuit fait une trentaine de km et passe par la bois de Clamart pour rejoindre le carrefour des 6 bornes puis après les étangs on arrive vers Velizy que je longe par le bois jusqu’à l’A86, que je longe aussi jusqu’aux abords de Versailles, puis reviens par une piste pour chevaux, jusque Chaville qui me mène au joli étang d’Ursine où j’ai en mémoire le passage du dernier ecotrail au clair de lune. Puis je remonte sur la tour TDF et retourne sur Clamart en passant par les abords des jardins de l’observatoire de Meudon. Au total 2h52 de course qui me permettent d’aborder la dernière  partie de la préparation avec une solide base de fond qui a été facilitée par la fraicheur des dernières semaines. Dans la période à venir, la chaleur tant attendue devrait rendre les entrainements plus éprouvants. A suivre donc.

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