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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:23

En ce début de mois de mai, alors que je prépare le trail des Drayes du Vercors (15 juin, 60km/3000m D+), je me trouve dans les Highlands au nord de l’Ecosse pour 2 semaines et essaie de trouver un peu de temps entre deux visites pour ne pas perdre trop mon entrainement. En prévision de cette période de relâchement, j’ai commencé mon entrainement spécifique dès le début avril deux semaines après avoir effectué l’Ecotrail de 50km. Comme il y a des kilos à évacuer, je suis aussi en mode régime. J’ai donc couru 4 fois par semaine pendant les 4 semaines d’avril avec chaque semaine une sortie longue de 2h40 et 3 sorties de 1h20 dans le bois de Meudon et la forêt de Versailles. J’ai aussi perdu 2 kilos (sur 4 à perdre pour retrouver mon poids de forme de 72 kilos pour 1m78). Pendant les deux semaines de vacances, je ferai une sortie longue de plus de 2h par semaine et c’est tout, avant de reprendre un entrainement classique type trail 100km pendant les 4 semaines qui me resteront d’ici la course.

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Le joli petit port de Portree

 

C’est pourquoi je me trouve ici avec ma cape sur le dos une fin d’après-midi devant mon bed&breakfast situé dans le petit port de Portree, 57°24 Nord et qui est le centre névralgique de l’Ile aux mille paysages et aux mille couleurs, je veux parler de l’Ile de Skye. Courir en Ecosse est déjà pas simple car le temps écossais est extrêmement variable mélangeant pluie, vent, et parfois soleil. Sur l’Ile de Skye c’est juste dix fois plus variable et on démarre avec une température plutôt fraîche (7 deg) pour une fin d’après midi de mai. Connaissant l’Ile surtout par les routes et étant devenu allergique au bitume pour ce qui est de la course à pied, j’ai acheté un petit guide des balades à faire sur l’Ile. Celle qui commence à Portree longe le port par un chemin pas très facile à courir car composé de grosses pierres alignées les unes après les autres. Puis le chemin remonte sur la falaise, 30 m plus haut, en longeant un vieux mur d’enceinte et enfin rejoint la route en haut. Après ce ¼ d’heure d’échauffement, commence alors l’aventure toujours sous la pluie et dans le vent. J’ai mis mes bras bien sous la cape car la pluie est froide. En revanche, la cape est très efficace contre le vent et bien caché en dessous, je n’ai pas froid. J’ai pris mon petit sac à dos avec un litre d’eau car je compte courir au moins 2h30. Avec les Scottishs breakfast et les cream tea avec scones et confiture, même si nous ne mangeons rien à midi, il faut quand même évacuer un peu le trop plein d’énergie ! Arrivé à la route en haut de la falaise, j’ai l’intention de prendre à travers les pâturages comme m’avait dit l’Ecossais qui tient la librairie où j’ai acheté le petit guide : « En Ecosse il y a mille chemins et chacun prend le sien » pour résumer le fait qu’à l’inverse de nos sentiers de randonné type GR, les chemins en Ecosse quand ils existent, sont surtout à but utilitaire et pas du tout marqués. Je traverse la grande route qui mène au Man of Storr au Nord de l’Ile pour une petite route qui semble s’enfoncer dans la nature en longeant les maisons spacieuses qui s’y trouvent. Il pleut toujours un peu et rapidement je tombe sur des moutons, vu qu’il y en a environ 10 pour 1 humain en Ecosse, c’est assez normal.

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Les cousins du bouc qui a couru avec moi

 

Cependant, ceux-ci se demandent ce qu’est cette bête qui leur fonce sur eux avec une cape sur le dos ! Les brebis et les agneaux sont paralysés par la peur tandis que les boucs ont le courage de fuir si l’on peut dire. Et me voici donc avec un bouc aux cornes charnues courant dix mètres devant moi et se retournant régulièrement pour constater hélas que la bête inquiétante la suit toujours ! En principe les moutons sont derrières les grillages mais il y en a toujours qui passent de l’autre coté et qui n’arrivent plus à regagner le troupeau. Je commence à me demander jusqu’où je vais emmener ce bouc car cela fait plusieurs minutes que nous courons tous deux ! Au bout d’un moment, le bouc décide de prendre la ruelle à droite. Il a en effet reconnu l’endroit où se trouve la grille en travers de la route et qui empêche les moutons de sortir de l’enclos. Me voici débarrassé mais bientôt la route s’arrête et semble continuer en chemin de terre. J’interroge le vieil Ecossais qui habite au bout de la route et il me dit (d’après ce que j’ai compris …) que ça continue encore en peu et après on poursuit dans les près. C’est parfait pour moi je me dis … Grave erreur. Au bout de 200m on arrive à un hangar où des vaches de type Highlands sont en train de manger. Inutile de dire que mon arrivée intempestive la cape sur le dos a fait tourner toutes les têtes, et ce sont bien une dizaine de paires de cornes dressées vers le ciel qui sont maintenant tournées dans ma direction.

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Les vaches Highlands, resistantes au climat du nord de l'Ecosse

 

Je préfère ne pas poursuivre et tente une incursion dans le pré attenant. C’est alors que je comprends pourquoi il n’y a pas de chemin. Le sol est complètement inondé. Toute la pluie qui tombe chaque jour est stocké dans le sol et les bruyères qui y poussent n’arrivent pas à absorber. Il y a même des rivières à franchir, et quand je ne patauge pas dans la bouse eh bien je cherche à poser le pied sur une motte d’herbe au sec mais rapidement je dois rendre les armes et retourner au bitume … Je reprends donc la petite route en sens inverse puis tourne à droite le long de la grande route, assez déserte à cette heure pluvieuse. Je la suis pour tout d’abord faire le tour du camping de Portree (3 tentes et 6 cyclistes détrempés qui se tâtent) puis continue de redescendre la route pour aller vers l’arrière du village de Portree où je retrouve même un sentier dans un lotissement. C’est quand même plus cool que dans la campagne profonde. Ici je lève un merle chanteur, là c’est un lapin qui démarre à mon arrivée. J’arrive alors au stade dont je fais le tour du terrain et entame le retour vers le port. Je suis au contact des habitants à visage humain, ça change des moutons ! C’est alors que débouchant d’une allée, je croise un groupe de personnes qui sont épatés de croiser quelqu’un qui coure de ce coté là de l’Ile. Une jeune femme, le gamin dans le sac à dos m’encourage et se met à courir à mes côtés, c’est rafraichissant ! Je lui explique tout en courant, pourquoi je suis là à courir et d’où je viens mais déjà il me faut partir plus loin. Je retrouve le chemin de la balade à l’endroit où je l’ai quitté et termine la boucle par un sentier sympa qui me ramène au port. J’ai couru 2h15 mais j’ai des souvenirs de course plein la tête, courir sur l’Ile de Skye ne laisse vraiment pas indemne, je suis devenu un peu plus un Highlander maintenant, les dégustations de whiskys feront le reste ... Il faudra quand même 3 jours à mes chaussures pour sécher et un bon bain chaud pour me réchauffer !

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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