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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 17:24

Ayant projeté depuis plusieurs mois de me rendre du coté de Briançon, Pelvoux plus exactement, pour y passer 3 jours fin mai, je décide de mettre à profit ce passage pour y aller voir de plus prêt de quoi il en retourne sur le parcourt vélo de l’Embrunman. Ayant trouvé in extremis une housse pour y ranger mon vélo, j’y couds de quoi y fixer deux bretelles (prise sur de vieilles sacoches publicitaires). Cela me permettra une fois à la gare d’arrivée de rejoindre mon gite à vélo, avec la housse vide et pliée en quatre sur le dos. C’est d’ailleurs ainsi que je pars ce dimanche soir de Clamart, direction la gare d’Austerlitz. Tout ce passe bien, démontage des roues de vélo inclus et me voici dans ce train de nuit qui va m’emmener vers les Hautes Alpes, le vélo rangé dans sa housse sous le lit du bas du compartiment. Je déguste la bière sans alcool que j’avais pris dans mon sac, car après une journée de préparation stressante, je savais que toutes ces émotions d’avant voyage allaient me donner grand soif ! Je tombe sur une petite bande de montagnards d’adoption dont un belge d’Anvers et nous voilà parti à discuter jusque passé 23h … le voyage passera vite. Arrivée sous le soleil d’Argentière en Bessé,  j’avale deux pains au raisin gardé de la veille et prends le temps de remonter tranquillement mon vélo pour entreprendre les 300 m de dénivelé qui séparent la gare de la chambre d’hôte où je loge, située à Pelvoux dans la belle vallée de la Vallouise. Une fois arrivé, je dépose mes affaires et me voilà reparti, je ne sais pas vraiment encore pour où … La veille au soir, j’avais mangé une modeste assiette de pates en prévision mais le petit dej a été chiche alors avant toute chose, direction la boulangerie ! Un gâteau aux amandes pour moi et un pain pour la poche arrière. Je prévois aussi qq financiers pour le goûter. Plus bas, à l’Argentière, le boucher me fournira chaque jour en viande de grison et jambon cru maison.

 

06 col izoardOù aller ? Je me dis que j’irai bien reconnaitre les premiers km du col de l’Izoard et puis on verra bien. J’arrive jusque Guillestre par la nationale, c’est ce qu’il y a de plus direct et en ce lundi de Pentecôte, la circulation est douce. A Guillestre commence une portion du parcourt vélo de l’Embrunman, celle qui mene en haut du col pour basculer vers Briançon. La pente se raidi un peu, on doit passer à du 4%, on est à 900m et le col de l’Izoard est à 2360m. Je me dis que j’irai bien jusque Arvieux situé à 1680 m d’altitude, non sans avoir laissé sur la droite le magnifique Château Ville-Veille où furent tournées les scènes d’épée du dernier film le Bossu. Je n’ai pas des jambes de feu car la nuit n’a pas été de tout repos et il me faut manger. J’essaie de manger toutes les 2h30 et avant d’avoir le sentiment de faim. Après la collation de 10h30, il est temps à 13h pour s’arrêter en chemin casser la croute. Vingt minutes plus tard, nous voilà reparti en direction d’Arvieux après déjà 20km d’ascension depuis Guillestre. Là je refais un peu d’eau mais ne rempli qu’un bidon sur deux, rien ne sert de trop se charger à la montée surtout que j’y repasse à la descente. J’avais en mémoire que la phase finale de l’ascension commençait avec les premiers lacets après les dernières maisons de la très longue ligne droite (3 km) qui va d’Arvieux à Brunissard. En fait la pente est beaucoup plus raide dans les villages que dans mon souvenir (on navigue dans les 12 %) et c’est bien dur. Je me dis que je vais faire un ou deux lacets puis on verra bien. Cependant, ayant été bien chauffé par les 12% de la longue ligne droite, l’arrivée dans la forêt et les premiers lacets ne me posent pas davantage de problème. Comme souvent dans le massif des écrins, les ascensions sont très raides sur le bas (le premier tiers) puis se font plus humaines. Chemin faisant, et bien que je ne sois ni acclimaté à l’altitude, ni dans une forme olympique, je me dis que je vais essayer de faire les 10km qui me séparent du sommet et donc tenter d’aller jusqu’en haut. C’est donc en toute logique que je réalise ma plus dure des 3 ascensions que j’ai faites jusqu’à maintenant du col de l’Izoard. Durant ces ascensions, je ne suis pas en anaérobie, je trouve facilement mon souffle et mon fond d’endurance me permet de trouver un rythme mais la souffrance est là. Je grimpe mètre après mètre une pente comprise entre 8 et 10% et passe les tunnels. Le paysage des gorges de la combe du Queras est vraiment magnifique et à la vitesse où je vais j’ai bien le temps d’en profiter. Au bout d’un certain temps, je finis par rejoindre le replat de la casse déserte où je m’arrête 30 secondes pour reprendre complètement mon souffle et admirer pleinement ce paysage lunaire de toute beauté. Après une très courte descente, je reprends l’ascension finale avec des passages et un final à 12% que je dompte en zigzagant un peu pour réduire un peu la pente. Je ne reconnais même pas le dernier lacet et c’est avec une certaine surprise que je découvre que je suis arrivé tout en haut. L’air y est frais, il y a 40cm de neige de part et d’autre de la route. Je suis content d’avoir gardé le sac en plastique du boucher, il me sera utile pour me protéger du froid à la descente.

Je discute un peu avec des hollandais, heureux comme moi de s’être arraché pour atteindre le sommet. Je mange mes deux financiers et je replonge vers Arvieux, prudent dans les lacets mais lâchant tout dans la ligne droite de Brunissard où les 12% de pente me portent à prêt de 80 km/h au compteur ! Le retour se fera sans difficulté hormis les 300m à remonter à la fin pour arriver à mon gite. Cette journée que je savais de transition a donc été bien remplie avec ces 136.5 km en 7h13 avec environ 2100m de dénivelée positive (D+). Ce qui est fait n’est plus à faire, demain je vais pouvoir me concentrer sur le reste du parcourt.

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Published by Dominique Bayart - dans Triathlon
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