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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 16:26

Lac Combal-Col Checrouit (9,2km-468m) , Altitude départ : 1970m / arrivée : 1919m


En sortant des ravitos, on est toujours un peu saisi par le froid car le corps a refroidi. Mais en plus, ici, la nuit a avancé, on a perdu quelques degrés, on est assez haut et l’humidité du lac fait bien sentir la fraicheur. Je me résous donc rapidement à m’arrêter pour prendre ma veste imperméable en goretex (ce sera le seul vêtement que je mettrai en plus de mon maillot durant toute la course).  Les concurrents sont maintenant bien espacés on n’est plus les uns derrière les autres comme dans les deux premiers grands cols. J’ai m’impression que mes arrêts maitrisés et rapides aux ravito me permettent de laisser à chaque fois un certain nombre de concurrents derrière. Je passe d’ailleurs l’arête du Mont Favre à 6h05 en 963 position.

 

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L’aube se lève sur le col de Chécrouit

 

Peu à peu le jour se lève, j’éteins ma lampe et une heure plus tard après 7h le soleil commence à monter mais le ciel est brumeux vers l’est et donc nous n’avons pas droit à de très belles couleurs. Cela signe la fin de la nuit et donne du baume au cœur. Cette section se court bien hormis la petite remontée vers le col où j’arrive assez rapidement à 6h50 et seul en 950 position.

 

009

Des trailers arrivent en direction du ravito


Le ravito du col de Checrouit a lieu dans un refuge gardé et le patron paie sa tournée ! Ce qui devait être un simple arrêt boisson a été agrémenté par du jambon et du pain par le patron du refuge qui fait ça chaque année. Ca tombe bien et sous les premiers rayons du soleil je profite des instants agréable de ce ravito hors du commun et accueillant.

 

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Le ravito du col de Chécrouit


A ce stade, nous avons parcouru un total de 73,3km et gravi un cumul de 4249m.

 

Col Checrouit –Courmayeur (3,8km-0m) , Altitude départ : 1919m / arrivée : 1195m


Apres avoir rangé ma veste et ma lampe dans mon sac, il faut maintenant entamer la descente vers Courmayeur que j’imaginais très roulante d’après mes souvenirs. En fait, le haut est encore un peu technique puis c’est roulant mais sur le dernier tiers de la descente,  le parcours nous fait passer sur un petit chemin en balcon qui tournicote en tout sens puis passe par des passages assez techniques et sablonneux ce qui est un peu surprenant avant d’aller rejoindre la ville. J’entends alors le premier chant d’oiseau de la journée, ce qui fait du bien. Lors de la descente je discute beaucoup avec un gars de Cham qui court beaucoup et qui a fréquenté les stars de l’ultra-trail qui habitent dans le coin. Il me dit qu’il ne s’est pas embêté avec le matériel inutile que l’organisation veut nous faire porter et a donc viré les gants, le pantalon de pluie et le pull chaud de son sac … Je me dis que je suis vraiment trop honnête. Nous traversons les vieux quartiers, il est encore tôt, 7h44 du matin et la ville s’éveille peu à peu. J’arrive en 966 position. Mon partenaire me déclare qu’il va aller dormir un peu car il en a besoin. En fait, j’ai eu l’impression qu’après la nuit passé, et vu que le ravito a lieu dans un grand centre sportif, chacun a en tête d’y passer du temps pour soigner un peu son corps meurtrie. En plus l’organisation assurait le transport d’un sac depuis Cham. Alors ça a donné des idées à certains : Et va-y que j’enlève les chaussures refaire les protections, changer de chaussette, de maillot, se laver etc … Et parfois on ne repart pas. Ils seront 146 de plus à ne pas remettre les chaussures et s’ajouterons aux 300 autres trailers qui ont abandonné depuis Cham. Pour ma part, je n’ai aucun problème, tout va bien alors je ne prends même pas le sac que j’avais préparé au cas où. Je resserre juste un peu mes lacets parce que je trouve que mes pieds bougent un peu. Pour moi c’est un ravito comme un autre, avec la bonne surprise d’avoir des pâtes servies avec le parmesan. Il n’y a pas à dire, les Italiens ils savent y faire. Après un court moment d’hésitation, je m’avale une bonne assiette de pâtes bolognaises à 8h du matin et ça fait du bien au corps. Un petit café avec un sucre complète l’ensemble.

 

J’avais au poignet droit un bracelet éponge pour m’essuyer les yeux si besoin. Je le mouille et m’en sert de gant de toilette. C’est un peu rustique mais ça fait fonction ! Même pas vingt minutes après mon arrivée au centre, je suis reparti rechargé pour une nouvelle journée de course. Il est 8h00 et j’ai donc 4h00 d’avance sur les barrières horaires alors que je n’ai pas forcé spécialement. Mais comme je n’ai pas de problème, je ne perds pas du temps. Entre ceux qui vomissaient avant les Contamines (on se demande ce qui ont pris comme saleté avant le départ …), ceux  qui dorment à Courmayeur ou encore ceux qui se refont les pieds, ça fait du monde qui mécaniquement passe derrière moi et du temps de gagné sur la barrière horaire.

 

A ce stade, nous avons parcouru un total de 77,1km et gravi un cumul de 4249m. Quoiqu’en pensent certains, on est encore loin de la moitié et il ne faut pas mollir.

 

Courmayeur -Bertone  (4,9km-816m) , Altitude départ : 1195m / arrivée : 1979m

 

Après Courmayeur, nous allons remonter sur un plateau qui va nous mener jusqu’au pied du col du Val Ferret. Le chemin s’élève dans la forêt pour aller rejoindre le refuge Bertone, 816m plus haut. Comme on a bien mangé, tout va bien. J’ai le moral, le corps fonctionne bien. J’ai maintenant appris à ressentir les besoins en termes d’alimentation. Au bout d’un moment à monter, les jambes vont commencer à faire un peu mal, on est un peu fatigué, c’est alors le bon moment pour prendre une powerbar qui va me requinquer et me permettre de poursuivre sans fléchir. La montée à Bertone se fait donc gentiment sous un soleil pas encore bien méchant. Je passe rapidement faire les niveaux au ravito et prendre une tasse d’overstim. Il est 9h25 et je suis en 749 position, ayant laissé du monde derrière moi à la station manucure de Courmayeur !

 

A ce stade, nous avons parcouru un total de 82km et gravi un cumul de 5065m.

 

Bertone-Bonatti (7,3km-280m) , Altitude départ : 1979m / arrivée : 2015m

 

011Le refuge Bertone où a lieu le ravito


La partie qui va du refuge Bertone au refuge Bonati est assez roulante dans les alpages. Je passe le temps en discutant avec un gars qui m’invite à venir courir des trails dans les Pyrénées. C’est vrai que ça doit être bien sauvage, vert, mais je lui réponds : souvent mouillé ! Nous nous suivrons jusque tout en haut, laissant pas mal de concurrents dans la montée. Nous arrivons assez rapidement au refuge Bonatti pour un ravito boisson où je ne rempli les bidons qu’à moitié car je sais que le prochain ravito n’est pas loin.

 

17068549

Moi-même en route vers Bonatti

 

A ce stade, nous avons parcouru un total de 89,3km et gravi un cumul de 5345m. Il est 10h56 et je suis en 743 position. Nous avons donc dépassé la mi-course à la fois en termes de distance et de dénivelé mais il ne faut pas s’y fier. La partie restante est beaucoup plus technique, et se fera  en grande partie lors d’une deuxième nuit de veille et donc pour moi la mi-course se situe plutôt au Val Ferret.

 

Bonatti-Arnuva (5,2km-105m) , Altitude départ : 2015m / arrivée : 1786m


Pour le moment il faut remonter une centaine de mètres avant de redescendre un peu sur Arnuva. Le soleil est maintenant assez haut et la température a bien monté. Les conditions sont bonnes, je me sens bien, le temps passe assez vite. Il est déjà 12h00 et je suis le 743 à arriver au ravito (boisson uniquement). Je fais le plein et on nous rappelle bien qu’il n’y a plus de ravito jusque La Fouly et donc qu’il faut prendre un max d’eau. Je sors le bidon vide de mon sac et le rempli alors et repars pour monter les 900m du col du Val Ferret. Je m’alimente comme d’habitude mais constate que nos amis italiens ont amené de la viande séchée, douce attention. Pourtant je n’en ai pas envie avec la chaleur qui monte et juste avant de grimper le Val Ferré. 103 personnes abandonneront à ce ravito.

 

A ce stade, nous avons parcouru un total de 94,5km et gravi un cumul de 5450m.

 

Arnuva-La Fouly (13,9km-902m) , Altitude départ : 1786m / arrivée : 1600m


012

Paysage de montagne sur le chemin vers Arnuva


Je fais la montée en compagnie de la personne rencontrée plus bas. Nous croisons quelques randonneurs et sommes parfois sifflés par les marmottes mais elles resteront cachées. Ce col est très long mais pas technique ce qui fait qu’on progresse bien. Ici et là des photographes sont placés. La montée se fait comme d’habitude c'est-à-dire tranquillement à 600m heure et c’est donc à peine un peu plus d’une heure et demi qu’il nous faut pour arriver ensemble en haut à 13h51 en 773 position.

 

Voilà j’ai atteint mon premier objectif à savoir passer les 100km du Val Ferré et compte tenu de l’état de ma cheville voilà qui est déjà très bien. La suite m’inquiète un peu puisque nous avons 1000m à descendre, il va falloir assister la cheville avec les bâtons et y aller mollo. Le tendon peut lâcher à chaque instant sans signe avant-coureur et mettre fin dans l’instant à cette aventure.

 

C’est donc prudemment que je bascule coté Suisse. Je me fais naturellement doubler surtout que le haut est assez technique puis la descente se fait plus roulante et je peux courir dans la descente. Régulièrement, je fais des mouvements pour détendre ma cheville quand je sens poindre le début d’une douleur qui disparait alors. La descente se fait bien et ne me parait pas si longue que ça. On passe dans un premier hameau nommé La Peule ou je constate qu’un ravito non officiel distribue de l’eau à l’aide d’un tuyau d’arrosage. J’ai donc monté pour rien de 1000m de haut un bidon de 600g, voilà qui est triste mais pour le coup je ne voulais pas m’en remettre au hasard (l’organisation a donc insisté sans raison sur le manque d’eau à venir).  Le reste de la descente se fait sans problème et non arrivons dans le village de La Fouly à 15h38 en 768 position et où la température n’est pas aussi chaude que ce qui avait été annoncé. Le village est charmant et pour ce premier ravito coté Suisse, l’organisation s’obstine toujours à nous servir la même mixture. Nouveauté, un bureau pour la prise en charge des abandons. Y-a-pas, ça donne le morale ! L’après-midi touche à sa fin et j’ai maintenant presque 5h d’avance sur la barrière horaire. Depuis le début de la course, les ravitos ne sont pas très accueillants, c’est souvent une grande tente posée à même le sol avec quelques bancs et où on n’a pas envie de s’attarder et parfois assez bruyant. Je ne m’y sens pas bien et préfère repartir vite sur les chemins, au calme, avec une ou deux personnes avec moi.  Je me rappelle les mots de la personne rencontrée en début de course qui expliquait qu’il ne fallait pas d’enraciner au ravito de la Fouly et donc je décide de repartir rapidement après seulement 13 minutes et après avoir vidé au sol le contenu de mon troisième bidon qui ne m’a donc pas servi. D’ailleurs l’organisation lance un appel pour que les gens repartent car il y a bien trop de monde sous la tente. Il faut dire que certains sont affalés sur la table et dorment … 644 concurrents ont abandonné depuis le début sur les 2469 qui ont pris le départ.

 

A ce stade, nous avons parcouru un total de 108,4km et gravi un cumul de 6352m.

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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