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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:14

Faits de course, Marathon des Yvelynes 24 Octobre 2010.

 

Après le retour (raté) de Justine Henin, le père Bayart poursuit le sien en cette fin de saison pour l’athlétisme. Me voici prêt pour le marathon des Yvelines avec un volume d’entrainement élevé, tout au moins en quantité (45% supérieur à celui de marathon du Louvres, et identique au record à Paris (3h10)). Coté poids c’est 4 kg de moins qu’au Louvres et 1 kg de plus qu’à Paris, cad 72 kg. Tout cela me fait penser qu’il est envisageable de tenter un nouveau record.

 

 

A partir de là, il a fallut définir le plan de course, compte tenu des cotes de 1 km au départ et à l’arrivée (voir le graphe). Les statistiques sur mes derniers records montrent que si le temps prévu sur les 12 derniers km a été à peu prêt tenu, les minutes perdues qui m’ont empêché de passer sous les 3h10 l’ont été entre le semi et le 30eme km, ou je n’ai jamais été capable de tenir le temps prévu. Ces qq minutes perdues s’expliquent d’une part par le fait que je n’arrive pas à rattraper le temps perdu lors des ravitos (bien 15 secondes tous les 5 km) et d’autre part que la vitesse, la plus élevée dans cette partie de la course ne peut pas être facilement augmentée davantage en course pour compenser. Je décide donc de mettre l’accent sur les 30 premiers km sachant que les 12 derniers seraient durs mais que l’entrainement devrait permettre cela modulo le fait que je planifie une vitesse légèrement moins élevée sur la deuxième partie de course et aussi que l’on bénéficie après le 38eme km de qq descentes qui devraient permettre de tenir.

 

 

Cela donne donc une base de 4’15 au km jusqu’au semi (de façon à avoir 4’20 au km réel en tenant compte des ravito) et je vise de passer sous les 4’30 après le semi. Je prévoie aussi du 5’10 pour les deux km avec cotes. Cela donne un temps final de 3h08’32s donc compte tenus des aléas de course possibles, j’espère descendre sous les 3h10. A priori cela correspond à la vitesse maximum jamais tenté par moi-même en marathon mais en même temps, pour établir un nouveau record, c’est quelque part nécessaire. Voilà, la théorie étant faite ainsi que les entrainements, place à l’action !

 

Me voici donc sur place vers 8h30 en ce petit matin d’octobre pour retirer mon dossard. Le temps comme prévu par la météo a suspendu son vol et sa pluie pour laisser place au soleil et à un peu de brume pour faire de jolis clair-obscurs. Ma kangoo est équipée comme un camp de base avec notamment du café sucré que je prends 15 mn avant le départ (je l’avais fait à Paris, c’est vrai que ça dynamise bien, surtout en vue d’un départ rapide).

 

9h30 Après un échauffement léger de 5 mn, nous voici sur la ligne de départ. Un squeezy (hydrates de carbone directement assimilables par le corps) avant de démarrer, comme à chaque ravito tous les 5 km. Je suis censé démarrer en 4’15 mais difficile de prendre ses repaires dans le premier km surtout qu’il y a une légère pente et je ne veux pas non plus risquer de partir trop vite en 3 mn/km tout bêtement par peur de partir trop lentement. Je démarre donc plutôt tranquille en accélérant peu à peu au cours de ce km, pour aboutir à un temps très moyen de 4’42, où un léger doute sur ma condition me vient. Le temps du 2eme km me rassure (4’00) bien que trop rapide. Finalement à partir du 3eme km j’arrive à me régler sur 4’11 – 4’15. Les premiers km passent très vite, j’essaie de trouver mon souffle …

 

Car je sais que vers les 4 mn au km, je suis en proie au point de coté du fait que je suis trop crispé au niveau du ventre lors d’une ventilation forte. Je souffle 3 fois pour une inspiration et me masse le ventre régulièrement pour rejeter les douleurs qui tentent d’apparaitre. Dans un marathon, les douleurs dans la première partie sont plutôt au niveau du haut (respiration et ventre) tandis que dans la deuxième partie elles sont au niveau des jambes. Donc pour le moment à partir du moment où j’arrive à contenir le point de coté, mes jambes vont très bien et m’amènent au km 10 en 43’50, ce qui est même un peu trop rapide par rapport au plan prévu (45 mn), mais moins qu’à Paris ! (mais sans la cote).

 

Je poursuis sur les mêmes bases même si ça me fait mal (je suis limite point de coté). Sur un chemin parallèle au nôtre, deux cavaliers montent à cheval à la même vitesse que nous, instant magique au milieu de ces beaux paysages des abords de la foret de Rambouillet) faits d’arbres et de près …  Je vise l’objectif de tenir cette allure jusqu’au semi, où je passe comme prévu en 1h33 même si dans les derniers km du premier semi, j’étais parfois dans les 4’30 au km. Ce qui fait que le léger changement de rythme visé après le semi est déjà dans les jambes, et qu’entre le km 20 et le km 25, cela commence même à être un peu plus dur …

 

Soudain, une personne qui me suivait depuis un petit moment me passe … Cela me réveille et je décide de le suivre en me disant que c’est le temps que je vise qui est en train de passer devant moi et qu’il faut à tout prix que je le suive. Nous resterons ensemble jusqu’au km 32, même si au km 25, je serai un peu largué durant le ravito, je reviendrai pas à pas sur lui puis après une courte côte, c’est lui qui flanche, je le passe non sans lui dire de tenir bon. Je passe au km 30 dans le temps prévu cad en 2h13 mais je sais que la suite ne va pas être une partie de plaisir. Tous mes temps de passage sont un poil moins rapide (une poignée de secondes à chaque fois) à ceux faits sur le Marathon de Paris en 3h10, ce qui montre que ce départ n’était tout de même pas si fou (quoique, car avec la cote du début, cela représente en fait plus d’efforts à fournir qu’à Paris).

 

Bon, je suis passé à tous les temps intermédiaires comme prévu, la question cruciale, de tout marathon d’ailleurs, c’est comment le corps va-t-il réagir dans les 12 derniers km à ce que je lui ai fait subir dans les 30 premiers. Je ne vais pas tarder à être renseigné. Dès le km 32 je sent mes jambes devenir très lourdes (4’50 au km) puis carrément devenir comme du bois un km34 (5’10 au km). Je sais d’hors et déjà que je ne battrai pas mon record aujourd’hui. La question est maintenant plutôt de limiter la casse au maximum et voire de finir ce marathon ! Dans ces cas là, on aborde chaque km comme un but en soi, et finalement j’arrive à trouver un rythme autour de 5’10 où la souffrance des jambes devient acceptable. L’avantage à cette allure, c’est que les douleurs liées à la respiration ont disparu et maintenant je peux même causer ! Je me dis qu’il ne me reste plus que 50 mn à souffrir, c’est moins dur que de se dire encore 10 km !

 

Peu à peu, j’arrive au ravito du km 35 ou je ne prends pas de squeezy mais uniquement de l’overstim (glucose liquide) en gobelet car j’ai peur que le ravito perturbe l’équilibre fragile ou j’étais arrivé et en plus je pense que sous forme liquide ca va passer plus vite dans le corps et il ne me reste plus qu’une demi-heure de course. Je me dis de profiter du moment, on ne fait pas un marathon tous les jours, il fait beau, je ne vais pas super vite mais j’avance, et en plus le temps emmagasiné dans le 30 premiers km devraient de toute façon accoucher d’un temps final pas trop nul … Enjoy ! comme disent les américains. C’est ce que j’ai essayé de faire dans la dernière partie et c’est comme chanter le carnaval de Dunkerque au km40 au marathon du Louvres, ça aide à oublier un peu qu’on a mal. Ici, au km le plus dur (le 38eme) il y a une belle descente.

 

J’essais d’oublier mes douleurs et de foncer au maximum, ce qui me donne un 4’50 inespéré puis le 39eme avec une légère cote (la dernière) en 5’10 et enfin le 40eme avec de l’overstim (je leur ai demandé un pastis avec deux glaçons mais ils m’ont dit qu’il n’y en avait pas !). Je donne mon maximum en me disant de limiter la casse pour sauver le temps final. La fin n’est pas si difficile avec ces descentes, et j’arrive sur le stade finalement en 3h15’02 ce qui est mon 3eme temps (à 1’50 de mon meilleur temps sur ce marathon des Yvelines la fois passée mais à 5 mn de mon temps à Paris en 2006). Je prends ma breloque, rend ma puce et prends un thé sucré et mange un peu de banane.

 

Pour ce 10eme marathon, je m’accorde une petite attente pour avoir droit à mon premier massage après course. La demoiselle étant en première année de kine, elle est bien jolie mais autant dire qu’elle n’a que 2 mois de cours dans les mains et donc elle appuie pas bien fort sur mes muscles trop durs pour elle mais c’est tout de même bien agréable. J’essais de chasser la légère déception qui est en moi en analysant que 3h15 c’est un (très) bon temps.

 

Pour 2011, je pense varier un peu les plaisirs, alors l’idéal serait le trail de Paris (67 km dans les forêts Domaniales des Hauts de Seine avec arrivée au 1er étage de la tour Eiffel), le triathlon de Bray-Dunes et surtout beaucoup de golf !

 

Un bol de muesly au lait de soja et me voilà prêt pour la bière et les andouillettes grillées. A la votre !

 

 

 

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Published by Dominique Bayart - dans Marathon
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