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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 17:53

Samedi 16 mars, je suis au départ de cet Ecotrail sous le ciel gris et froid (2 deg) du parc du magnifique Château de Versailles. Il ne pleut pas c’est déjà ça et la neige a partiellement fondu ce qui va rendre les sols boueux. Pourtant j’ai bien failli louper le départ pour la première fois depuis que je fais des courses. J’avais confondu 10h45 et 11h45 pour l’heure de départ et donc à la sortie du petit dej à 9h45, en regardant une dernière fois le papier de la course, je m’aperçois que le départ sera donné dans une heure pétante ! Le temps de faire les sacs (sac de course + sac pour se changer après la douche), un ou deux pansements aux petits orteils et nous voilà en voiture (tant pis pour l’appareil photo …). Cette semi-conduite d’échec n’est pas surprenante. Si je me suis inscrit sur un 50km couru en plein hivers sans autre paysage attendu que celui des bois où je cours régulièrement, c’est bien que ce n’étais pas la perspective d’y taper un score qui m’y amenait.

 

En fait, après cette année 2012 bien remplie en émotion, la perte de mes deux parents, le cancer d’une amie très proche (qui vient de décéder et à qui je dédie cet Ecotrail), j’ai été vraiment en dedans au cours de ce premier trimestre. Alors pour me forcer à courir un peu et mettre un terme aux kilos qui commençaient à s’accumuler, je me suis inscrit à cet Ecotrail. Oh, rien de bien méchant, pas le 80km car je savais pour l’avoir vécu l’an dernier, combien s’y préparer durant l’hiver est difficile. Avec le 50km, quand on sort d’un Endurance trail de 100km, le danger, c’est de penser que ce sera les doigts dans le nez et qu’avec 2 ou 3 sorties longues ça sera bon. Mais en même temps, si on compte sur un mois et demi de préparation, ça nous amène à fin janvier pour démarrer avec des périodes de froid polaires, des chutes de neige en veux-tu en voilà sans compter les semaines où l’on ne peut pas courir à cause des épidémies soit de gastro soit de grippe ainsi que sur les périodes au ski ou en raquettes. A la fin, vu que la nuit tombe à 16h30 ça ne fait pas beaucoup de temps pour courir dans de bonnes conditions et me voici sur la ligne de départ avec une préparation a minima, en gros faite sur 4 semaines, le reste auparavant étant juste de l’entretien avec une ou deux sorties par semaine. Donc l’objectif de cette course, c’est la préparation (arriver à sortir malgré l’hiver long et vigoureux) et non la course, que je connais déjà et où je n’ai rien à prouver ni une autre course à préparer. J’y suis donc allé avec le but d’essayer de prendre un peu de plaisir malgré l’absence de soleil et un froid humide et désagréable.

Le départ est donné, sur 1700 inscrits, nous sommes 1451 à prendre le départ (250 n’ont donc pas réussi à sortir en bon état de cet hiver ce qui ne m’étonne pas).

 

Les premiers km se font sans difficulté, je me sens en peu lourd, un peu plus que d’habitude, dans la digestion du copieux petit déjeuner ingéré une heure et demi avant. Je me suis pas chaudement vêtu car les prévisions méteo font état d’un vent de Sud avec une température attendue montant jusqu’a 10 deg (en fait en pratique seulement 7.9 deg cad pas plus de 5 deg au fond des bois encore enneigés). J’ai quand même mis mon coupe vent pour la traversée du parc du château, assez ventée. Mais quand je m’apercevrai que je ruissèle du dos au point de croire à une fuite d’eau dans mon sac à dos, j’ôterai définitivement cette veste. Durant la course, je n’aurai jamais vraiment froid mais je pense avoir abandonné pas mal de calories du fait de ne pas avoir mis un vêtement un poil plus protecteur. Je ne suis pas en super forme, j’ai des douleurs dans les jambes et les fesses mais fois je me dis que c’est comme à chaque et que ça disparaitra ensuite (pour laisser place à d’autres douleurs en fait).

 

Le premier ravito se trouve à Chaville dans la forêt après 28 km. Faute de mieux, je vous ai mis une photo prise lors de l’Ecotrail 2012, l’heure y est plus tardive mais l’entrée du ravito n’a pas changé.

2012 03240007

C’est une particularité de l’Ecotrail que d’avoir un premier ravito très éloigné du départ (sur le 50km comme sur le 80km) et c’est un piège. Car cela oblige à se ravitailler soi-même en solide à l’inverse des sucreries soi-disant high-tech que l’on trouve sous forme de gel ou poudre car sinon on ne tiendra pas la deuxième partie. Il faut également boire suffisamment sans attendre le ravito. Le danger c’est d’arriver burn-out au ravito cad à moitié déshydraté et en n’ayant ingéré que des substances à courte durée d’efficacité, ce qui fait qu’on se retrouve à moitié en hypoglycémie. Car même en prenant du solide et d’autres reconstituants, vu qu’il faut au moins deux heures pour les assimiler cela met en péril la deuxième partie de course. Pour ma part, j’ai calculé que le ravito arriverait vers 13h30 et qu’il me fallait manger après 2 heures de course cad entre 12h30 et 13h00 de façon à avoir bien commencé la digestion avant le ravito. Une bonne tartine de pain bio aux noix et figues a fait l’affaire. Avant le ravito que je ne voyais plus arriver, je prends par précaution une barre de céréales car ça fait quand même presque 3 heures qu’on court ! J’arrive à Chaville au km 28 en 2h55 (en 485eme position) ce qui n’est pas si mal compte tenu des 595m de dénivelé déjà avalés car la moyenne correspondante est de 9,56 km/h. Au ravito, l’idée est de prendre du solide pour la deuxième partie de course : à la fois des boissons reconstituantes, une soupe aux nouilles et du solide type Tuc et quatre-quarts. Je ne m’éternise pas et me voilà reparti, la bouche encore pleine.

 

Une fois renfoncée dans la forêt, arrive une gazelle genre petit-modèle au look de danoise sortie tout droit d’un conte de Grimm, blonde avec les couettes au vent. Dans ces cas là, je ne peux faire autre chose que de passer une vitesse et de m’accrocher à ses basques. Au début, je n’ai pas trop de mal à la suivre et je me dis qu’au dernier trail de 50km que j’ai fait à Etretat en septembre dernier, j’avais suivi des relayeurs non sans un certain succès. Ici je dois pas mal ventiler pour la suivre, elle doit faire vingt kilos et 15 ans de moins que moi et ça se sent. Heureusement elle s’arrête quand même dans les côtes ce qui me permet de me refaire la cerise. Mais elle va quand même bien vite cette Blandine dont j’ai aperçu sur le dossard le prénom une des rares fois où j’ai repris la tête devant elle. C’est ensemble et sous une allure soutenue que nous rallions le ravito de St Cloud au km 40 en 4h22, elle, encore bien fraîche, moi avec des douleurs de surrégime dans les jambes. En tous cas, merci Blandine, ensemble nous avons remonté pas mal de concurrents, ce qui nous amène à la 421 place, peut être vais-je le payer cher par la suite.

 

En buvant un thé pour ne pas me refroidir, je l’aperçois et en profite pour la remercier de m’avoir remorqué sur ce tronçon mais lui déclare dès maintenant que je ne poursuivrai pas à ces cotés. Trop rapide vue ma préparation écourtée. Apres quelques sucreries (thé, coca, boisson soupe reconstituante) et un morceau de banane, me voilà reparti. Je devais manquer de sucres dans les jambes car les douleurs que j’avais en arrivant ont maintenant disparues, elles reviendront une demi heure après à la sortie du parc de Saint-Cloud. A ce moment il m’a manqué une petite barre de céréale sucrée. Les douleurs dans les jambes sont fortes, je me dis que chaque foulée est une victoire. Marcher n’est pas dans mes habitudes alors je m’accroche quitte à courir pas bien vite. Je ferai les 5 derniers km sur les quais en me concentrant pour avoir une foulée régulière et oublier la douleur tant que possible. Ces km le long des quais semblent quand même un peu interminables car on nous fait rejoindre le pont d’Issy, très Sud, avant de tout remonter sur l’autre rive. Mais à force de forcer la douleur, on est comme anesthésié et on ne la sent presque plus. A un moment donné, en montant un dernier escalier, après avoir vu un petit groupe à mes basques, me voilà à monter les marches 2 à 2 en leur disant en rigolant de suivre s’ils le peuvent ! Je me souviens alors d’un article lu dans la revue Sport&Vie et qui explique qu’on en a toujours sous le pied même quand ça ne va pas fort. Imaginez qu’on lâche un lion derrière mois, je battrai peut être mon record du 100m ! Alors je me concentre sur ma foulée pour oublier la douleur et remonte les quais jusqu’à la tour Eiffel pour franchir seul la ligne d’arrivée en 5h32’57. Je suis en 439 positions sur 1374 finishers ce qui n’est finalement pas si mal, toutes choses prises en compte par ailleurs.

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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