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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 17:28

La nuit fut longue et réparatrice. La semoule ingérée la veille m’a permis de recharger les batteries. Si au début je m’étais dis de faire ce mardi d’une seule traite tout le parcourt de l’Embrunman soit 188 km, je pense désormais qu’il me faut gérer mes efforts sur 3 jours et travailler plutôt sur du qualitatif avec des changements de rythme plutôt que d’additionner les km sans intensité. Ne connaissant pas Embrun et ses alentours, je me dirige dans cette direction avec dans l’idée de suivre le parcourt sur cette portion là.

 

denivele EmbrunmanAfin d’éviter la nationale, je passe par une route qui monte le long de la montagne. Il s’avère qu’il s’agit en fait d’une rampe de 2 km à 12% ! Arrivé en haut je fais part de mon émois à un cycliste et il me confirme que cette rampe fait bien parti du parcourt de l’Embrunman ce que je ne savais pas. Etant parti des Vigneaux, je suis donc déjà sur le parcourt de l’Embrunman, dans sa partie retour, quand les concurrents reviennent depuis le col de l’Izoard et Briançon. Une fois en haut de cette côte, le dénivelé ne change plus beaucoup et on navigue quelque 300 m au dessus de la route et de la Durance situées en dessous. Peu à peu je saisi la philosophie du parcourt. La double idée de base est d’éviter d’avoir à bloquer ou à emprunter la nationale qui relie Embrun à Briançon (car il serait alors  prévisible qu’un accord du préfet serait difficile à obtenir) et en revanche de passer par les plus jolis coins des environs. Le prix à payer pour cela est qu’après chaque passage dans la vallée ou au bord du lac, de devoir remonter les 300m qui nous sépare de la moyenne montagne, avec comme c’est l’habitude dans cette région, de forte pentes (10% minimum) dans le premier tiers. Après cette première rampe de la journée, et donc pas la dernière, je file en descendant vers l’aérodrome où après une dernière bosse, je franchi la rivière et la nationale pour rejoindre la départementale située en face. La montée préalable est plus douce et moins longue puis une succession de petites montées et de descentes m’emmènent par Saint André-les-Embrun jusqu’à la ville d’Embrun elle-même. Afin de ne pas bloquer la ville, juste après avoir franchi la voie ferrée, le parcourt monte directement vers Saint Chalvet, 300m plus tôt. Je fais cette portion avec en tête l’idée que c’est ici la portion finale qu’auront à faire les concurrents après 180 km de course. A ce stade là la rampe à 10% va faire bien mal ! Après la montée, on parcourt un peu la campagne jusqu’au lieu dit les Allemands où la descente vers le lac s’amorce, par une route en très mauvaise état, prudence à la descente !

 

saint-apollinaire-351

 

Arrivé au plan d’eau à 850m d’altitude, je fais le point. Il me faut maintenant faire la portion correspondant à la première partie du parcourt, jusque Guillestre. Pour éviter Embrun, le tracé prend directement dans la montagne avec une ascension à 10% comme d’hab, avec même la dernière ligne droite avant les Means, une pente que je subodore autour des 14% puisque ma roue avant s’est soulevée … Après les Means, on navigue, avec quelques bosses autour de 1150m, dans un paysage champêtre et alpin pour arriver à Saint-Apolinaire qui surplombe le lac (ci dessus) et amorcer la descente vers le barrage. La traversée du lac de part en part donne l’impression de pédaler au dessus de l’eau, avec une vue sans limite de chaque coté du lac. Séquence émotion ! J’arrive à Savines-le-Lac sur l’autre rive pour suivre une fois n’est pas coutume la nationale sur quelques km pour bifurquer vers les Baratiers et rejoindre la départementale prise à l’aller et qui va me ramener jusque Guillestre, d’où je rentre à Pelvoux par le même chemin que la veille. Au total, 149.8 km fait en 7h08 avec 1200 D+. Clairement, j’en ai plein les bottes et je sais maintenant que le gars qui fait l’Embrunman aura l’Izoard à faire en plus depuis Guillestre, soit 2h en plus pour moi environ, plus la descente de l’Izoard vers Briançon et la fermeture de la boucle entre Briançon et les Vigneaux. Cela veut dire, qu’à ce stade, il me faudrait dans les 10h sans pose pour faire tout le parcourt ce qui est bien plus que je ne pensais au départ et que je ne serai vraisemblablement pas dans les temps ainsi que je le craignais avant de m’inscrire. Ce parcourt est un parcourt de montagnard et le réaliser est déjà une sacrée performance en soi. Si j’arrive à améliorer ma vitesse d’ascension, qui est vraiment trop lente (10 km/h à 10%) surtout dans les montées flash de 300m de dénivelée à enchainer, alors je peux gagner un peu de temps. Un ou deux kilo de moins ne feront pas de mal non plus. Le bilan est donc très intéressant. D’une part, j’ai maintenant bien en tête le parcourt et où se trouvent les difficultés et leur nature, et d’autre part, je sais maintenant que je n’ai pratiquement aucune chance de tenir le temps imparti de 9h. Même avec cette dernière donnée, rien que la partie natation et vélo de l’Embrunman doivent apporter une émotion considérable, la partie course à pied étant la moins intéressante, qui fait que je ne regrette pas m’être lancé dans cette aventure. En plus, d’ici le 15 aout, ma forme va s’améliorer au fil des entrainements, et je ne suis pas certains que les barrières horaires soit si strictes que cela, à voir le D-Day …

 

Le dernier jour sur place est placé sous le signe de la récupération, d’une part parce que je n’ai pas très bien dormi (travail nocturne des muscles), et que de toute façon j’ai fait tout ce que j’avais à faire. Je me dirige donc vers la vallée de la Guisane non sans faire une petite montée à Villard Saint Pancrace, dans le bois des Ayes, magnifique forêt de mélèzes d’où partent de belles rando, mais cette montée à 10% qui fait quelques kilomètres et monte de 300m m’entame déjà les réserves. Après avoir passé Briançon, je remonte en direction du col du Lautaret et m’arrête manger sur le parvis de l’église d’un Monétiers méconnaissable car à tel point vidé de ses habitants. Le village du Casset n’est pas mieux loti, je n’ai pas les jambes aujourd’hui et les 600m déjà grimpés aujourd’hui m’ont vidé de mes forces. Je décide de rentrer par la route que suit l’Embrunman, ceci afin de boucler la boucle. La seule portion du circuit que je n’aurais pas fait pendant ces trois jours est donc la descente coté Laus du col de l’Izoard vers Briançon, sans difficulté et que j’ai déjà faite plusieurs fois, en voiture et à vélo.

 

Vigneaux

Au retour vers Pelvoux, pour atteindre cette route en balcon au dessus de la Durance, il me faut passer par une rampe à 10% pour monter environ 100m, ce qui ne sera qu’une mise en bouche lors du retour du col de l’Izoard et rallier la vallée de la Vallouise (ci-contre). Je termine cette troisième journée avec 102.8 km au compteur en 4h24 (ce qui n’est pas rien quand même) et 750m D+.

 

Les personnes ayant passé l’Izoard auront donc à franchir successivement cette rampe à 10% (100m), puis celle à 12% d’hier (200m), puis après Embrun, il leur restera à monter les 250m à 10% vers Saint Chalvet, soit  600m d’ascension supplémentaires à fournir.  C’est dans cette seconde partie du circuit que ce fera ou non je pense le temps imparti. A moi de travailler pour y progresser.

Une fois allongé sur ma couchette dans le train de retour vers Paris, où le contrôleur m’avait donné un compartiment pour moi tout seul afin d’y mettre aussi ma housse volumineuse, je repense à ces trois jours en regardant le paysage entre Briançon et Embrun. Je revois petit à petit tous les endroits où je suis passé, ayant en tête les difficultés attenantes, puis après quelques tunnels nous longeons le lac de Serre Ponson avec le plan du lac où aura lieu la natation. C’est avec un certain sentiment d’accomplissement (400 km et 4000D+ franchis en trois jours) et aussi une certaine fatigue que je ferme le rideau à la fenêtre sur ce bref mais intense passage dans la vallée de la Durance, en attendant d’y retourner dès que possible.

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Published by Dominique Bayart - dans Triathlon
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