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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:27

Ce dixième trail de Côte d’Opale en Pas de Calais (TCO pour les intimes) revêt pour moi une saveur particulière pour deux raisons. Tout d’abord, même son nom nous ramène aux terres du Pas-de-Calais, on se rapproche un peu de mes terres natales qui se trouvent autour de Dunkerque situé 40 km plus haut. Aussi, mis à part les falaises (que j’ai connues sur le Trail de la Pointe de Caux), ce trail intègre nombre des ingrédients déjà rencontrés lors des sorties faites chez mes parents en direction de la Belgique : plages de sables, dunes vallonnées, petits bois … et une méteo changeante en fonction de la marée.

 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Si la première raison réside dans le fait que pour une fois, je me sens en terrain connu, la seconde réside dans le fait que je vais courir en famille. Ce trail sera celui des 3 frères puisque mes frères Emmanuel et Jean-Marc sont bien inscrits aussi. Tout est parti l’an dernier où mon frère Manu a coincé à mi-parcours. Refusant de lui laisser en bouche plus longtemps le goût de l’echec, je me proposais de servir de meneur d’allure afin de lui faire acceder aux douces sensations d’un trail long mené jusqu’à son terme.

Courir avec un de mes frères n’est pas une nouveauté pour moi. Sur marathon j’ai pris le départ du marathon de Paris avec mon frère Emmanuel il y a 2 ans. J’ai fait celui du Louvres (sens Lens vers Lille) avec mon frère Denis et plusieurs fois celui de Paris avec Jean-Marc avec qui j’ai poussé jusqu’à l’Ecotrail 80 km ! Sa robustesse n’est plus à prouver vu que nous avions terminé ensemble en haut de la Tour Eiffel en tout juste 10 heures. A deux, on sait que chacun aura un coup de mou à un moment donné avec la difficulté pour se mettre d’accord sur les allures à tenir en début de course comme en fin de course.

Alors imaginez à 3 ! Tout un défi … Tout d’abord arriver tous les trois dispo, en forme et entrainés à la remise des dossards d’un trail costaud comme le TCO c’est dejà miraculeux. Car bien sur nous ne sommes pas au même stade de notre parcours de course à pied. Emmanuel vit depuis peu sa passion avec son club de Calais (SOC pour Stade Olympique Calais Athletisme) de manière croissante avec des objectifs sur marathon et trail de plus en plus ambitieux. Jean-Marc a une vingtaine de marathons dans les jambes, faits notamment avec le club de Leffrinckoucke situé près de la frontière belge et où j’ai grandi.

Quant à moi après un cycle intense décrit sur ce blog, je suis maintenant dans un autre cycle plus doux où je m’aligne sur un trail vers chaque fin d’été et privilegie plutôt l’ambiance et l’envie à la quantité. Ensuite lors d’une préparation de course, chacun a ses petits bobos et ses impondérables à gérer. Et parfois à la date de la course, eh bien on n’est tout simplement pas prêt ou bien très fragilisé. Manu a fini sa préparation grippé tandis que Jean-Marc n’a pas couru autant qu’il aurait voulu. Quand à moi, je suis venu avec un entrainement sérieux mais effectué de manière un peu express en moins de 2 mois. Je suis néanmoins revenu à mon poids de forme. Vu que je suis censé amener mon frère Manu sur la ligne d’arrivée, il ne s’agissait pas de coincer en route du fait d’une préparation à la légère.

Pour ce qui est de la course, nous serons bien accompagnés vu qu’un grand nombre de coureurs du SOC (club de mon frère Manu) seront également au départ. Enfin ma compagne Brigitte sera avec nous et nous la retrouverons à chaque ravito ce qui s’avérera très utile !

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Après une soirée affairée à la préparation de nos ravitos liquide et solide, nous voici le 11 Septembre au petit matin prêt à en découdre.

Pour ma part, j’ai tres mal dormi sur un lit de camp mais au départ ça semble oublié.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Nous retrouvons tous les membres du SOC et le mystere du trail agit encore sur chacun avec un grand point d’interrogation dans la tête sur nos chances de terminer.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

7h58, petit à petit tout le monde se rassemble. Le ciel est menaçant mais une amélioration est annoncée !
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Le départ donné sur la plage est sompteux avec en point de mire, le cap blanc nez à gravir.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Plusieurs groupes se forment sur la plage selon le coté de la bâche que l’on choisi.

Avant de rejoindre la falaise, il s’agit de franchir l’eau qui se trouve au pied.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Pour avoir plusieurs fois franchi une rivière en trail (voir le trail de la Pointe du Pays de Caux sur ce blog par exemple), je sais que l’eau est vite evacuée par la chaussure et ne met pas en péril la suite de la course. Mon frère Manu n’est pourtant pas convaincu. L’ascension ce fait à la cool et marchant rapidement, et en relançant une fois en haut. Les sensations sont bonnes, le paysage est magnifique et il n’y a pas trop de monde ce qui fait qu’on peut depasser facilement si besoin. Nous passons de l’autre coté de la falaise et nous voilà en pleine nature pour un parcours assez roulant avec une belle descente.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Tout cela nous mene au km 21 pour le premier ravito. Le moral est bon même si mon frère Manu qui a sous-estimé la fuite d’eau de son camel bag en paye les conséquences puisqu’il est maintenant bien trempé et à cours d’eau. Il est des paramètres que je ne peux vraiment pas contrôler ….

Apres avoir pris un peu de solide, nous voilà reparti. Le prochain ravito est au km41. Cela veut dire qu’on sera 2h30 sans manger d’ici là et que le temps de digerer ce qu’on y trouvera eh bien ce sera trop tard et l’on risque une hypoglycémie.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Nous décidons que nous ferons notre propre ravito vers le 34 km et c’est ainsi qu’on se retrouve vers midi et demi au pied d’un calvaire en train de manger notre pain aux figues et taboulet bien reconfortant. Des personnes autour de nous ravitaillent mon frère Manu en eau et nous voilà repartis. Ce ravito est très important car avec 4 h de digestion, il va nous assurer des glucides et sels minéraux pour pratiquement tout le restant de la course. Quelques gateaux sucrés pris d’ici là suffiront à completer.

Rapidement nous retrouvons le ravito des 41 pour seulement picorer un peu.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Des 3 frères, Manu (en jaune) semble le plus frais.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Suivi de Jean-Marc (en rouge) qui gère.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et de Dominique (en blanc) qui s’économise.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Après un arrêt assez rapide nous voilà reparti pour la section la plus difficile de la course puisque nous entamons le dernier tiers.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Avec au programme, la traversée des Dunes de la Slack. Avec un soleil bien puissant et du sable ou l’on s’enfonce à chaque foulée. Ayant passé mon enfance dans les dunes de Leffrinckoucke, je gère et parfois il est même plus efficace de marcher afin de s’economiser un peu.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

La remontée le long de la plage vers Ambleteuse est vraiment longue et effectuée en plein soleil mais nous tenons une bonne foulée. La Slack est un jeu d’enfant à traverser lorsqu’on passe plusieurs heures après la marée.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Nous voilà arrivé au km 52. Les jambes font bien mal maintenant. Les longues foulées dans le sable et la remontée vers Ambleteuse font leur effet et je me demande aussi si j’ai assez bu. En théorie il reste 10 km à tenir (mais l’on va voir que ce n’est pas exactement ça …). Manu n’en revient pas de ne pas avoir été stoppé par des crampes comme l’an passé et est maintenant euphorique, un peu dans le trail de sa vie ! Quand à Jean-Marc, solide comme un rock, les km n’ont pas de prise sur lui. Brigitte nous prodigue en nourriture, et en eau et chaleur humaine.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Je ne suis pas pressé de repartir mais mes frères ne veulent pas passer trop de temps sur ce dernier ravito.

Nous laissons le cap Gris-Nez sur la gauche et poursuivons sur le chemin du retour vers Wissant.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Peu à peu je retrouve les jambes. Même si on tourne au ralenti on court toujours. Et comme chacun des trails que j’ai fait, c’est en courant que je compte finir. Mais les km restant s’additionnent encore et encore et nous sommes toujours en chemin lorsque le km62 est passé. Puis passe le km63. Puis le km64. Chaque personne interrogée nous donne une information différente quant au km restant à faire. Nous sommes au bout du rouleau et cette fin introuvable n’est pas pour nous aider.

 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Finalement au bout de 64,6 km nous retrouvons la montée vers les tentes de l’arrivée.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et c’est en Moonwalk que mon frère Manu souhaite faire les derniers 100m et c’est donc dans un état second que nous nous exécutons.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Le speaker ne sait même pas qu’à cet instant, 3 frères partis ensemble arrivent ensemble au bout de 8h30 de course. C’est pourtant peut-être un événement unique qui est en train de se passer sur cette course, sans que personne ne s’en rende compte à part nous 3 bien sur !
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Les 3 frères tous médaillés !
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et Merci à Brigitte à qui nous devons beaucoup pour nous avoir accompagné pendant 8h30 et réconforté à chaque ravito avec son sourir si craquant (pas comme le mien qui en veut à la personne qui coupe la photo sur la droite …).

Voilà, nos vies à tous les 3 ont suivi les rails différentes de la préparation puis ces rails se sont rejointes pour vivre cette course ensemble sur 65 km avec chacun une façon différente de la vivre et de la ressentir. Mais tous les 3 nous finissons avec le même  sentiment d’avoir atteint ensemble un sommet commun qui restera dans nos têtes pour un paquet de temps !

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et pour terminer, une photo du magnifique terrain de jeu de cette journée mémorable !

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 22:41
Les étangs de Bretigny

Les étangs de Bretigny

Voilà 6 semaines que j’ai entamé une solide remise en forme associé à un entrainement soutenu afin d’’être prêt le 11 septembre prochain pour aborder les 62 km du trail de la côte d’Opale (TCO) à Wissant (62).

Pour cela il m’a fallu suivre un régime strict décrit sur ce blog et courir pas mal ! Après 7 kg de perdu et 300 km de course à pied effectués, me voici remis en état pour pouvoir enfin reprendre du plaisir à m’entrainer. Cependant il y a d’autres adversités à combattre pour arriver à être fin prêt pour ce TCO. Car comme pourrait dire l’adage, courses en septembre veut dire entrainements sous forte chaleur en juillet/aout.

Vu que j’ai compressé l’entrainement à seulement 8 semaines de durée, entrecoupé d’une semaine de rando en montagne, je ne peux me permettre de ne pas respecter ce court plan d’entrainement en prétextant par exemple la forte chaleur. Et c’est ainsi que je me retrouve sur les bords de l’Orge un mercredi de fin aout un peu après 19h où il fait encore 35 degrés pour effectuer ma sortie longue de préparation au trail. Je veux dire une sortie d’environ 2h45 faite sur un parcours de 24km en ne m’alimentant qu’en eau (2 bidons de 60 cl car à la pipette on ne voit pas ce qu’on boit et on ne boit en général pas assez).

J’ai mouillé ma casquette, mis mes boosters et mon short compressif, bien calé les écouteurs de mon MP3 et me voilà parti pour 24 km ! Habitant désormais dans l’Essonne (91), je pars de chez moi à Arpajon tout prêt de la place du marché et en route pour un aller-retour vers la tour de Montlhery. Mon parcours traverse Arpajon pour rejoindre St Germain-les-Arpajon et le parcours aménagé le long de l’Orge. Cette promenade me permet de courir à peu prêt à l’ombre avec un petit peu de fraîcheur relative apportée par l’Orge (et aussi pas mal d’humidité aussi !). Les bords de l’Orge ont été nettoyés et réaménagés il y a quelques temps avec des étangs et des zones inondables prévues pour absorber le trop plein lors de fortes pluies.

 

Cela favorise bien sur la qualité du biotope présent dans cette zone qui va d’Arpajon jusque Sainte Geneviève-des-Bois. Il n’est pas rare de surprendre un héron cendré ou un groupe d’oies sauvages ou encore un renard entamant son petit tour au crépuscule. Une fois sorti de Saint Germain-les-Arpajon je rejoins le lieu-dit le Petit-Paris à Leuville où se trouve une ancienne meunerie transformé en fabrique.

Puis ma course me fait passer sous la Francilienne pour arriver aux étangs de Longpont-sur-Orge, vaste zone aquatique attirant plusieurs espèces d’oiseaux et de pêcheurs à la ligne.

De là je suis le GR111 qui bifurque à gauche pour quitter l’Orge et passer devant le château de Lormoy où il y a un siècle le roi des belge eut un enfant avec sa favorite (c’est maintenant une maison de retraite).

Basilique de Longpont-sur-Orge

Basilique de Longpont-sur-Orge

Nous arrivons alors à la Basilique de Longpont-sur-Orge dont le portail date du 13eme siècle.Cette église constitue un site clunisien reconnu d’importance européenne car ce fut un jalon important sur le chemin qui mène les pèlerins jusque St Jacques de Compostelle. La visite de cette construction gothique vaut d’ailleurs vraiment le coup.

 

De là je remonte sur le plateau direction Montlhéry par la pittoresque rue du champ de Bataille et déjà j’aperçois au loin la tour de Montlhéry qui est l’objectif à atteindre !

Entre ces deux lieux se trouve une vaste plaine de culture de céréales. C’est aussi le lieu où se passa une bataille très célèbre puisqu’il s’agit de la bataille de Montlhéry qui eut lieu en juillet 1465 (sous une forte chaleur aussi !) entre les troupes du roi Louis XI et celles de la ligue du Bien Public, constitué principalement de Bourguignons. Les forces en présence étaient constituées de la fine fleur de leur armée et donc de combattants expérimentés. Cette bataille, qui dura toute une journée, fut initialement causée par la volonté de chacune des parties de montrer à l’autre la force de son armée. Elle fit au final 2000 morts de chaque coté (soit environ 10% des combattants) et fut sans véritable vainqueur … Elle fût d’ailleurs suivi par le siège de Paris quelques semaines plus tard.

 

Photo du panneau explicatif de l'historique de la bataille de Montlhery

Photo du panneau explicatif de l'historique de la bataille de Montlhery

Durant la bataille, le sénéchal Pierre de Brézé qui commandait les troupes du Roi fut tué. Une croix a été érigée pour lui seul ce qui est assez injuste vis-à-vis des autres combattants mais il en est ainsi !

Croix de Rouge Fer ou croix dite de la Bataille

Croix de Rouge Fer ou croix dite de la Bataille

De là je traverse l’avenue très fréquentée des Templiers et me dirige vers la rue des Archers. Car ce sont bien les archers qui étaient stationnés sur la colline de Montlhéry au pied du château (bâti au 14eme siècle et dont ne subsiste que le donjon). Trop menaçants, ils furent décimés par une attaque Bourguignonne, ce que rappelle le nom de cette large rue.

Celle-ci est une ligne droite montante qui me mène dans un ancien quartier de Montlhéry où je rejoins la tour via la rue de la poterne. Une grimpette de 150m plus tard, me voici en faisant le tour par un sympathique petit chemin.

Donjon du château de Montlhery ou plus simplement Tour de Montlhery

Donjon du château de Montlhery ou plus simplement Tour de Montlhery

Il fût tiré parti de la position élevée de ce donjon par diverses expériences au 19 eme siècle. Cela va du télégraphe de Chappe (transmission visuelle de proche en proche) à la mesure de la vitesse du son, puis de celle de la lumière. Les accès à la tour ont été refaits et celle-ci se visite désormais. Il me faut ensuite rentrer par le même chemin.

Comme je ne prends pas de barres ni de sucre, il est clair qu’au bout de plus d’une heure de course j’ai épuisé une bonne partie de mes réserves de glucides et je vais forcer mon corps à taper un peu dans les graisses. Ce type d’entrainement à faible régime de glycogène (voir sur ce blog) permet aussi d’élever sa résistance en course face aux coups de mou qui surviennent lorsque les réserves sont bien entamées, ce qui est fréquent sur des trails de plus de 50km.

Voilà, le retour de la sortie se fait à l’économie sous une lumière déclinante et en essayant de divertir l’esprit de la douleur qui monte peu à peu grâce à la belle nature environnante et à la musique. Peu à peu le soleil a disparu et les premiers lampadaires se sont allumés. Je suis mouillé de la transpiration et n’ai pas souffert tant que ça de la chaleur car j’ai bien bu. La température commence maintenant à baisser ce qui aide la fin de course. A cette époque de l’année, la nuit est en train de tomber et donc il n’est pas question pour moi de m’attarder trop dans la pénombre et c’est un peu après 21h30 que j’en termine.

Cette sortie est difficile mais c’est elle qui fait que ce plan d’entrainement prépare aux trails de plus de 50km et non à un marathon. Une douche et un grand bol de muesli au lait de soja plus tard, me voilà pratiquement prêt à aller dormir avec la satisfaction d’avoir mené à bien la sortie longue de la semaine. Elle me sera bien utile pour aborder en toute sérénité le TCO qui se profile à l’horizon !

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 21:40

Pour passer d’un entrainement pour un trail 80km à un entrainement pour un trail de plus de 100 km avec un total de D+ en augmentation, le volume d’entrainement doit encore être renforcé.

Chaque semaine le total de temps passé à s’entrainer devra dépasser 400min voire 430min si aucun trail de 50km n’est prévu au cours de la préparation, de façon à atteindre un total de temps supérieur à 3000min calculé sur les sept dernières semaines. On peut courir sur une base de 5 fois par semaine ou bien rester à 4 fois c’est selon chacun.

La sortie longue de 2h45 doit être maintenue quoiqu’il arrive (même si vous êtes amené à ne courir qu’une fois par semaine). Pour le reste, ça fait 3x95mn ou bien 4x70min. Il faut absolument compter les temps passés à courir à chaque sortie en utilisant un tableur avec une ligne par semaine. Cela vous aidera à vous repérer pour savoir ou vous en êtes dans votre préparation par rapport à ce plan idéal.

Car souvent, des impératifs personnel (périodes de vacances), les intempéries (-10 deg en hivers), la santé (et oui il arrive d’attraper un rhume) font qu’il a fallu alléger l’entrainement pendant une semaine. Cela peut être rattrapé en étalant la charge sur les semaines suivantes de façon à se rapprocher du total de 3000mn sur 7 semaines. Ce total permet aussi de se motiver pour les sorties car on garde bien en tête combien cette sortie est nécessaire alors qu’il fait mauvais et qu’on a des engagements personnels, combien il est important de tenir le cap fixé. Faire un trail de 100km n’est donc finalement pas si difficile à gerer une fois la course lancée, mais ce qui est dur, ce sont les 8 à 10 semaines d’entrainement qui précédent !

Après pour aller encore plus loin, pour l’UTMB (168km), j’ai porté le total à plus de 4000mn sur les 7 dernières semaines, avec une sortie longue de 3h et des sorties entre 2h et 2h30, 3 à 4 fois par semaine, en incluant de longues pentes répétitives et des trails personnel en montagne de 6h, le tout avec eau et alimentation solide. Cela m’a fait passer peu à peu de 450mn par semaine à 550mn puis à 650mn et à un maximum de 760mn les deux dernières semaines où j’ai inclus des trails longs, avant deux semaines de repos complet (légère déchirure).

Enfin pour la dernière semaine, comme toujours, du cool ! Pour une course débutant le samedi, une sortie d'1h le mardi puis de 30 minutes le jeudi avant de commencer les féculents et le tour est joué. Il est alors temps de calculer ce qu'il faut avoir dans sa musette pour se restorer entre les ravito, toujours trop pauvres en féculents salés.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 21:33

Passer d’un entrainement pour un trail 50km tel que decrit sur ce blog, à un entrainement pour un 80 km un peu plus accidenté, tel que les Templiers à Millau par exemple, demande un volume plus important avec 4 sorties par semaine. Mais la base de l’entrainement comparé à un 50km va rester la même.

On va travailler sur 3 sorties de 1h20 et une sortie longue entre 2h30 et 3h maxi, le tout sur terrain vallonné (avec quelques bonnes cotes bien longues si possible, à faire plusieurs fois).

Vous aurez alors un total d’environ 2800mn accumulé sur les sept semaines précédents la course (soit un peu moins de 400 min par semaine) et si possible en ayant intercalé un trail de 50km à un mois de la date de la course (par exemple le trail de la Pointe de Caux en vue des Templiers).

La sortie longue à une semaine de la course ne doit pas dépasser 2h et la semaine de la course, une sortie d’une heure et une seconde sortie d’une demi-heure suffisent alors.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 19:34
Petit retour sur le Paris-Versailles 2015

Après trois premiers passages de 2001 à 2003 sur cette belle course où j’ai plafonné à 1h10, je ne pensais pas y retourner tant j’y trouve le temps de course désormais trop court pour moi!

Mais voilà, la section course à pied de mon entreprise voulait relever le chalenge du nombre de participants et en plus mon employeur gérait et payait l’inscription. On en parle avec ma chérie qui n’a fait que des 5 km mais cela semble infaisable tant elle est épuisée dès la demi-heure de course.

Comme j’aime les chalenges, je me dis qu’il y a surement des choses à régler et me dis prêt à relever le défi d’amener mon amie sur la ligne d’arrivée. Car elle ne manque pas d’endurance puisqu’elle est capable d’allonger 60km de rando sur 3 jours sans aucune douleur.

Pour cela, il a fallu comprendre que son foie ne retient pas l’énergie. Moi si j’ai mangé des pates la veille, je peux courir 2h avec seulement de l’eau comme aliment, comparé à une demi-heure pour elle. Alors d’entrée, je suis parti sur la piste du ravito en course pour pouvoir allonger le temps de course. Un sucre au bout de 20 mn (ou de l’eau sucré), une cuillère de miel avant de partir s’entrainer pour se donner de l’énergie et voilà que peu à peu mon amie a pu allonger son temps de course jusque 1h10. Avec qq certes arrêts mais surtout jusque 3 fois par semaine, souvent 2 fois et une seule fois quand le temps a manqué. Ceci pendant presque 2 mois. Mon élève a été assidue à l’entrainement !

Petit retour sur le Paris-Versailles 2015

Et c’est ainsi que je me retrouve en bonne compagnie derrière les barrières de départ devant la tour Eiffel ce dimanche 27 septembre au matin. Pour mon amie, j’ai un sac à dos de 20l plein de tout ce qui pourrait être nécessaire. Déjà je lui ai rempli une gourde de malto et j’ai une plaquette de powerbar avec moi. On complétera avec qq sucres trouvés au ravito. Et pour moi, de l’eau pur. Avant d’entrer dans le sas, je sors pour mon amie une barre de céréale.

Le départ est très original. Il s’agit de faire courir un maximum de gens (25000) mais sans que ce soit le bazar. Pour cela, les organisateurs ont imaginé de faire partir les participants par vagues de 250 personnes environ toutes les minutes. Du coup, ça fait 100 minutes pour faire partir les derniers et c’est à 10h50 que nous partons alors que le départ a été donné à 10h. L’attente est un peu longuette mais en course on apprécie vraiment de ne pas être les uns sur les autres, comme au marathon de Paris.

Le départ se fait donc tranquillement avec comme seul but d’arriver à deux. Nous avons 16,2 km à faire avec 120 mètres de dénivelée. Une pause pipi et quelques km plus loin nous voilà déjà Issy les Moulineaux. Le parcours le long de la Seine est vraiment somptueux et en plus le soleil est de la partie !

Au bout de 20nm, je m’aperçois que mon élève n’a toujours rien bu. Allez bon ! un petit coup de malto c’est important que diable ! Au premier ravito au bout de 8 km, ce sera un sucre. Et puis voilà la route qui se raidit et approche l’église de Meudon-Bellevue au pied de la montée de l’observatoire. Alors là, on est en mode trail, version finisher. Donc on marche. Rapidement mais toute la montée. Il faut épargner les jambes. Et on doublera les imprudents une fois là-haut. La montée se fait bien et j’en profite pour faire prendre à mon élève une demi power-bar qui devrait faire effet dans ¼ d’heure quand nous serons sur le plat. Bientôt, nous voici déjà dans le bois de Meudon pour courir à nouveau et passer le portique pour le temps intermédiaire au bout de 1h11. Les sensations de mon élève sont bonnes, pas de douleur ! On traverse le bois puis c’est la descente vers Velizy, en full détente, et l’on retrouve la route pour traverser Chaville en direction de Viroflais. Le power- bar et la malto font leur effet, mon amie n’a pas mal aux jambes. On court désormais avec des participants qui ont pour seul but, comme mon amie, d’être finisher. Pour beaucoup de ceux-là, le Paris-Versailles c’est souvent la première course ou l’on veut se tester après un 5 ou 10 km. L’étape initiatique avant d’aller se placer plus tard au départ d’un semi-marathon. C’était le cas aussi de cette maman accompagnée par sa fille rencontré dans le RER et qui, parties de Beauvais, venaient se tester sur cette course. L’ambiance est bon enfant et tous ces orchestres c’est bien sympa. En trail ce serait bien d’avoir aussi un peu de musique et pas qu’au départ …

Nous avons fait les deux tiers de la course. Je fais ingérer le restant de power—bar et nous voilà partis pour les derniers km en légère montée dans Versailles. Les jambes tirent un peu mais mon amie semble en pleine forme et n’en revient pas de courir depuis si longtemps.

Brigitte finisher 2015
Brigitte finisher 2015

La fin est un peu monotone avec pas mal de grandes lignes-droites mais l’arrivée est en vue et les nombreux photographes. Nous franchissons la ligne en tombant dans les bras l’un de l’autre, elle heureuse de l’avoir fait, moi heureux d’avoir réussi à l’amener là. On a mis 1h58 mais l'important est ailleurs ... En fait ma nouvelle carrière de coach me donne elle aussi beaucoup de satisfaction. Et m’amène à penser que le principal élément qui limite bien des coureurs ne réside en fait que dans l’alimentation en course. Arrivez à faire s’alimenter correctement quiconque qui est entrainé et il ou elle y ira loin !

Le repos du coach ...

Le repos du coach ...

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 20:29
Trail de la Pointe de Caux 2015

Après 18 mois sans trail et pas mal de kilos en plus, je décide en juillet de m’y remettre pour ce qui est pour moi une 3eme édition de ce trail de 50 km. Je n’en ai que de bons souvenirs. Parce que c’est là que débuta pour moi le trail il y a 4 ans quand nous avions alors couru sous une pluie battante toute la journée mais que je m’étais prouvé à moi-même que je pouvais le faire ! Puis l’année suivante, où sous un soleil de plomb, j’avais apprécié le haut niveau d’organisation de ce trail avant de partir un mois et demi plus tard chercher du côté de Millau les derniers 3 points UTMB qui me manquaient encore … Ici le coureur est au centre de tout ce qui est mis en place : vaste endroit pour se changer, café/croissants au départ, service après-vente pour retrouver les propriétaires des vêtements oubliés sur place etc … Et puis le petit stand Brooks est toujours intéressant à visiter et enfin le paysage de la Normandie et des falaises d’Etretat valent à elles-seules le déplacement. Alors quand ma chérie m’a confirmé qu’elle avait vraiment envie de venir me soutenir sur un trail, j’ai sauté sur l’occasion ! Et on verra que ce fut très utile.

L’entrainement pendant les mois d’été ne fut pas simple à gérer, comme prévu, au niveau des températures. C’est comme toujours, on se prépare dans une chaleur sèche pendant des semaines et on fait la course dans une fraicheur plus qu’humide ! Mais je n’aime tellement pas la sècheresse que je ne me plains jamais de la pluie.

Alors en ce deuxième dimanche de septembre, je suis en bonne compagnie sur la ligne de départ à Gonfreville l’Orcher tout près du Havre, pour ce qui est mon 10 eme trail de 50 km ou plus. J’y arrive assez bien préparé mais avec 7 kilos de plus qu’il y a 2 ans … et aussi avec l’idée que je viens ici ni pour me prouver quoi que ce soit, ni pour faire un score et ni pour préparer un trail plus long qui a lieu du coté de Millau comme ça m’étais arrivé les deux fois précédentes. Non je suis là simplement pour me faire plaisir à ma chérie, Brigitte, qui rêve de me soutenir sur un trail.

Le départ est toujours chaotique car il y a un goulet d’étranglement au bout du premier km qui ne sert qu’à disperser un peu les concurrents avant le bouchon. Alors c’est avec Brigitte que je fais le tour du village à l’arrière de la course, là où l’on s’amuse le plus, bien souvent …

Puis nous sommes lâchés dans la nature. Ce trail est un trail rustique. Au sens on l’on ne court pas sur des chemins bien définis ou bien des pistes forestières bien tracées mais dans des passages de tracteurs. Rien de mieux pour muscler les chevilles ! Et puis tout ça se fait au milieu de vaches, veaux et chevaux. On traverse des fermes, des jardins privés, chacun a donné du sien pour que ce trail puisse avoir lieu. On est vraiment dans l’esprit du trail …

Le trail est composé de trois segments avec donc, deux ravito. Chaque segment fait environ 15km et permet de retrouver des concurrents qui font la course en relais, ce qui dynamise la course. Le premier segment se fait relativement au sec au début mais peu à peu la pluie augmente. En plus un peu avant le premier ravito de Rolleville, il faut traverser la traditionnelle rivière de 50 cm de profondeur. Ici pas de pont spécifique pour le trail, c’est bonne franquette et quand faut y aller, faut y aller ! En fait, vu le temps, et vu les chaussures déjà humides, je n’ai vu aucun effet sur mes pieds lié au passage de la rivière.

A Rolleville je retrouve Brigitte et je prends alors les bâtons ainsi que ma cape en me disant que ça n’allait pas s’améliorer et que le terrain allait devenir de plus en plus glissant. Le ravito est un peu trop sobre et je dois me contenter d’un peu de gâteau et me voilà reparti.

Trail de la Pointe de Caux 2015

Le second tronçon est plus difficile pour les jambes, avec la pluie et le passage des 30 km et des 3 heures de course. C’est là que la façon à laquelle on a géré le trail va jouer. Ceux qui se sont cramé les jambes en courant toutes les montées et qui n’ont pas assez mangé vont avoir les jambes de plus en plus raides. Pour moi ça va encore mais c’est plus dur. J’arrive au second ravito sous la cape et j’y trouve des Tucs ce qui est toujours agréable sur un trail, je ne sais pas vraiment pourquoi. Je refais le plein de Malto et m’attarde par peur d’attraper froid.

Le dernier segment se fait au sec et la cape m’encombre un peu. Les bâtons me permettent de passer au travers d’ornières boueuses sans y perdre trop de temps. Puis le phare d’Etretat apparait. Et les contreforts des falaises aussi. Le paysage change et le terrain aussi. Je mange ma powerbar en prévision du dénivelé final et je retrouve rapidement de bonnes sensations. Je double un certain nombre de concurrents qui n’arrivent plus à courir. La fin de course se fait assez bien car le final est varié. Bonne nouvelle ! A cause de la pluie, la ligne d’arrivée a été ramenée au premier passage dans Etretat, pas besoin cette année d’aller courir sur la falaise d’en face et qui rebute bien des concurrents. J’en termine avec ma chérie à mes côtés en 5h33, soit 20 mn de plus qu’il y a 3 ans mais à peu près pareil qu’il y a 4 ans.

Malgré la pluie, j’ai donc vécu un nouveau beau souvenir. Il m’aura fallu attendre de faire 10 trails pour avoir enfin qq à mes côtés qui me supporte tout au long de la course. Et c’est vraiment un soutient qui aide avec en plus la possibilité de laisser ou prendre des vêtements en route.

Voilà un retour au trail bien sympathique et qui sait ? appellera d’autres courses à venir mais cela reste à voir car la préparation prend vraiment beaucoup de temps et je n’en dispose plus d’autant qu’auparavant …

Trail de la Pointe de Caux 2015
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 18:55

Une semaine après cet Ecotrail 50 km, me voilà dans le sas de départ 3h45 du marathon de Paris.


P1060285.JPGDans le petit matin avant le moment M


Un retour sur ces lieux magiques après 8 ans d’absence. La raison ? Simple, j’accompagne mon frero Emmanuel qui se lance dans le marathon, notamment après avoir lu tout ce que j’ai écrit sur les courses que j’ai faites jusqu’à présent. Ici je suis son coach, comme il dit. C’est moi qui ais mis au point son plan d’entrainement, le même que celui indiqué sur ce blog. C’est moi aussi qui lui ais dit aussi quoi manger la dernière semaine et comment se protéger les pieds. C’est moi enfin qui ais défini son plan de course, avec l’idée de partir sur des bases de 3h40 pour se garder un peu de gras après le km32 quand les jambes seront lourdes et qu’il faudra remonter la pente en direction des champs …

Une responsabilité assez lourde pour moi donc. Un point positif, déjà, j’ai réussi à le limiter dans ces entrainements car tel un débutant, il voulait se donner trop et trop tôt (dès septembre !) et j’avais vraiment peur que blessé par un entrainement trop dur et trop long, il ne puisse être au départ comme c’est le cas d’un nombre significatif d’apprentis marathoniens. Il est là, à mes cotés, en assez bon état. Il a du aller voir le toubib plusieurs fois (il a déjà eu pas mal de gros pépins) et a eu un gros rhume la dernière semaine (décompensation une fois la longue période d’entrainement achevée ?). 


Je voulais être au départ avec lui parce que je voulais revivre à ses cotés ces premiers km où l’on descend les champs et traverse la place de la Concorde déserte rien que pour nous puis les boulevard Rivoli et Saint Antoine jusque la place de la Bastille et ses pavés. J’ai donc photocopié son dossard afin de passer la barrière et de pouvoir pénétrer dans le sas. J’ai prévu de ne courir que les 5 premiers km puis d’autres km sur les quais, autre temps fort du marathon. En fait, de ne me garder que les meilleurs moments du marathon, sans le tour dans le bois de Vincennes trop long et ennuyeux et celui du coté de la Porte d’Auteuil, pas très folichon non plus. Pas question pour moi de franchir en fraude la ligne d’arrivée, ce serait sacrilège puisque je n’aurai pas couru le marathon en entier.


P1060289.JPG

Les gels sont dans les estomacs, les machines de guerre prets à partir ...


Dans le métro et au départ, mon esprit est décalé par rapport aux coureurs présents, et je suis donc en observation devant toutes ces personnes en plein stress, comme je l’étais à l’époque. En plein doute aussi, ça ne rigole pas du tout dans les moments qui précédent. On sent sur ces visages les mois d’entrainement dans le froid de l’hiver et malgré les rhumes, les privations pour avoir le poids optimal, le repli sur soi-même lors de la preparation, sur le seul objectif, faute de temps disponible à passer avec sa famille et tous les problèmes que cela peut engendrer avec l’entourage qui ne comprend pas souvent le coureur. Avec tout ça sur le dos, les épaules des coureurs pèsent lourd et c’est avec la rage de ceux qui ne vont rien lâcher que tous sont venus, parfois de loin (16% de coureurs étrangers).


Le soleil est finalement au rendez vous et il fera chaud pour courir un marathon. Au départ, déjà 12 degré et 20 degré attendu vers 13h. Un détail qui aura son importance sur le nombre d’abandons.

 

P1060298.JPGLes photographes trompent la mort au beau milieu des coureurs avec leurs appelants !


Les départs sont désormais échelonnés dans le temps. C’est donc un peu moins le bazar qu’avant et c’est un peu avant 9h que nous nous élançons. Nous visons un temps de 5’10 au km. Dans les premiers km, j’ai un peu de mal à trouver mon souffle. Je ne me suis pas préparé pour courir à cette vitesse et en trail je vais moins vite … Bref plus trop l’habitude ! Mais au bout d’un certain temps, je trouve mes repaires, le corps chauffe, et je trouve finalement mon souffle. Nous courons à coté des ballons pour 3h45 mais qui vise lui aussi 3h40 comme rythme de début de parcourt. Je dois ramener mon frère à la raison pour qu’il se freine un peu, tant il a tendance à partir devant, sans s’en rendre compte évidemment ! Ah les débutants sur marathon qui veulent lâcher les chevaux dès les premiers km ! Finalement nous retrouvons le bon rythme tandis que c’est le soleil en pleine figure que nous franchissons les places historiques de Paris et nous dirigeons maintenant vers le bois de Vincennes.

 

P1060296.JPGAu km10 avec les objectifs 4h

 

Etant à peine échauffé au km5, je décide de poursuivre jusqu’au km10, car je suis parfaitement dans le rythme et lui aussi d’ailleurs !  Je n’ai pas pris de gels sucrés donc j’ai déjà bien entamé mes réserves et il est temps pour moi de laisser mon frère face à lui-même pendant un petit moment si je veux avoir encore assez d’énergie pour repartir plus tard. Cela m’a entrainé assez loin dans le bois, jusqu’au zoo, et il me faudra marcher pas mal en sens arrière pour rattraper le métro à porte Dorée. Cela me permet d’admirer les musiciens, les photographes qui risquent de percuter des coureurs à tout moment, et aussi les coureurs qui visent plus de 4h et qui arrivent maintenant au 10km. Je suis impressionné comment ils ont l’air déjà marqués si tot dans le marathon et me dis à propos de plus d’un d’entre eux, qu’ils ne verront jamais la ligne d’arrivée ...


Après avoir emprunté 2 ou 3 rames de métro pour rattraper le marathon près des quais au niveau de la gare d’Austerlitz, j’arrive au km 23 pour l’attendre. J’ai le même bracelet que je lui avais fait avec tous les temps intermédiaires marqués dessus et sais donc que je suis en avance d’un quart d’heure sur son temps de passage et regarde passer les 3h30, bien frais. Je décide d’avancer jusqu’au km24 où le marathon plonge sur les quais via une chicane un peu dangereuse.

 

P1060304.JPG

Peu après le km 31


Pile au moment attendu, voilà mon frère qui apparait, tel un métronome, dans le même état que je l’ai quitté cad excellent ! Et nous voilà parti sur les quais. Pour pas longtemps car rapidement nous nous enfonçons dans les tunnels avec ces remontés qui font que le record du monde de marathon ne se fera jamais battu à Paris. Bonne surprise, l’organisation y a mis de la musique avec plusieurs scènes de musique techno avec des éclairages de boite de nuit, c’est sympa et ça fait passer le temps …


Apres les tunnels, nous nous dirigeons vers la maison de la radio. Je sais qu’après ça devient compliqué pour rattraper le métro afin de rallier l’arrivée, aussi j’ai décidé de stopper au km 31. Les jambes lourdes aussi. Même si la reprise au km24 s’est bien passée, la fatigue est venue assez vite. Mon frère en revanche est toujours sur le même rythme, aucun signe de fatigue. Je lui explique qu’il a maintenant rendez vous avec lui-même pour l’épreuve de vérité des 10 derniers km. Mais j’ai confiance, je ne le vois pas s’effondrer d’un seul coup.

 

P1060305.JPG

Battement de tambours pour les 10 derniers km et le gong à l'arrivée !


Je me promène un peu, prends quelques photos puis m’engouffre dans le métro afin d’être présent à l’arrivée. Mon frère ne connaitra pas le mur des 30 km, tant mieux pour lui et en termine, encore assez frais, en 3h40 sur le même rythme où je l’avais lancé au départ. Il m’avouera avoir pioché dans les derniers km, c’est le moins qu’on puisse souhaiter tant la fin est difficile à Paris vu que ça remonte sur les 7 derniers km.

 

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Le frero

 

Il a réalisé son rêve, dans un temps qu’il n’avait pas trop envisagé tant il était dans le doute avant le départ. J’espère qu’il ne sera pas trop dans l’excès de confiance lors de son prochain marathon mais on l’est forcement un peu à ce stade, c’est humain. Cela m’est arrivé à moi-même en 2002 à Reims. La médaille à Paris est désormais moins jolie qu’avant et salie par de la pub, moi je préfère mes 5 belles médailles acquises entre 2002 et 2006 avec un temps qui a progressé chaque année, parti de 3h44 pour finir en 3h10 lors de mon dernier, c’est tout le mal que je souhaite à mon frère débutant sur la discipline, à 44 ans, peut être un poil tard pour envisager une telle progression.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 15:49

Me voici  de retour sur le trail après 7 mois d’absence. L’après UTMB étant un long temps où l’on plane sans fin dans les souvenirs de cette course pas comme les autres réussie en août dernier. Ou l’on n’a plus envie de rien. Plus envie de se faire mal. Ni même de courir. Seulement envie de penser à l’amour et aux fleurs. Puis un jour de Novembre où le soleil m’appelait, j’ai enfilé à nouveau mes Cascadia pour aller courir dans « mes » bois autour de Clamart. Juste pour le fun, sans objectif et avec de nombreux kilos repris depuis fin aout. Et je n’y suis retourné que lorsqu’il faisait beau. A ce rythme, je n’ai même pas réussi à tenir à courir une fois par semaine entre novembre et fin février, tant le temps était mauvais et l’envie faible.


Comme l’an passé, je me suis inscrit à l’Ecotrail 50km car la date est bien placée pour lancer la saison. Et la distance relativement courte pour un trail, pour ne pas à avoir à commencer la préparation dès le mois de janvier. Mais vu la météo, je n’avais toujours pas commencé fin février ! Le beau temps s’installant enfin, je me suis dis que je n’avais aucune excuse pour ne pas m’y remettre. Et c’est ainsi que j’ai préparé cet Ecotrail sur seulement 4 semaines, dont seulement 3 sorties longues de 27 km. Malgré les kilos (6 de plus depuis septembre), mon rythme sur ce type de profil n’a pas trop varié vu qu’on est loin des Alpes et de ces cols qui n’en finissent pas. Mais c’est avec un grand point d’interrogation que j’arrive sur la ligne de départ en ce samedi 29 Mars annoncé comme ensoleillé et chaud pour la saison.

 

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Moi-même, juste avant le départ


Sur le pré, juste avant le départ, une fois ajustée ma panoplie de trailer que j’avais mise au point pour l’UTMB, je retrouve mes marques et me décontracte un peu. D’un coté un trail assez plat de 50 km, c’est rien comparé à l’UTMB mais sans vrai préparation, aucune course n’est facile. Au moins cela fait un aspect qui épice un peu les sensations au moment où je me lance parmi les 1600 courageux qui ont pris le départ (sur les 2000 qui avaient un dossard mais dont 400 n’ont pas réussi à mener à bien l’entrainement entre la météo hivernale en janvier et février et les épidémies de gastro et de grippe).


Une fois n’est pas coutume, je goûte enfin au plaisir d’être assisté sur une course. Par celle à qui je dédie ce trail et qui est avec moi au départ. Elle fera les photos, prendra ma veste juste avant le départ, volera d’un ravito à l’autre, pour essayer de m’y retrouver mais, en Clio, il faut bien se rendre à l’évidence que c’est bien moins simple à faire qu’en courant !

 

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A 10h45, nous sommes donc partis pour faire le tour complet du grand bassin du Château de Versailles. Vu que je suis sensé me classer dans les alentours du premier tiers, je ne me suis pas placé trop loin pour le départ. J’ai pris une barre de gâteau sec au pruneau, très sucrée 15 min avant le départ afin d’être bien gorgé de glucose au moment du départ. Je ne pense pas être capable de refaire le temps de 5h33 de l’an passé. Surtout que cette année, ce trail fait un km de plus. Nouvelle estimation plus précise de la distance ou légère modification de parcours ? Mystère. Il fait bien meilleur que l’an dernier où le départ avait été donné dans des brumes froides avec une température d’à peine 2 degrés ! Ici je n’avais pas froid avant de partir, alors je vous laisse imaginer en courant ! En plus avec les vêtements comprimant recouvrant complètement les jambes, je suis chaud de suite. Mais je ne suis pas du tout asphyxié, on part avec un bon rythme mais surtout, à mon rythme, en se contentant de suivre la troupe, et de doubler quand il faut. Les sensations sont bonnes, je n’ai mal nul part, la digestion du petit dej s’est bien passée. Au bout de 5.2 km dans le parc du Château de Versailles, je suis en 487eme position en 28min 31sec soit moins de 5min30 au kilomètre, ce qui correspond à un temps de 3h50 au marathon, ce qui est assez élevé pour un trail de 50 km  et 1000m D+ !


Pour cette course, certaines choses ont changé par rapport à l’an passé dans mon approche, UTMB oblige. L’an dernier c’était short / basket et pain aux noix / barre de céréale pour les ravito perso. Assez long à digérer.  Suite à l’UTMB, il me reste de la nourriture technique. Par ailleurs, à force de ne pas pouvoir voir ce que je bois, j’ai abandonné la pipette et suis passé aux bidons en face-avant que je sors et remplis facilement. Pour rallier Chaville sous le soleil de mars qui transperce aisément cette forêt encore nue, j’ai 2 bidons de 600ml auxquels j’ai ajouté une petite bouteille d’eau de 50cl, que je tiendrai à la main, soit un total de 1.7 l pour un peu moins de 3h. Je me base sur une consommation par temps chaud de 600ml/heure (le corps n’est pas capable d’en absorber beaucoup plus). Un de mes deux bidons contient une poudre pour boisson de récupération que je boirai entre 30 min et 1h30 de course. Je m’astreins à boire toutes les 20 minutes, environ un tiers de bidons, soit 20cl. Parmi les restes de ce que j’avais acheté pour l’UTMB, j’ai 2 tubes de glucose et 2 tubes de gel sucré au chocolat et renforcé en sels minéraux. J’en prendrai 3 sur 4 dans la première étape qui nous mène à Chaville. J’alterne avec mes barres au pruneau. Je mange toutes les demi-heures environ, lorsque nous passons un moment à marcher dans une longue cote. C’est là que je récupère en général, prêt à courir à nouveau une fois en haut.


Au début de la course, je repère les nouveaux venus au trail qui sont issus du marathon, parfois même encore avec le maillot de leur dernier marathon sur le dos ! Certains pensent qu’un trail de 50 km, c’est juste un marathon rallongé avec quelques cotes. Et donc le courent comme tel, c'est-à-dire à un rythme constant, que le parcours monte ou bien descende. Et c’est ainsi que j’en ai vu courir dans les cotes dans les 20 premiers km (après ils ne pouvaient plus). Et oui, ce qui distingue bien un trail d’un marathon, ce sont bien les changements de rythme et les relances. Et la préparation doit prendre cela en compte en optant pour un parcours vallonné durant la préparation et pour cela les bois du Sud de l’Ile de France n’en manquent pas ! Sur ce trail se côtoient aussi bien des gars qui ont réussi des ultra-trails comme l’UTMB (j’ai parlé avec plusieurs d’entre eux) que des novices, ce qui fait le charme de ce format de l’Ecotrail.

La course vers Chaville se fait sans problème, j’ai de bonnes sensations. Nous traversons successivement Jouy en Josas puis Viroflay pour rallier le bas de Velizy où nous surplombons l’étang d’Ursine qui tient non nom du village éponyme qui y préexistait au moyen-âge, avant d’aboutir au premier ravito situé à Chaville au km29 après 2h37 de course.


Je suis sur les mêmes bases que lors des cinq premiers km dans le parc du Château !  Nous avons pourtant monté plus de 600m. Je suis alors en 384eme position et j’ai mis 20 min de moins que l’an passé ! Les vêtements compressifs et une alimentation plus sucrée ont fait la différence. Assez loin après le départ, ce premier ravito est placé là pour piéger ceux qui ne savent pas encore boire et s’alimenter suffisamment en trail. 55 concurrents abandonneront ici. Nous sommes passés de 12 degrés au départ à 19 degrés ce qui est chaud pour la saison. Je recharge en sucres lents, c'est-à-dire banane, cake et trois tucs pour équilibrer avec les sucres rapides pris en course.  Je prends une chaise et c’est assis que je mange. En trail, il est important de s’assoir pour reposer un peu les jambes. Je recharge aussi un de mes bidons en poudre pour boisson de récupération que j’avais emportée avec moi.


En repartant, je sais que la partie menant vers Saint-Cloud est très roulante avec peu de fortes montées, hormis celles qui suivent juste après le ravito de Chaville, pour un total de 300m à monter et 400m à descendre.  C’est donc avec une belle foulée que je descends vers Marnes-la-Coquette. Le soleil commence à peine à descendre mais la chaleur a atteint maintenant les 20 degrés. La remontée en face vers le parc de St Cloud se fait facilement. Après il reste 2 ou 3 petites cotes et sinon on ne fait qu’en descendre alors je conserve le rythme et arrive en 4h 03 min au ravito.

 

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L'arrivée au ravito de St Cloud

 

En fait, la chaleur a bien monté. En 4 heures, j’ai bu 2,6 litres ce qui est plus que 600ml/heure et pas même un pipi de toute la course, après avoir bu 3.5 litres ! Même avec tout ce que j’ai bu et mangé, je suis marqué par la chaleur. Tout simplement parce que mon corps n’est pas habitué à courir par 20 degrés, alors que l’été cela ne me pose pas de problème par presque 30 degrés ! Les entrainements s’étant fait à la fraiche avec des températures bien inférieures, le corps n’y est pas préparé. C’est la difficulté de l’Ecotrail qui peut avoir lieu aussi bien dans le froid que la chaleur comme cette année ou en 2012 où il avait fait 21 degré, avec en plus des entrainements effectués dans la neige, comme en 2012, toujours. J’ai donc baissé le rythme avec un temps au km qui a maintenant augmenté de plus d’une minute. Je commence à avoir bien mal aux jambes. Je me contente de gérer mais j’ai quand même mis 2 mn de moins que l’an dernier sur ce tronçon. Je rétrograde de seulement 4 places ce qui montre que la difficulté est ressentie de la même façon par les autres concurrents. Je n’ai pas faim et mange seulement une de mes barres sucrées aux pruneaux. Plus assez de temps d’ici l’arrivée pour digérer de la nourriture complexe. Je m’allonge un peu au sol, à l’ombre, les jambes en l’air pour essayer de reposer un peu mes jambes et de récupérer.

 

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Et il faut déjà y aller !

 

Le dernier tronçon se compose de la descente vers le musée de la manufacture de Sèvres puis les quais de Seine sur 9 km, en plein soleil. L’Ecotrail, quel que soit le format, a cette particularité que la fin se court comme un marathon, c'est-à-dire à rythme constant, au maximum de ce qu’on est encore capable de tenir, sans relance ni pause. Après une distance marathon avec 1000m D+, on se paie alors 10 km en mode fin de marathon, c'est-à-dire les plus durs ! On essaie d’oublier la douleur.

 

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La tour Eiffel est encore loin !

 

J'ai rejoint une gazelle prénommée Sophie et avec qui on fait un bout de course ensemble. Elle est très fatiguée comme moi mais me répond de temps en temps, ce qui est déjà ça. Au bout d’un moment, la tour Eiffel est déjà en vue, et c’est moi qui lâche peu à peu, n’arrivant pas à la suivre jusqu’au bout. Pourtant on court à juste un peu moins de 8 min au km ! Elle finira 30 secondes devant moi dans le Top10 des Senior  femmes. Ayant épuisé mes réserves et assommé par la chaleur, c’est épuisé que j’en termine avec cet Ecotrail trop peu préparé, en 5h 16min en 383eme position soit une place de mieux qu’à Chaville ! Sur ce tronçon, je ne perds que 2 min par rapport à l’an dernier ce qui n’est pas si mal et surtout j’améliore mon temps de 17 min avec 1 km de plus, ce qui équivaut à un écart de 23 min, soit 30 secondes de moins au km ! C’est considérable sur une course de 5h.


Je suis classé dans le premier quart alors que l’an passé, j’étais plutôt dans le premier tiers. Une performance à laquelle je ne m’attendais vraiment pas. A l’arrivée, on nous remet le même maillot que l’an passé ce qui est d’un piètre intérêt pour le coureur. Un petit buffet sucré nous attend mais mon estomac ne veut plus rien d’autre que de l’eau. Je vais prendre ma douche, content d’une belle journée de trail comme on les aime,même si c’était dur. Il est maintenant grand temps d’aller boire une bonne bière bien fraîche !

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 10:30

Un trail de 50km avec 1000m à 1500m de D+, sans avoir l’air, est réellement un trail grandeur nature. Il oblige à s’alimenter en solide durant la course et à gérer les apports en eau. Un bon apprentissage pour toute personne qui veut se lancer dans le trail. Pour préparer de telles courses, 3 sorties par semaine peuvent suffire. Mais il s’agit de travailler le foncier.

 

Pour un entrainement de début de saison, préparer un 50 km c’est parfait. Exemple : Ecotrail 50km de Paris fin mars. Je ne fais que des séances cool si possible en terrain vallonné et j’essaie d’aller friser un peu l’hypoglycémie en faisant des sorties au-delà d’une heure (2x1h20) et une sortie longue de 2h30 environ, sans rien manger mais avec de l’eau pure bien sur (600ml par heure selon la chaleur). Ainsi votre corps sera paré pour mieux supporter d’éventuelle défaillance alimentaire (voir post précédents sur l’alimentation). Il est utile de faire toutes ces sorties en terrain naturel et de réduire au maximum les parties bitumées afin de travailler les appuis. En fin de préparation, parfaire l’entrainement par quelques accélérations longues (1mn) peut s’avérer utile pour augmenter un peu le rythme. Mais toutes les dernières études montrent qu’un entrainement cool mixé avec peu de vitesse est beaucoup plus performant (en vitesse  tenable en course) qu’un entrainement ayant beaucoup de fractionné et peu d’endurance cool.

 

En faisant ces entrainements sur six semaines (si vous êtes déjà habitué à courir une fois par semaine), ou bien 8 semaines si vous partez de zéro, vous pourrez envisager la course sans craindre de coincer en route à cause de courbatures. Vous aurez alors un total de temps de course d’environ 2200 mn accumulé sur les sept semaines précédant la course soit une moyenne de 5h15 de course par semaine. La sortie longue à une semaine de la course ne doit pas dépasser 2h et la semaine de la course, les 1 ou 2 dernières sorties ne doivent pas dépasser l’heure chacune. 

 

Cette année, en 2014, avec une base de 3 sorties par mois au départ, j’ai attendu que le beau temps revienne et n’ai donc préparé l’Ecotrail 50km que sur 4 semaines seulement, avec tous les risques que cela comporte :  seulement deux semaines à 4 sorties et 2 semaines à 3 sorties, le tout n’incluant que 3 sorties longues de 27 km !

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Published by Dominique Bayart - dans Plans d'Entrainement
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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 18:47

La question mérite d’être posée. Car pour ceux qui aiment les raccourcis, leur définition c'est qu'il y a d'une part les marathons (42,195 km) et quand c’est plus long on passe à l’ultra-trail ! Pour avoir fait 12 marathons et plus de 500 km de course en trail et ultra-trail je me dis que ce n’est pas si simple. Tout d’abord la distance elle-même ne renseigne pas beaucoup sur la définition. On pourrait même s’amuser à comparer ce qui distingue un marathon d’un trail de 42 km.

 

Le profil ? Non il existe des marathons avec dénivelé positif (Marathon du Mont Blanc) et des trails courts assez plats.

 

Le type de chemin ? C’est vrai que le marathon aime le bitume et la ville. Quoiqu’il en existe aussi à la campagne et qui empruntent des routes forestières non goudronnées (Marathon des Yvelines).

 

Le nombre de ravito ? On s’approche un peu car ils sont tous les 5km en marathon et plus espacés en trail (2 pour un 42 km en général). Ce qui veut dire qu’en trail on est forcement en auto-suffisance mais on pourrait rétorquer qu’il y a des personnes qui ne mangent rien sur marathon. Il en est d’autres dont je faisais parti qui transportent leurs propres gels sur marathon et n’utilisent les ravito que pour s’approvisionner en eau. Alors sur ce point oui, en trail on porte son eau et pas en marathon. Mais ce n’est pas cela la différence en fait.

 

Pour moi la grosse différence entre les deux types de course réside dans le rythme de la course. Sur un marathon, on vise un temps qui correspond au volume d’entrainement et à sa propre expérience. Et on le vise en partant avec l’objectif de courir à vitesse constante sur toute la course. L’idée en marathon est de trouver le rythme maximum que l’on arrivera à tenir sur la distance. On le calcule en temps au km. Descendu jusque 4mn30 pour moi pour 3h10 à l’arrivée à Paris en 2006. Ce rythme est souvent tenu au prix de souffrances importantes durant le  dernier tiers de la course.

Marathon06_3.jpg

Votre plume en 2006 sur son 5eme marathon de Paris consécutif.

 

En trail, on est en mode finisher. Cela signifie que leur seul objectif commun à tous est seulement de passer la ligne d’arrivée, rien de plus. Alors on est certes bien obligé de suivre un rythme minimum si on ne veut pas être éliminé par les barrières horaires. On ne cherche absolument pas à faire un temps. Car si tel était le cas, on choisirait une course proposant des conditions parfaites c'est-à-dire sans porter son eau et sur une belle piste bitumée comme un marathon le propose. Dans le trail on ne cherche que le plaisir d’être ensemble et de finir sans trop souffrir (même en ultra-trail). A la limite sur un parcours plat de 42 km, la seule chose pour moi qui distingue un trail d’un marathon hormis le fait de devoir porter son eau, réside dans le fait que l’on est dans l’un en limite de souffle sans pouvoir tenir une conversation (si on "optimise" son marathon) tandis que dans l’autre on peut tout le temps parler et même manger pendant la course car on en garde toujours sous le pied. En effet, en trail, comme le terrain est généralement accidenté, le rythme est cassé : on se preserve dans les montées longues en marchant et on relance une fois en haut. Une sacrée difference avec le rythme regulier de chef de gare observé sur marathon.

 

Un marathon laisse beaucoup plus de courbatures qu’un trail car les chocs avec le sol sont plus violents car la vitesse est plus élevée, le sol plus dur (bitume), les chaussures moins renforcées, et les muscles fonctionnent en limite d'oxygène.

 

J’ai fait mes deux derniers marathons à quinze jours d’intervalle, en mai 2011. Le premier avait pour but d’établir un nouveau record sur un parcours très plat (marathon de Senart) mais c’était sans compter sur le vent et ma Vo2 max déjà descendante (je ne fis « que » 3h29 ce jour là). Deux semaines plus tard, j’étais comme promis à mes frères au départ du marathon du Louvres à Lille pour rallier Lens en compagnie de deux de ceux ci. Cependant, comme je n’avais jusque là jamais doublé le marathon sur un temps si court, mon seul objectif était seulement d’être finisher, sans plus. Entre les deux courses, je n’ai pas couru une seule fois sauf 3 jours avant le second marathon pour vérifier que mes jambes n’avaient plus de courbatures. Ce second marathon, vu que j'ignorais si j'arriverai à le terminer, je l’ai en fait couru en mode trail en 4h35 avec pour seul but d'être finisher. Avec des pauses tous les 5 km en marquant l'arret, ce qui a fractionné le rythme. Comme quoi on peut aussi faire un trail sur du bitume sans denivellé !

 

C’est d’ailleurs en courant au coté de Didier Benguigui, non voyant et grand habitué du marathon des sables que j’ai fait la course. C’est lui qui m’enseigna ce jour là les principes du trail et donné l’envie du trail. Ma Vo2 max n’étant plus ce qu’elle était, dès mon retour à la maison, je passait au trail et m’inscrivais aux Templiers sur le 80km, mais ça c’est une autre histoire – déjà compté sur ce blog.

 

Après il y a la classification trail versus ultra-trail. Dans les deux cas, les conditions de course sont identiques. Mêmes ravitos, même tracé, même objectif de finisher seulement. Alors qu’est ce qui fait qu’on a basculé dans l’ultra-trail à force de rallonger les distances comme j’ai fait ? Vous ne voyez pas ? Mais si ! Il y a un petit élément en plus à porter. Allez, vous avez deviné … non ? ......................Il s’agit de la lampe frontale !

 

Photo_night.png

UTMB 2013. La longue cohorte de frontales montant le col du Bonhomme.

 

Et si c’était ça la seule différence vraiment notable entre un trail et un ultra-trail. Le fait qu’il y a des transitions  jour/ nuit.  Ces transitions qui donnent un coté magique à ces courses quand le jour se lève ou se couche, avec ces lumières si particulières. Quand on part de nuit ou bien quand arrive de nuit, cela veut dire aussi qu’il va falloir s’adapter au manque de sommeil. Oui c’est bien le fait de courir avec un certain manque de sommeil qui va faire qu’on entre dans l’ultra-trail. Alors quand on passe 2 nuits sans dormir comme ça a été mon cas sur l’UTMB, on est alors au cœur de l’ultra, avec les hallucinations en plus. Et ça aussi je l’ai raconté sur ce blog !

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Published by Dominique Bayart - dans Trail
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