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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 16:21
Trans-Aubrac Capuchadou 53km

Samedi 16 Avril 2022. Il est 9h55 et me voici dans le sas de départ, prêt à m’élancer. Pour ce trail j’ai la chance d’être soutenu par ma compagne Brigitte ce qui est important pour le moral. La préparation s’est passée sans souci et j’ai pu mener à bien le plan d’entrainement final sur les sept dernières semaines avec 3 belles sorties par semaine. Cette dernière semaine j’ai bien levé le pied avec une seule sortie en endurance cool de 1h mardi dernier. Coté alimentation, je ne fais plus de menu spécifique la semaine d’avant course et fait plutôt appel au bon sens. Plus de 2 jours avant la course, vu qu’on ne court plus, il faut réduire les apports alimentaires donc c’est plutôt axé sur de la nourriture à base de légumes (gratins de courgettes ou aubergines, soupes, etc) sans viande ou fromage sec et peu de glucides. Je garde quand même un bon petit déjeuner à base de pomme, muesli et pain de seigle et graines. Dans les deux derniers jours, j’introduis les légumes secs à faible indice glycémique comme les lentilles puis la veille les pâtes (al dente) avec des fruits de mer. Comme le principe du trail est que l’on court tout en digérant de la nourriture, il est inutile de faire de très fortes réserves. Le petit déjeuner d’avant course doit être bien sur renforcé avec même encore un petit quelque chose 10 mn avant le départ.

Trans-Aubrac Capuchadou 53km

La course où je suis inscrit s’appelle le Capuchadou et part de Laguiole pour rejoindre St Gêniez d’Olt en passant par le village d’Aubrac. Le parcours est donné pour 52,6 km et 1350m de D+.  Les conditions de course s’annoncent très bonnes avec un soleil généreux et une température inférieure à 20 degré car nous allons évoluer au-dessus de 1000m jusqu’au 35km. Il va quand même falloir faire attention à l’hydratation surtout que les points d’eau sont en nombre limité sur la course. J’ai ressorti du placard tout mon matériel de trail acheté pour l’UTMB en 2013 et qui est encore en très bon état. Après deux trails préparés et annulés, il va sans dire qu’il me restait aussi des bars glucidiques et de la poudre de maltodextrine en stock. Certes périmés d’un an mais ce n’est pas une date inscrite sur une capsule qui va me faire peur. Stop au gâchis ! Je mets le tout dans mon sac et mes bouteilles. J’ai décidé de prendre les bâtons car le dénivelé positif et négatif me disent qu’ils vont être utiles.

Le départ est donné, je suis comme à mon habitude à l’arrière à discuter et prévois de faire chauffer la machine très doucement. De toute manière, sur une telle distance, c’est la vitesse moyenne à laquelle on court qui va répartir les concurrents et non leur place sur la zone de départ !

Trans-Aubrac Capuchadou 53km
Trans-Aubrac Capuchadou 53km

Après quelques centaines de mètres, nous quittons peu à peu le bourg pour prendre une petite route qui monte à la station de ski. Après quelques km le goudron disparait et nous voilà enfin dans la nature. Je marche dans les côtes tout en poussant sur les bâtons afin de grimper à bonne vitesse. Je profite des côtes pour m’alimenter et recharger les batteries pour courir à nouveau dès la fin de la montée. Après 12 km de course et 500m de montée jusqu’en haut des pistes de ski de la station,  nous arrivons sur un plateau où nous pourrons courir sur 4km jusqu’à la prochaine montée de 100m. Le terrain n’est pas lisse et il y a beaucoup de mottes d’herbe qui font bien travailler les chevilles et réduisent la vitesse moyenne de course. La descente devrait être assez roulante et nous mènera jusqu’au ravito. Pour ma part, trouvant le ravito placé trop loin, je m’arrête au bout de 2 heures de course vers le km17 pour manger un peu de pain et de taboulé. En effet comme il faut 3 heures pour digérer, la nourriture prise au ravito entre 13h et 13h30 ne profitera pleinement au corps qu’après 16h30 c’est-à-dire bien trop tard. En mangeant du solide à 12h (sachant que le petit déjeuner remonte à 7h du matin), cela me donnera la force vers 15h ce qui fera le pont pendant que je serai en train de digérer le ravito du km23. Cet arrêt volontaire va durer montre en main 5 mn et je rejoins en fait assez rapidement les personnes avec qui je courrais avant de m’arrêter.

Trans-Aubrac Capuchadou 53km

Cela me donne la pêche pour terminer cette première partie et rejoindre le buron de Bouals où nous sommes à une altitude de 1350m après 23km. A ce stade je suis en 371éme position en ayant couru 3h et 3mn.

Trans-Aubrac Capuchadou 53km
Trans-Aubrac Capuchadou 53km

Comme annoncé, le ravito est spectaculaire, installé dans une ancienne grange et richement doté. Il est clair que je ne vais pas goûter à tout mais chacun va pouvoir trouver ce qui l’intéresse et c’est appréciable. Pour ma part, je me focalise sur du salé avec les petits pains rillette, les verrines de taboulé et bien sur la soupe aux pâtes pour l’hydratation salé. Ce ravito doit nous nourrir pour plusieurs heures donc ce n’est pas le sucré qui ne dure que quelques dizaines de minute qui est la priorité. Pour terminer je prends un peu de gâteau cuit à la broche et du pain aux fruits confits et je refais les niveaux. Afin de pallier l’absence de point d’eau en route, j’ai dans mon sac à dos une bouteille d’un litre qui complète les 2 bidons de 60 cl que j’ai devant moi. Cela me fait 2.2 litres pour 25 km ce qui me parait suffisant. Je récupère mes bâtons auprès de Brigitte et me revoilà parti.

Trans-Aubrac Capuchadou 53km

Durant les 7 km suivant, on redescend une centaine de mètres sur la première moitié puis on les remonte sur la seconde partie afin de passer une croupe vers le km30 et de basculer vers la vallée du Lot par la forêt domaniale d’Aubrac. Au km34, je suis en 372 eme position après avoir couru 4h48mn.  Si dans la tête, on se dit que les grosses ascensions sont terminés et qu’en moyenne on va maintenant descendre jusqu’à la fin hormis quatre belles montées de 100 à 150m, la réalité du terrain va être en fait bien plus compliquée ! En effet le tracé suit plus ou moins le lit de la rivière ou de torrents à sec. On est donc soit sur du chemin caillouteux où les bâtons permettent de garder l’équilibre, soit dans des sortes de tourbières où les bâtons sont tout autant utiles. Quant aux remontées, ce sont de grandes pentes étroites de terre que les bâtons m’ont permis de gravir plus aisément.

Trans-Aubrac Capuchadou 53km

A plusieurs reprises nous franchissons des cours d’eau petits ou grand, certain en passant sur des pierres, d’autres à l’aide de cordes ou de pontons. En ce cas, l’eau est clair et permet de nettoyer un peu les chaussures car en réalité nous pataugeons souvent dans les tourbières avec de la boue jusqu’en haut des mollets.  Tous ses obstacles rendent la course plus difficile et au milieu de tout cela, il ne faut pas non plus oublier de s’alimenter. Durant l’avant dernière grande montée de 140m D+ au km42 je profite pour manger une barre énergétique qui m’aidera pour la fin de la course. Il restera encore une côte de 130m à gravir puis ce sera les 5km de descente finale vers St Gêniez. A partir du km40 je compte les km qui ne séparent du km50 en les égrainant un par un. Le début de la descente est très technique et les bâtons sont de grand secours. Au km44.6, je suis en 338eme position après avoir couru 6h39mn. Puis il s’agit de retrouver un équilibre pour avoir une foulée régulière. Avec la descente, les muscles sont très sollicités et ce n’est pas facile. J’ai maintenant bu toute l’eau que j’avais prise avec moi. Je n’ai pas rempli en cours de route afin d’éviter tout poids inutile mais ce sera en fait un peu juste pour la fin. Car après cette longue descente vers St Gêniez, je ne suis pas au bout de mes peines.

Des quais interminables ...
Des quais interminables ...

Des quais interminables ...

En voyant les premières maisons, je me dis que le podium n’est pas loin quand je lis sur ma montre que l’on a passé les 51km. Mais arrivé sur le quai du Lot, presque personne et une piste sans fin à courir sans savoir vraiment où cela va s’arrêter. Ma montre indique km52 puis km53 et toujours rien. On remonte pour arriver dans le camping mais ce n’est toujours pas fini ... Comme tout se passe à l’intérieur d’un gymnase, on n’entend rien et on cherche la ligne d’arrivée. Finalement au bout d’un moment je me retrouve sur une estrade mais je n’ai toujours pas vu de podium écrit "arrivée" donc je pose la question à l’hôtesse ! Ma montre indique 53,8 km et 1413m de D+ soit un km de plus que prévu et qui fut bien long à courir !

Trans-Aubrac Capuchadou 53km
Trans-Aubrac Capuchadou 53km

J’ai mis 7h43 mn ce qui me place en 306eme position au classement scratch (sur 624 arrivants). A 54 ans, je suis encore dans la première moitié des arrivants ce qui est une satisfaction. Dans ma catégorie V2H, je suis 49eme sur 132. Sur les 20 derniers km, j'ai donc gagné 66 places ce qui valide mes choix en termes d'alimentation et de gestion de course. Ce trail a été très positif pour moi car j’ai pu le mener sans souffrir exagérément et j’ai fait de belles rencontres comme toujours sur les trails. Le parcours est le plus technique que je connaisse pour un trail de 53 km avec pas mal de dénivelée, des terrains pas faciles à courir, des descentes techniques et aquatiques et un unique ravito placé à 30 km de la fin. Évidement le trail de 100km me chatouille un peu. En faisant tout plus cool, je me dis que ce n’est pas infaisable pour moi, surtout que les premiers 50 km sont plutôt roulant et moins techniques que les derniers 30km avant St Gêniez. Nous verrons bien d’ici l’an prochain et sur quel format je pourrai me présenter en fonction du temps  que je pourrai libérer pour m’entrainer. Mais il est certain que le fait d’avoir couru le 50km est un gros avantage pour qui voudrait faire le 100km tant le nombre de surprises est important.

En trail en Aveyron, tout fini en Aligot et après la douche au stade de foot, c’est sous le gymnase en regardant les arrivées du 100km que ma compagne et moi degustons cet aligot qui c’était refusé à moi depuis 3 ans.

Trans-Aubrac Capuchadou 53km
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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 16:19

 

Depuis octobre 2019 qui fut suivi d’un hiver covid pour les runners qui a duré 2 ans, il n’y a pas eu beaucoup de courses à se mettre sous la dent. Suite à l’annulation du trail 80 km des Templiers 2019 décrite sur ce blog, j’avais continué l’entrainement durant tout l’hiver pour arriver fin prêt sur la Trans Aubrac, format 105 km. Mais en mars 2020 est arrivé le premier confinement et donc voilà le 2eme trail où je m’étais préparé qui est annulé ! Le 2eme pour moi en 6 mois. Impossible de s’en remettre et sans vision sur les courses prévues sur 2020 je lâchais l’entrainement et la course à pied pour me mettre au jardinage comme beaucoup de monde à cet époque, replié chez soi. Puis après un an d’arrêt et avoir pris de nombreux kilos, il est venu pour moi en mars 2021 le temps de me remettre à courir. Tout simplement pour garder la santé et retrouver un poids de forme correct. En appliquant la méthode décrite sur ce blog pour perdre du poids, Je passais de 82 kg à 74kg. Manger végétarien permet de se faire plaisir en se faisant de bon petits plats tout en limitant le gras. Un gratin de courgette au fromage de chèvre ou un gratin d’aubergines à la mozzarella sont d’excellents plats sans viandes qui sont diététiques et riches en sels minéraux pour un coureur au régime.

Le chemin parcouru depuis les Templiers 2019 jusqu'à la Trans-Aubrac 2022
Le chemin parcouru depuis les Templiers 2019 jusqu'à la Trans-Aubrac 2022

Mon terrain d’entrainement est la région de Chalos Saint Marc près d’Etampes (91) qui procure un terrain varié pour l’entrainement de trail avec des paysages variés autour des rivières et un peu de dénivelé quand on monte et redescend les plateaux de la Beauce. C’est la campagne avec des chemins bosselés qui musclent les chevilles et deviennent boueux l’hiver. Les plateaux sont ventés l’hiver par le froid vent d’Est ou par le pluvieux vent d’Ouest sinon. Mais on a aussi la chance au cours de multiples entrainements faits parfois à la tombée de la nuit d’apercevoir toute la faune sauvage de la région qui regorge de lièvres, chevreuils, sangliers, renard et de nombreuses espèces d’oiseaux.

Le chemin parcouru depuis les Templiers 2019 jusqu'à la Trans-Aubrac 2022

Afin de me donner une motivation et de traverser l’hiver 2022 sans prendre des kilos, je me suis inscrit à nouveau sur la Trans Aubrac. Courir sur ce plateau d’Aubrac vallonné et de grande qualité biologique est pour moi très excitant. Placé non loin de villages bien accueillants que ce soit au niveau gastronomiques ou de type d’habitat, tel que Laguiole, cela permet d’associer trail et tourisme.

J’ai aussi choisi ce trail pour sa date. En effet, je suis pris toute la fin avril et le mois de mai à cultiver le jardin et rechigne à courir quand la température excède 30 degré comme c’est le cas l’été donc j’évite désormais aussi les trails de septembre. Restait le mois d’avril pour lequel la Trans Aubrac était parfaitement adaptée. Enfin l’ambiance de la course et des bénévoles reste bon enfant et loin de la foire du trône que sont devenus les Templiers. Pour le format, je n’ai plus le temps de m’entrainer pour un 100km. Il m’a fallu réduire la voilure c’est pourquoi je me suis orienté vers un trail de 52 km, le Capuchadou qui reprend une moitié du parcours 100km en ne faisant que la descente vers le sud de Laguiole tout en traversant tout le plateau de l’Aubrac. Cela m’a permis de m’entrainer tout l’hiver en perdant les derniers kilos en trop pour arriver à 72 kg fin mars.

Il reste maintenant 2 grosses semaines jusqu’à la course qui a lieu le samedi 16 avril. Le gros de l’entrainement est fait. Comparé à un entrainement pour un 100km, j’ai plutôt réduit à 3 sorties par semaines mais consistantes. La durée va de 1h30 pour les deux sorties semaine et de 2H10 pour la sortie longue du dimanche. Le dénivelé cumulé est de 240m pour la sortie semaine et de 300m pour la sortie longue. Ce dénivelé s’applique sur des côtes entre 50m et 70m à monter et réparties le long du parcours, avec un pourcentage qui peut dépasser les 10% sur certaines portions. Entre les côtes pour arriver sur le plateau de la Beauce et le vent une fois arrivé dessus, ces sorties sont plutôt exigeantes et devraient être suffisantes pour effectuer les 52km du Capuchadou et ses 1350m de dénivelé. Je vais maintenant un peu lever le pied sur les deux dernières semaines afin de reposer un peu mon organisme et puis ce sera rendez-vous à Laguiole !

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 21:43
Mon seule souvenir de la course des Templiers sera le passage à l'Expo de la Course ...

Mon seule souvenir de la course des Templiers sera le passage à l'Expo de la Course ...

Samedi 23H00 Je suis dans mon lit. L'esprit détendu. Tous les preparatifs sont faits. Tout est prêt : Les boissons énergétiques, les sachets de Malto, les boites de Taboulé pour permettre des ravito perso. J'ai mis un peu de vaseline sur les endroits de mon corps qui allaient frotter le plus. Mes orteils sont enrobé de ruban adhésif. Le ventre est rempli de pâtes. Les cartes de mon assistance sont prêtes avec mes heures prévisionnelles de passage et les indications de ce qu'il faut me donner en fonction des ravitos. Le réveil est fixé à 3h30, il reste 4h40 pour dormir avant le grand rush ...

23h05 Je reçois un SMS de mon fils qui me dit que la course serait annulée selon un communiqué sur la page Facebook de l'organisation. Je cherche à savoir si ce n'est pas un fake.

23h30 Après moultes recherches, aucune autre source que la page Facebook, qui est reprise par le journal de Millau. Mais je me dis qu'ils ont du appeler l'organisation pour vérifier. L'organisation aurait quand même pu se fendre d'un communiqué officiel transmis à la presse ...

00h00 Je me convaincs peu à peu que les Templiers ont pour la première fois en 25 éditions été purement et simplement annulés, ceci seulement 7h avant le départ. Je supprime finalement le réveil et essaie de trouver le sommeil.

7h00 J'ouvre les yeux et essais de me convaincre que je n'ai pas rêvé. Les Templiers ont été annulés ! J'ai tellement de réserves glucidiques emmagasinées dans les jambes que je pars courir 10km sans même boire un café. Les 300m de dénivellé avalés durant les 5km de montée me permettent de digerer la nouvelle et de croiser de beaux paysages.

 

Des Templiers, il ne reste que les vestiges ce dimanche 20 octobre 2019

Des Templiers, il ne reste que les vestiges ce dimanche 20 octobre 2019

Donc c'est arrivé. 10 mois de préparatif pour cette rencontre avec les Templiers qui n'aura jamais lieu. C'est dur à digérer. Les Templiers je les ai déjà fait en 2011 et 2012. En 2011 sans voir le soleil. En 2012 sous une pluie continue lié à un épisode cévenol. Ici en 2019, ce sont surtout les orages et le vent, qui ont fait annuler la course, pas la pluie. Peut être qu'il serait temps que les organisateurs se disent que fin octobre n'est pas la bonne période pour aller courir sur le Causse. En l’avançant fin Septembre on passerait de 80% de chance d'avoir mauvais temps à 20% (à la louche) et en moyenne, cela serait beaucoup plus gérable. Pour ma part, je ne suis pas prêt de remettre les pieds à Millau.

Il est maintenant urgent de me mettre à la recherche d'un trail pour le printemps. 80 km ne seront pas suffisant, il me faudra un format 100km et plus pour laver cet affront. Ce sera vraisemblablement le trail de l'Aubrac mi-avril avec 106 km.

Enfin pour terminer, voici une pub trouvé dans mon sac à mon retour et qui était dans le pack d'inscription et qui m'a bien fait rire ! Quand la réalité dépasse la fiction ...

MDR

MDR

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 22:14

Fin 2018, plus de 2 ans après mon dernier trail (TCO 64 km raconté sur ce blog) et après avoir pris 10kg de plus, je me dis qu’il fallait faire quelque chose. Les doux souvenirs des paysages des trails faits du coté de Millau se rappelaient à moi. Je décide donc de m’inscrire à la Grande Course des Templiers afin de m’obliger à prendre les dispositions qui s’imposent pour être au départ d’une course d’une telle renommée.

Déjà il y a plus de 10kg à perdre. On est en janvier et j’ai le temps pour moi. Aucune pression mais il faudra rééquilibrer ma ration alimentaire vers plus de végétaux et de poisson et presque plus de fromage et viande. Mais étant bon mangeur et gastronome (et je cuisine pas mal) je vous assure qu’on peut se régaler avec des salades végétarienne toute faites maison (sinon gare au gras caché). Taboulé à la menthe fraiche, salade de lentilles au persil, salade de quinoa au fenouil et aux noisettes, salade de pâtes avec un peu de pesto, salade de riz aux noix et poivrons sont des exemples où l’on se fait plaisir en perdant du poids. Et je me remets à la course à pied de manière régulière, 2 fois par semaine pour commencer. Avec un tel régime, déjà décrit sur ce blog, et en mangeant une salade végétarienne chaque midi, en réduisant la viande à un repas par semaine, les kilos ont fondu peu à peu, de 1 à 2 kg perdu par mois, avec certes parfois des périodes de stagnation mais c’est normal. J’ai surtout laissé le temps au corps de s’adapter, sans le brusquer. Cette période de remise en forme m’a donné l’occasion de mettre au point un parcourt vallonné dans la campagne du sud Essonne du côté d’Etampes où je réside désormais. L’idée est de se remuscler et de faire grossir peu à peu le cœur avec de l’endurance cool et quelques montées. Et cela permet de se faire un petit plaisir culinaire de temps à autre tout en brulant les calories par la course à pied.

Tous ces mois à s’entrainer régulièrement ont laissé beaucoup de souvenirs. La nature sous toutes ses formes et en toutes saisons.

 

 

Hivers avec le froid et le vent glacé dans la campagne.

Hivers avec le froid et le vent glacé dans la campagne.

Puis vient le printemps où l’on peut se découvrir enfin.

Puis vient le printemps où l’on peut se découvrir enfin.

Puis l’été, au bord de la mer, avec un peu d'air marin pour s'entrainer

Puis l’été, au bord de la mer, avec un peu d'air marin pour s'entrainer

Et les entrainements en forêt pour alleger les périodes torrides et la sècheresse qui dura jusque mi-septembre

Et les entrainements en forêt pour alleger les périodes torrides et la sècheresse qui dura jusque mi-septembre

Puis le retour des pluies et des chasseurs qui m'a permis de croiser sangliers et chevreuils ...

Puis le retour des pluies et des chasseurs qui m'a permis de croiser sangliers et chevreuils ...

La course a lieu le 20 octobre, et vu qu’il faut relâcher l’entrainement 2 semaines avant cela veut dire que début octobre, le gros de la prépa doit être terminé. Comme il faut 2 mois d’entrainement spécifique, une fois la forme et le poids de forme retrouvés, cela veut dire que Aout et Septembre seront des mois intensif de la prepa avec au moins 3 sorties par semaine, voire 4 si possible, dont une sortie longue de plus 2h. C’est dans l’Essonne que je débutais cette prépa spécifique avec des sorties qui se sont enchainés cet été sans trop de difficulté ni de problème physique rencontré.

Puis vinrent les vacances à Oleron dont je n’arrive plus à me passer depuis 20 ans. Je connais bien le Nord de l’Ile avec la côte sauvage vers le phare de Chassiron mais aussi d’autres chemins par les bois de Matière et les vignes en revenant par les pistes cyclables autour des anciens marins salants. Il a fallu aussi faire parfois des choix entre la plage, les visites et les sorties course à pied. Mais une gestion sage a permis de gérer assez bien le tout sachant que sur cette Ile Lumineuse, chaque sortie laisse les souvenirs inoubliables. Et côté nourriture, je n’ai pas échappé à la rituelle côte de bœuf grillée servie avec des légumes et peu de féculents.

Avec quatre sorties par semaines tout en faisant attention à ce qu’on mange (manger peu de viande et ne jamais manger viande et féculent en même temps), les kilos défilent peu à peu. Avec la fin de la préparation, mi-octobre, ce sera un total de 13 kilos que j’aurai perdu mois à mois (parti de de 83kg en Janvier et arrivé à 70 kg).

En principe la préparation à un grand trail passe par un trail intermédiaire d’une cinquantaine de km. Le trail de la pointe Caux du côté d’Etretat de 50km et déjà fait 3 fois (raconté ici et sur ce blog) est très bien placé pour cela. Problème c’est le week-end où je rentre d’Oleron donc pas possible pour moi cette année. A quoi bon, je vais m’organiser moi-même un trail de 50 km autour de chez moi.

Mon camp de ravito de mon trail perso de 50 km

Mon camp de ravito de mon trail perso de 50 km

Mon garage servira de point de ravitaillement avec eau et nourriture type taboulé pour se refaire la cerise. Le parcours que je pratique autour de Chalos Saint Mars fait un peu plus de 16 km. Je le rallonge à 28 km en y ajoutant un aller-retour de 8km vers Etampes par l’ancienne voie ferrée ainsi qu’une montée supplémentaire vers le château du Tronchet. Ce sera donc deux boucles à effectuer, de 25 km environ. Je vise plus que 25 km pour la première boucle de façon à être plus cool côté distance sur la deuxième boucle, l’objectif étant d’atteindre les 50 km au total. Nous sommes mi-septembre et j’ai bien vérifié que le jour de l’ouverture de la chasse n’était bien que le lendemain.

Partir dès l'aube ...

Partir dès l'aube ...

Dès potron minet je m’élance vers 7h30 afin de courir au frais et ne pas terminer trop tard dans la chaleur. C’est aussi l’heure où le soleil se lève à cette période et cela n’était pas pour me déplaire car cela donne un côté sidéral à cette course.

 

Le soleil est de la partie ! et les chevaux ouvrent juste l'oeil ...
Le soleil est de la partie ! et les chevaux ouvrent juste l'oeil ...

Le soleil est de la partie ! et les chevaux ouvrent juste l'oeil ...

La première boucle se fait avec assez d’aisance. A l’inverse des entrainements, je ne cours pas dans les côtes et je pars sur un rythme très tranquille. J’ai mis la tenue de trail avec vêtements compressif et bidons en façade. J’ai également quelques rations alimentaires, et de la malto dans un de mes deux bidons.

Objectif les Templiers !
Objectif les Templiers !
Objectif les Templiers !

A l’issue de la première boucle, le compteur indique déjà 28 km de parcouru donc j’ai de la marge. Je m’assis un moment et déguste un bon taboulé maison et un dessert puis repart après cette pause d’environ 30 mn. Les jambes, juste après avoir mangé sont un peu lourdes, et la chaleur monte, mais au bout d’un moment le rythme revient. La seconde boucle se termine avec des douleurs dans les jambes, eh oui le trail ça fait un peu mal aux jambes au bout de 50 km. Cela n’est pas inquiétant car je suis encore en pleine préparation et pas du tout reposé pour prendre le départ de ce trail perso. En plus un seul ravito sur un trail de 52 km c’est très peu, trop peu, ce qui augmente la difficulté. Mais je suis content, j’ai vu des paysages magnifiques, j’ai fait quelques rencontres, et surtout j’ai validé un jalon important sur la route des Templiers. Ce trail m’a permis de franchir un cap et après une semaine de récupération, le rythme s’est naturellement accéléré sur les sorties suivantes, avec plus d’aisance.

En même temps arrivé mi-octobre, la fatigue de la préparation commence à se faire ressentir. En plus courir à la campagne est maintenant périlleux depuis le retour de la chasse, ce qui m’oblige à courir avec un gilet jaune ! Il est donc temps d’alléger la préparation en réduisant à 3 sorties l’avant dernière semaine, puis à une seule sortie le lundi de la semaine de la course, qui a lieu le dimanche. L’important maintenant c’est d’arriver en forme le jour de la course avec un bon sommeil et des muscles reposés.  Pas facile d’accepter de ne plus courir quand cela fait des mois qu’on est de sortie, quel que soit le temps et la fatigue. Mais c’est une étape indispensable. Me voilà plus ou moins prêt. Maintenant c’est à la course de rendre son verdict.

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 21:27

Ce dixième trail de Côte d’Opale en Pas de Calais (TCO pour les intimes) revêt pour moi une saveur particulière pour deux raisons. Tout d’abord, même son nom nous ramène aux terres du Pas-de-Calais, on se rapproche un peu de mes terres natales qui se trouvent autour de Dunkerque situé 40 km plus haut. Aussi, mis à part les falaises (que j’ai connues sur le Trail de la Pointe de Caux), ce trail intègre nombre des ingrédients déjà rencontrés lors des sorties faites chez mes parents en direction de la Belgique : plages de sables, dunes vallonnées, petits bois … et une méteo changeante en fonction de la marée.

 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Si la première raison réside dans le fait que pour une fois, je me sens en terrain connu, la seconde réside dans le fait que je vais courir en famille. Ce trail sera celui des 3 frères puisque mes frères Emmanuel et Jean-Marc sont bien inscrits aussi. Tout est parti l’an dernier où mon frère Manu a coincé à mi-parcours. Refusant de lui laisser en bouche plus longtemps le goût de l’echec, je me proposais de servir de meneur d’allure afin de lui faire acceder aux douces sensations d’un trail long mené jusqu’à son terme.

Courir avec un de mes frères n’est pas une nouveauté pour moi. Sur marathon j’ai pris le départ du marathon de Paris avec mon frère Emmanuel il y a 2 ans. J’ai fait celui du Louvres (sens Lens vers Lille) avec mon frère Denis et plusieurs fois celui de Paris avec Jean-Marc avec qui j’ai poussé jusqu’à l’Ecotrail 80 km ! Sa robustesse n’est plus à prouver vu que nous avions terminé ensemble en haut de la Tour Eiffel en tout juste 10 heures. A deux, on sait que chacun aura un coup de mou à un moment donné avec la difficulté pour se mettre d’accord sur les allures à tenir en début de course comme en fin de course.

Alors imaginez à 3 ! Tout un défi … Tout d’abord arriver tous les trois dispo, en forme et entrainés à la remise des dossards d’un trail costaud comme le TCO c’est dejà miraculeux. Car bien sur nous ne sommes pas au même stade de notre parcours de course à pied. Emmanuel vit depuis peu sa passion avec son club de Calais (SOC pour Stade Olympique Calais Athletisme) de manière croissante avec des objectifs sur marathon et trail de plus en plus ambitieux. Jean-Marc a une vingtaine de marathons dans les jambes, faits notamment avec le club de Leffrinckoucke situé près de la frontière belge et où j’ai grandi.

Quant à moi après un cycle intense décrit sur ce blog, je suis maintenant dans un autre cycle plus doux où je m’aligne sur un trail vers chaque fin d’été et privilegie plutôt l’ambiance et l’envie à la quantité. Ensuite lors d’une préparation de course, chacun a ses petits bobos et ses impondérables à gérer. Et parfois à la date de la course, eh bien on n’est tout simplement pas prêt ou bien très fragilisé. Manu a fini sa préparation grippé tandis que Jean-Marc n’a pas couru autant qu’il aurait voulu. Quand à moi, je suis venu avec un entrainement sérieux mais effectué de manière un peu express en moins de 2 mois. Je suis néanmoins revenu à mon poids de forme. Vu que je suis censé amener mon frère Manu sur la ligne d’arrivée, il ne s’agissait pas de coincer en route du fait d’une préparation à la légère.

Pour ce qui est de la course, nous serons bien accompagnés vu qu’un grand nombre de coureurs du SOC (club de mon frère Manu) seront également au départ. Enfin ma compagne Brigitte sera avec nous et nous la retrouverons à chaque ravito ce qui s’avérera très utile !

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Après une soirée affairée à la préparation de nos ravitos liquide et solide, nous voici le 11 Septembre au petit matin prêt à en découdre.

Pour ma part, j’ai tres mal dormi sur un lit de camp mais au départ ça semble oublié.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Nous retrouvons tous les membres du SOC et le mystere du trail agit encore sur chacun avec un grand point d’interrogation dans la tête sur nos chances de terminer.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

7h58, petit à petit tout le monde se rassemble. Le ciel est menaçant mais une amélioration est annoncée !
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Le départ donné sur la plage est sompteux avec en point de mire, le cap blanc nez à gravir.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Plusieurs groupes se forment sur la plage selon le coté de la bâche que l’on choisi.

Avant de rejoindre la falaise, il s’agit de franchir l’eau qui se trouve au pied.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Pour avoir plusieurs fois franchi une rivière en trail (voir le trail de la Pointe du Pays de Caux sur ce blog par exemple), je sais que l’eau est vite evacuée par la chaussure et ne met pas en péril la suite de la course. Mon frère Manu n’est pourtant pas convaincu. L’ascension ce fait à la cool et marchant rapidement, et en relançant une fois en haut. Les sensations sont bonnes, le paysage est magnifique et il n’y a pas trop de monde ce qui fait qu’on peut depasser facilement si besoin. Nous passons de l’autre coté de la falaise et nous voilà en pleine nature pour un parcours assez roulant avec une belle descente.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Tout cela nous mene au km 21 pour le premier ravito. Le moral est bon même si mon frère Manu qui a sous-estimé la fuite d’eau de son camel bag en paye les conséquences puisqu’il est maintenant bien trempé et à cours d’eau. Il est des paramètres que je ne peux vraiment pas contrôler ….

Apres avoir pris un peu de solide, nous voilà reparti. Le prochain ravito est au km41. Cela veut dire qu’on sera 2h30 sans manger d’ici là et que le temps de digerer ce qu’on y trouvera eh bien ce sera trop tard et l’on risque une hypoglycémie.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Nous décidons que nous ferons notre propre ravito vers le 34 km et c’est ainsi qu’on se retrouve vers midi et demi au pied d’un calvaire en train de manger notre pain aux figues et taboulet bien reconfortant. Des personnes autour de nous ravitaillent mon frère Manu en eau et nous voilà repartis. Ce ravito est très important car avec 4 h de digestion, il va nous assurer des glucides et sels minéraux pour pratiquement tout le restant de la course. Quelques gateaux sucrés pris d’ici là suffiront à completer.

Rapidement nous retrouvons le ravito des 41 pour seulement picorer un peu.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Des 3 frères, Manu (en jaune) semble le plus frais.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Suivi de Jean-Marc (en rouge) qui gère.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et de Dominique (en blanc) qui s’économise.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Après un arrêt assez rapide nous voilà reparti pour la section la plus difficile de la course puisque nous entamons le dernier tiers.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Avec au programme, la traversée des Dunes de la Slack. Avec un soleil bien puissant et du sable ou l’on s’enfonce à chaque foulée. Ayant passé mon enfance dans les dunes de Leffrinckoucke, je gère et parfois il est même plus efficace de marcher afin de s’economiser un peu.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

La remontée le long de la plage vers Ambleteuse est vraiment longue et effectuée en plein soleil mais nous tenons une bonne foulée. La Slack est un jeu d’enfant à traverser lorsqu’on passe plusieurs heures après la marée.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Nous voilà arrivé au km 52. Les jambes font bien mal maintenant. Les longues foulées dans le sable et la remontée vers Ambleteuse font leur effet et je me demande aussi si j’ai assez bu. En théorie il reste 10 km à tenir (mais l’on va voir que ce n’est pas exactement ça …). Manu n’en revient pas de ne pas avoir été stoppé par des crampes comme l’an passé et est maintenant euphorique, un peu dans le trail de sa vie ! Quand à Jean-Marc, solide comme un rock, les km n’ont pas de prise sur lui. Brigitte nous prodigue en nourriture, et en eau et chaleur humaine.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Je ne suis pas pressé de repartir mais mes frères ne veulent pas passer trop de temps sur ce dernier ravito.

Nous laissons le cap Gris-Nez sur la gauche et poursuivons sur le chemin du retour vers Wissant.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Peu à peu je retrouve les jambes. Même si on tourne au ralenti on court toujours. Et comme chacun des trails que j’ai fait, c’est en courant que je compte finir. Mais les km restant s’additionnent encore et encore et nous sommes toujours en chemin lorsque le km62 est passé. Puis passe le km63. Puis le km64. Chaque personne interrogée nous donne une information différente quant au km restant à faire. Nous sommes au bout du rouleau et cette fin introuvable n’est pas pour nous aider.

 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Finalement au bout de 64,6 km nous retrouvons la montée vers les tentes de l’arrivée.

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et c’est en Moonwalk que mon frère Manu souhaite faire les derniers 100m et c’est donc dans un état second que nous nous exécutons.
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Le speaker ne sait même pas qu’à cet instant, 3 frères partis ensemble arrivent ensemble au bout de 8h30 de course. C’est pourtant peut-être un événement unique qui est en train de se passer sur cette course, sans que personne ne s’en rende compte à part nous 3 bien sur !
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Les 3 frères tous médaillés !
 

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et Merci à Brigitte à qui nous devons beaucoup pour nous avoir accompagné pendant 8h30 et réconforté à chaque ravito avec son sourir si craquant (pas comme le mien qui en veut à la personne qui coupe la photo sur la droite …).

Voilà, nos vies à tous les 3 ont suivi les rails différentes de la préparation puis ces rails se sont rejointes pour vivre cette course ensemble sur 65 km avec chacun une façon différente de la vivre et de la ressentir. Mais tous les 3 nous finissons avec le même  sentiment d’avoir atteint ensemble un sommet commun qui restera dans nos têtes pour un paquet de temps !

Trail de Cote d'Opale en Pas-de-Calais (TCO)

Et pour terminer, une photo du magnifique terrain de jeu de cette journée mémorable !

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 22:41
Les étangs de Bretigny

Les étangs de Bretigny

Voilà 6 semaines que j’ai entamé une solide remise en forme associé à un entrainement soutenu afin d’’être prêt le 11 septembre prochain pour aborder les 62 km du trail de la côte d’Opale (TCO) à Wissant (62).

Pour cela il m’a fallu suivre un régime strict décrit sur ce blog et courir pas mal ! Après 7 kg de perdu et 300 km de course à pied effectués, me voici remis en état pour pouvoir enfin reprendre du plaisir à m’entrainer. Cependant il y a d’autres adversités à combattre pour arriver à être fin prêt pour ce TCO. Car comme pourrait dire l’adage, courses en septembre veut dire entrainements sous forte chaleur en juillet/aout.

Vu que j’ai compressé l’entrainement à seulement 8 semaines de durée, entrecoupé d’une semaine de rando en montagne, je ne peux me permettre de ne pas respecter ce court plan d’entrainement en prétextant par exemple la forte chaleur. Et c’est ainsi que je me retrouve sur les bords de l’Orge un mercredi de fin aout un peu après 19h où il fait encore 35 degrés pour effectuer ma sortie longue de préparation au trail. Je veux dire une sortie d’environ 2h45 faite sur un parcours de 24km en ne m’alimentant qu’en eau (2 bidons de 60 cl car à la pipette on ne voit pas ce qu’on boit et on ne boit en général pas assez).

J’ai mouillé ma casquette, mis mes boosters et mon short compressif, bien calé les écouteurs de mon MP3 et me voilà parti pour 24 km ! Habitant désormais dans l’Essonne (91), je pars de chez moi à Arpajon tout prêt de la place du marché et en route pour un aller-retour vers la tour de Montlhery. Mon parcours traverse Arpajon pour rejoindre St Germain-les-Arpajon et le parcours aménagé le long de l’Orge. Cette promenade me permet de courir à peu prêt à l’ombre avec un petit peu de fraîcheur relative apportée par l’Orge (et aussi pas mal d’humidité aussi !). Les bords de l’Orge ont été nettoyés et réaménagés il y a quelques temps avec des étangs et des zones inondables prévues pour absorber le trop plein lors de fortes pluies.

 

Cela favorise bien sur la qualité du biotope présent dans cette zone qui va d’Arpajon jusque Sainte Geneviève-des-Bois. Il n’est pas rare de surprendre un héron cendré ou un groupe d’oies sauvages ou encore un renard entamant son petit tour au crépuscule. Une fois sorti de Saint Germain-les-Arpajon je rejoins le lieu-dit le Petit-Paris à Leuville où se trouve une ancienne meunerie transformé en fabrique.

Puis ma course me fait passer sous la Francilienne pour arriver aux étangs de Longpont-sur-Orge, vaste zone aquatique attirant plusieurs espèces d’oiseaux et de pêcheurs à la ligne.

De là je suis le GR111 qui bifurque à gauche pour quitter l’Orge et passer devant le château de Lormoy où il y a un siècle le roi des belge eut un enfant avec sa favorite (c’est maintenant une maison de retraite).

Basilique de Longpont-sur-Orge

Basilique de Longpont-sur-Orge

Nous arrivons alors à la Basilique de Longpont-sur-Orge dont le portail date du 13eme siècle.Cette église constitue un site clunisien reconnu d’importance européenne car ce fut un jalon important sur le chemin qui mène les pèlerins jusque St Jacques de Compostelle. La visite de cette construction gothique vaut d’ailleurs vraiment le coup.

 

De là je remonte sur le plateau direction Montlhéry par la pittoresque rue du champ de Bataille et déjà j’aperçois au loin la tour de Montlhéry qui est l’objectif à atteindre !

Entre ces deux lieux se trouve une vaste plaine de culture de céréales. C’est aussi le lieu où se passa une bataille très célèbre puisqu’il s’agit de la bataille de Montlhéry qui eut lieu en juillet 1465 (sous une forte chaleur aussi !) entre les troupes du roi Louis XI et celles de la ligue du Bien Public, constitué principalement de Bourguignons. Les forces en présence étaient constituées de la fine fleur de leur armée et donc de combattants expérimentés. Cette bataille, qui dura toute une journée, fut initialement causée par la volonté de chacune des parties de montrer à l’autre la force de son armée. Elle fit au final 2000 morts de chaque coté (soit environ 10% des combattants) et fut sans véritable vainqueur … Elle fût d’ailleurs suivi par le siège de Paris quelques semaines plus tard.

 

Photo du panneau explicatif de l'historique de la bataille de Montlhery

Photo du panneau explicatif de l'historique de la bataille de Montlhery

Durant la bataille, le sénéchal Pierre de Brézé qui commandait les troupes du Roi fut tué. Une croix a été érigée pour lui seul ce qui est assez injuste vis-à-vis des autres combattants mais il en est ainsi !

Croix de Rouge Fer ou croix dite de la Bataille

Croix de Rouge Fer ou croix dite de la Bataille

De là je traverse l’avenue très fréquentée des Templiers et me dirige vers la rue des Archers. Car ce sont bien les archers qui étaient stationnés sur la colline de Montlhéry au pied du château (bâti au 14eme siècle et dont ne subsiste que le donjon). Trop menaçants, ils furent décimés par une attaque Bourguignonne, ce que rappelle le nom de cette large rue.

Celle-ci est une ligne droite montante qui me mène dans un ancien quartier de Montlhéry où je rejoins la tour via la rue de la poterne. Une grimpette de 150m plus tard, me voici en faisant le tour par un sympathique petit chemin.

Donjon du château de Montlhery ou plus simplement Tour de Montlhery

Donjon du château de Montlhery ou plus simplement Tour de Montlhery

Il fût tiré parti de la position élevée de ce donjon par diverses expériences au 19 eme siècle. Cela va du télégraphe de Chappe (transmission visuelle de proche en proche) à la mesure de la vitesse du son, puis de celle de la lumière. Les accès à la tour ont été refaits et celle-ci se visite désormais. Il me faut ensuite rentrer par le même chemin.

Comme je ne prends pas de barres ni de sucre, il est clair qu’au bout de plus d’une heure de course j’ai épuisé une bonne partie de mes réserves de glucides et je vais forcer mon corps à taper un peu dans les graisses. Ce type d’entrainement à faible régime de glycogène (voir sur ce blog) permet aussi d’élever sa résistance en course face aux coups de mou qui surviennent lorsque les réserves sont bien entamées, ce qui est fréquent sur des trails de plus de 50km.

Voilà, le retour de la sortie se fait à l’économie sous une lumière déclinante et en essayant de divertir l’esprit de la douleur qui monte peu à peu grâce à la belle nature environnante et à la musique. Peu à peu le soleil a disparu et les premiers lampadaires se sont allumés. Je suis mouillé de la transpiration et n’ai pas souffert tant que ça de la chaleur car j’ai bien bu. La température commence maintenant à baisser ce qui aide la fin de course. A cette époque de l’année, la nuit est en train de tomber et donc il n’est pas question pour moi de m’attarder trop dans la pénombre et c’est un peu après 21h30 que j’en termine.

Cette sortie est difficile mais c’est elle qui fait que ce plan d’entrainement prépare aux trails de plus de 50km et non à un marathon. Une douche et un grand bol de muesli au lait de soja plus tard, me voilà pratiquement prêt à aller dormir avec la satisfaction d’avoir mené à bien la sortie longue de la semaine. Elle me sera bien utile pour aborder en toute sérénité le TCO qui se profile à l’horizon !

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 21:40

Pour passer d’un entrainement pour un trail 80km à un entrainement pour un trail de plus de 100 km avec un total de D+ en augmentation, le volume d’entrainement doit encore être renforcé.

Chaque semaine le total de temps passé à s’entrainer devra dépasser 400min voire 430min si aucun trail de 50km n’est prévu au cours de la préparation, de façon à atteindre un total de temps supérieur à 3000min calculé sur les sept dernières semaines. On peut courir sur une base de 5 fois par semaine ou bien rester à 4 fois c’est selon chacun.

La sortie longue de 2h45 doit être maintenue quoiqu’il arrive (même si vous êtes amené à ne courir qu’une fois par semaine). Pour le reste, ça fait 3x95mn ou bien 4x70min. Il faut absolument compter les temps passés à courir à chaque sortie en utilisant un tableur avec une ligne par semaine. Cela vous aidera à vous repérer pour savoir ou vous en êtes dans votre préparation par rapport à ce plan idéal.

Car souvent, des impératifs personnel (périodes de vacances), les intempéries (-10 deg en hivers), la santé (et oui il arrive d’attraper un rhume) font qu’il a fallu alléger l’entrainement pendant une semaine. Cela peut être rattrapé en étalant la charge sur les semaines suivantes de façon à se rapprocher du total de 3000mn sur 7 semaines. Ce total permet aussi de se motiver pour les sorties car on garde bien en tête combien cette sortie est nécessaire alors qu’il fait mauvais et qu’on a des engagements personnels, combien il est important de tenir le cap fixé. Faire un trail de 100km n’est donc finalement pas si difficile à gerer une fois la course lancée, mais ce qui est dur, ce sont les 8 à 10 semaines d’entrainement qui précédent !

Après pour aller encore plus loin, pour l’UTMB (168km), j’ai porté le total à plus de 4000mn sur les 7 dernières semaines, avec une sortie longue de 3h et des sorties entre 2h et 2h30, 3 à 4 fois par semaine, en incluant de longues pentes répétitives et des trails personnel en montagne de 6h, le tout avec eau et alimentation solide. Cela m’a fait passer peu à peu de 450mn par semaine à 550mn puis à 650mn et à un maximum de 760mn les deux dernières semaines où j’ai inclus des trails longs, avant deux semaines de repos complet (légère déchirure).

Enfin pour la dernière semaine, comme toujours, du cool ! Pour une course débutant le samedi, une sortie d'1h le mardi puis de 30 minutes le jeudi avant de commencer les féculents et le tour est joué. Il est alors temps de calculer ce qu'il faut avoir dans sa musette pour se restorer entre les ravito, toujours trop pauvres en féculents salés.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 21:33

Passer d’un entrainement pour un trail 50km tel que decrit sur ce blog, à un entrainement pour un 80 km un peu plus accidenté, tel que les Templiers à Millau par exemple, demande un volume plus important avec 4 sorties par semaine. Mais la base de l’entrainement comparé à un 50km va rester la même.

On va travailler sur 3 sorties de 1h20 et une sortie longue entre 2h30 et 3h maxi, le tout sur terrain vallonné (avec quelques bonnes cotes bien longues si possible, à faire plusieurs fois).

Vous aurez alors un total d’environ 2800mn accumulé sur les sept semaines précédents la course (soit un peu moins de 400 min par semaine) et si possible en ayant intercalé un trail de 50km à un mois de la date de la course (par exemple le trail de la Pointe de Caux en vue des Templiers).

La sortie longue à une semaine de la course ne doit pas dépasser 2h et la semaine de la course, une sortie d’une heure et une seconde sortie d’une demi-heure suffisent alors.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 19:34
Petit retour sur le Paris-Versailles 2015

Après trois premiers passages de 2001 à 2003 sur cette belle course où j’ai plafonné à 1h10, je ne pensais pas y retourner tant j’y trouve le temps de course désormais trop court pour moi!

Mais voilà, la section course à pied de mon entreprise voulait relever le chalenge du nombre de participants et en plus mon employeur gérait et payait l’inscription. On en parle avec ma chérie qui n’a fait que des 5 km mais cela semble infaisable tant elle est épuisée dès la demi-heure de course.

Comme j’aime les chalenges, je me dis qu’il y a surement des choses à régler et me dis prêt à relever le défi d’amener mon amie sur la ligne d’arrivée. Car elle ne manque pas d’endurance puisqu’elle est capable d’allonger 60km de rando sur 3 jours sans aucune douleur.

Pour cela, il a fallu comprendre que son foie ne retient pas l’énergie. Moi si j’ai mangé des pates la veille, je peux courir 2h avec seulement de l’eau comme aliment, comparé à une demi-heure pour elle. Alors d’entrée, je suis parti sur la piste du ravito en course pour pouvoir allonger le temps de course. Un sucre au bout de 20 mn (ou de l’eau sucré), une cuillère de miel avant de partir s’entrainer pour se donner de l’énergie et voilà que peu à peu mon amie a pu allonger son temps de course jusque 1h10. Avec qq certes arrêts mais surtout jusque 3 fois par semaine, souvent 2 fois et une seule fois quand le temps a manqué. Ceci pendant presque 2 mois. Mon élève a été assidue à l’entrainement !

Petit retour sur le Paris-Versailles 2015

Et c’est ainsi que je me retrouve en bonne compagnie derrière les barrières de départ devant la tour Eiffel ce dimanche 27 septembre au matin. Pour mon amie, j’ai un sac à dos de 20l plein de tout ce qui pourrait être nécessaire. Déjà je lui ai rempli une gourde de malto et j’ai une plaquette de powerbar avec moi. On complétera avec qq sucres trouvés au ravito. Et pour moi, de l’eau pur. Avant d’entrer dans le sas, je sors pour mon amie une barre de céréale.

Le départ est très original. Il s’agit de faire courir un maximum de gens (25000) mais sans que ce soit le bazar. Pour cela, les organisateurs ont imaginé de faire partir les participants par vagues de 250 personnes environ toutes les minutes. Du coup, ça fait 100 minutes pour faire partir les derniers et c’est à 10h50 que nous partons alors que le départ a été donné à 10h. L’attente est un peu longuette mais en course on apprécie vraiment de ne pas être les uns sur les autres, comme au marathon de Paris.

Le départ se fait donc tranquillement avec comme seul but d’arriver à deux. Nous avons 16,2 km à faire avec 120 mètres de dénivelée. Une pause pipi et quelques km plus loin nous voilà déjà Issy les Moulineaux. Le parcours le long de la Seine est vraiment somptueux et en plus le soleil est de la partie !

Au bout de 20nm, je m’aperçois que mon élève n’a toujours rien bu. Allez bon ! un petit coup de malto c’est important que diable ! Au premier ravito au bout de 8 km, ce sera un sucre. Et puis voilà la route qui se raidit et approche l’église de Meudon-Bellevue au pied de la montée de l’observatoire. Alors là, on est en mode trail, version finisher. Donc on marche. Rapidement mais toute la montée. Il faut épargner les jambes. Et on doublera les imprudents une fois là-haut. La montée se fait bien et j’en profite pour faire prendre à mon élève une demi power-bar qui devrait faire effet dans ¼ d’heure quand nous serons sur le plat. Bientôt, nous voici déjà dans le bois de Meudon pour courir à nouveau et passer le portique pour le temps intermédiaire au bout de 1h11. Les sensations de mon élève sont bonnes, pas de douleur ! On traverse le bois puis c’est la descente vers Velizy, en full détente, et l’on retrouve la route pour traverser Chaville en direction de Viroflais. Le power- bar et la malto font leur effet, mon amie n’a pas mal aux jambes. On court désormais avec des participants qui ont pour seul but, comme mon amie, d’être finisher. Pour beaucoup de ceux-là, le Paris-Versailles c’est souvent la première course ou l’on veut se tester après un 5 ou 10 km. L’étape initiatique avant d’aller se placer plus tard au départ d’un semi-marathon. C’était le cas aussi de cette maman accompagnée par sa fille rencontré dans le RER et qui, parties de Beauvais, venaient se tester sur cette course. L’ambiance est bon enfant et tous ces orchestres c’est bien sympa. En trail ce serait bien d’avoir aussi un peu de musique et pas qu’au départ …

Nous avons fait les deux tiers de la course. Je fais ingérer le restant de power—bar et nous voilà partis pour les derniers km en légère montée dans Versailles. Les jambes tirent un peu mais mon amie semble en pleine forme et n’en revient pas de courir depuis si longtemps.

Brigitte finisher 2015
Brigitte finisher 2015

La fin est un peu monotone avec pas mal de grandes lignes-droites mais l’arrivée est en vue et les nombreux photographes. Nous franchissons la ligne en tombant dans les bras l’un de l’autre, elle heureuse de l’avoir fait, moi heureux d’avoir réussi à l’amener là. On a mis 1h58 mais l'important est ailleurs ... En fait ma nouvelle carrière de coach me donne elle aussi beaucoup de satisfaction. Et m’amène à penser que le principal élément qui limite bien des coureurs ne réside en fait que dans l’alimentation en course. Arrivez à faire s’alimenter correctement quiconque qui est entrainé et il ou elle y ira loin !

Le repos du coach ...

Le repos du coach ...

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 20:29
Trail de la Pointe de Caux 2015

Après 18 mois sans trail et pas mal de kilos en plus, je décide en juillet de m’y remettre pour ce qui est pour moi une 3eme édition de ce trail de 50 km. Je n’en ai que de bons souvenirs. Parce que c’est là que débuta pour moi le trail il y a 4 ans quand nous avions alors couru sous une pluie battante toute la journée mais que je m’étais prouvé à moi-même que je pouvais le faire ! Puis l’année suivante, où sous un soleil de plomb, j’avais apprécié le haut niveau d’organisation de ce trail avant de partir un mois et demi plus tard chercher du côté de Millau les derniers 3 points UTMB qui me manquaient encore … Ici le coureur est au centre de tout ce qui est mis en place : vaste endroit pour se changer, café/croissants au départ, service après-vente pour retrouver les propriétaires des vêtements oubliés sur place etc … Et puis le petit stand Brooks est toujours intéressant à visiter et enfin le paysage de la Normandie et des falaises d’Etretat valent à elles-seules le déplacement. Alors quand ma chérie m’a confirmé qu’elle avait vraiment envie de venir me soutenir sur un trail, j’ai sauté sur l’occasion ! Et on verra que ce fut très utile.

L’entrainement pendant les mois d’été ne fut pas simple à gérer, comme prévu, au niveau des températures. C’est comme toujours, on se prépare dans une chaleur sèche pendant des semaines et on fait la course dans une fraicheur plus qu’humide ! Mais je n’aime tellement pas la sècheresse que je ne me plains jamais de la pluie.

Alors en ce deuxième dimanche de septembre, je suis en bonne compagnie sur la ligne de départ à Gonfreville l’Orcher tout près du Havre, pour ce qui est mon 10 eme trail de 50 km ou plus. J’y arrive assez bien préparé mais avec 7 kilos de plus qu’il y a 2 ans … et aussi avec l’idée que je viens ici ni pour me prouver quoi que ce soit, ni pour faire un score et ni pour préparer un trail plus long qui a lieu du coté de Millau comme ça m’étais arrivé les deux fois précédentes. Non je suis là simplement pour me faire plaisir à ma chérie, Brigitte, qui rêve de me soutenir sur un trail.

Le départ est toujours chaotique car il y a un goulet d’étranglement au bout du premier km qui ne sert qu’à disperser un peu les concurrents avant le bouchon. Alors c’est avec Brigitte que je fais le tour du village à l’arrière de la course, là où l’on s’amuse le plus, bien souvent …

Puis nous sommes lâchés dans la nature. Ce trail est un trail rustique. Au sens on l’on ne court pas sur des chemins bien définis ou bien des pistes forestières bien tracées mais dans des passages de tracteurs. Rien de mieux pour muscler les chevilles ! Et puis tout ça se fait au milieu de vaches, veaux et chevaux. On traverse des fermes, des jardins privés, chacun a donné du sien pour que ce trail puisse avoir lieu. On est vraiment dans l’esprit du trail …

Le trail est composé de trois segments avec donc, deux ravito. Chaque segment fait environ 15km et permet de retrouver des concurrents qui font la course en relais, ce qui dynamise la course. Le premier segment se fait relativement au sec au début mais peu à peu la pluie augmente. En plus un peu avant le premier ravito de Rolleville, il faut traverser la traditionnelle rivière de 50 cm de profondeur. Ici pas de pont spécifique pour le trail, c’est bonne franquette et quand faut y aller, faut y aller ! En fait, vu le temps, et vu les chaussures déjà humides, je n’ai vu aucun effet sur mes pieds lié au passage de la rivière.

A Rolleville je retrouve Brigitte et je prends alors les bâtons ainsi que ma cape en me disant que ça n’allait pas s’améliorer et que le terrain allait devenir de plus en plus glissant. Le ravito est un peu trop sobre et je dois me contenter d’un peu de gâteau et me voilà reparti.

Trail de la Pointe de Caux 2015

Le second tronçon est plus difficile pour les jambes, avec la pluie et le passage des 30 km et des 3 heures de course. C’est là que la façon à laquelle on a géré le trail va jouer. Ceux qui se sont cramé les jambes en courant toutes les montées et qui n’ont pas assez mangé vont avoir les jambes de plus en plus raides. Pour moi ça va encore mais c’est plus dur. J’arrive au second ravito sous la cape et j’y trouve des Tucs ce qui est toujours agréable sur un trail, je ne sais pas vraiment pourquoi. Je refais le plein de Malto et m’attarde par peur d’attraper froid.

Le dernier segment se fait au sec et la cape m’encombre un peu. Les bâtons me permettent de passer au travers d’ornières boueuses sans y perdre trop de temps. Puis le phare d’Etretat apparait. Et les contreforts des falaises aussi. Le paysage change et le terrain aussi. Je mange ma powerbar en prévision du dénivelé final et je retrouve rapidement de bonnes sensations. Je double un certain nombre de concurrents qui n’arrivent plus à courir. La fin de course se fait assez bien car le final est varié. Bonne nouvelle ! A cause de la pluie, la ligne d’arrivée a été ramenée au premier passage dans Etretat, pas besoin cette année d’aller courir sur la falaise d’en face et qui rebute bien des concurrents. J’en termine avec ma chérie à mes côtés en 5h33, soit 20 mn de plus qu’il y a 3 ans mais à peu près pareil qu’il y a 4 ans.

Malgré la pluie, j’ai donc vécu un nouveau beau souvenir. Il m’aura fallu attendre de faire 10 trails pour avoir enfin qq à mes côtés qui me supporte tout au long de la course. Et c’est vraiment un soutient qui aide avec en plus la possibilité de laisser ou prendre des vêtements en route.

Voilà un retour au trail bien sympathique et qui sait ? appellera d’autres courses à venir mais cela reste à voir car la préparation prend vraiment beaucoup de temps et je n’en dispose plus d’autant qu’auparavant …

Trail de la Pointe de Caux 2015
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